Archives de Tag: entrepreneuriat

Tout entrepreneuriat est social: l’histoire de Josiah Wedgwood

Lors d’une intervention il y a quelques semaines, j’évoquais le rôle très important joué par les grandes surfaces dans la période de crise de mars-avril et je montrais qu’il était allé bien au-delà du simple rôle économique. « Vendre des carottes, ça a aussi un impact social » évoquant même, horresco referens, la notion d’éthique marchande. La réaction n’a pas traîné naturellement et l’une des participantes s’est exclamée : « Vendre des carottes c’est purement économique; ce n’est pas motivant en soi; il faut un supplément d’âme, il faut donner du sens. » Voilà, une nouvelle fois nous sommes victimes d’un fameux modèle mental qui veut qu’on découpe toujours le monde en deux, ici l’économique et le social, pour les opposer. Le social étant le domaine noble, et l’économique, le domaine ignoble de la simple contingence (nous sommes en France!), incapable de donner un sens en lui-même, avec une stricte séparation entre les deux. Ce dualisme, cette thèse de la séparation comme l’appellent certains chercheurs, ne correspond pas à la réalité, et surtout est profondément contre-productif. Regardons-le au travers de l’exemple de Josiah Wedgwood, le fondateur de la poterie éponyme.

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Les entrepreneurs sont-ils motivés par l’avidité? Retour sur un mythe…

« Greed is good » (l’avidité c’est bon). Vous vous souvenez certainement de cette expression proférée avec force par Michael Douglas, interprétant Gordon Gekko, un financier de haut-vol dans le film Wall Street. Par une de ces caricatures qu’affectionne Hollywood et que nous prenons trop sérieusement comme souvent, Gekko en arrive à symboliser la mentalité du monde des affaires, du chef d’entreprise et par extension, celle de l’entrepreneur. L’entrepreneur est-il motivé par l’appât du gain? Retour sur un modèle mental solide, mais largement faux.

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Raison d’être: Commencez par vous, pas par ‘pourquoi’

Avoir un grand ‘pourquoi’, une raison d’être noble et ambitieuse (purpose en anglais), c’est le secret des stratégies d’entreprises gagnantes. C’est en tout cas ce qu’explique Simon Sinek, auteur du best seller Commencer par pourquoi. Selon lui, toutes les organisations savent ce qu’elles font, et la plupart savent également comment elles le font. En revanche, très peu savent pourquoi elles font ce qu’elles font. Or seules celles qui ont un grand ‘pourquoi’ peuvent vraiment réussir et la définition de ce ‘pourquoi’ est donc un préalable à toute pensée stratégique ambitieuse. Ça paraît logique, c’est certainement séduisant, et c’est une croyance très répandue actuellement, voire une évidence pour beaucoup, mais c’est faux. Regardons… pourquoi.

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Effectuation : une logique entrepreneuriale devenue incontournable en 20 ans

A l’occasion de la sortie de la seconde édition de mon ouvrage d’introduction à l’effectuation, je publie un article dans The Conversation qui tire un bilan des vingt ans de cette logique d’action des entrepreneurs devenue incontournable vingt ans après sa mise en évidence par la chercheuse Saras Sarasvathy. Il est désormais reconnu qu’on n’a pas besoin d’une vision claire de son projet pour démarrer. On peut démarrer avec ce qu’on a sous la main et co-construire avec les autres de façon émergente.

En France notamment, je souligne le développement d’une large communauté de chercheurs et praticiens désormais très active. L’article est accessible ici.

La seconde édition de mon livre « Effectuation » sort aujourd’hui

La seconde édition de mon livre « Effectuation: les principes de l’entrepreneuriat pour tous » sort aujourd’hui. Depuis 20 ans, l’effectuation est une révolution dans la façon de concevoir l’entrepreneuriat. Elle montre que pour être entrepreneur, il n’est pas nécessaire d’être un super-héros visionnaire, mais qu’il suffit d’appliquer cinq principes simples: faire avec ce qu’on a, agir en perte acceptable, co-construire avec les autres, tirer parti des surprises, et créer son contexte. L’ouvrage démystifie l’entrepreneuriat et présente ces principes de façon simple et pratique. Après le succès de la 1ère édition, publiée en février 2014, la 2e édition est revue et enrichie sur la base des recherches récentes et d’un travail auprès des acteurs de l’entrepreneuriat depuis plusieurs années.

Pour une introduction rapide aux principes de l’effectuation, vous pouvez lire l’article suivant: Effectuation: Comment les entrepreneurs pensent et agissent… vraiment.

Le livre est disponible ici:

  • Site de Pearson (Papier, pdf et ePub): ici.
  • Amazon (papier et Kindle) ici.
  • FNAC ici.
  • Decitre (papier) ici.

En situation de crise: Les trois lignes de conduite du dirigeant

[English version here]

En ces temps d’épidémie de coronavirus, j’ai l’occasion de discuter avec des gens d’horizons très différents (urgentistes, chercheurs, indépendants, entrepreneurs, retraités, chefs d’entreprise, etc.) pour comprendre comment ils « vivent » la crise actuelle à la fois personnellement et professionnellement. De ces discussions, je peux tirer trois lignes de conduites que peut adopter le dirigeant face à la situation extrême et inédite que nous vivons.

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6 étapes pour créer son entreprise: la folle recommandation de BPIFrance

C’est à désespérer. Dans sa dernière newsletter, BPIFrance-Création nous livre une très belle infographie intitulée « 6 étapes pour créer son entreprise ». On y découvre qu’il faut d’abord évaluer et valider l’idée, puis étudier le marché, puis chiffrer le projet, après quoi on le financera, puis on choisira la bonne structure et on pourra enfin créer l’entreprise. C’est beau. C’est logique. C’est impeccable. Ça ne marche pas, personne ne fait comme ça, c’est totalement contre-productif de procéder ainsi, et pourtant on continue à dire qu’il faut faire comme ça. On arrête quand cette folie?

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Les trois principes qu’utilisent les entrepreneurs pour contrôler leur prise de risque

A l’occasion de sa visite en France, la chercheuse Saras Sarasvathy donnait vendredi dernier une masterclass sur l’effectuation, la théorie entrepreneuriale issue de ses recherches. Une des questions qu’elle a abordées est celle de l’échec entrepreneurial en montrant comment l’effectuation nous invite à repenser les notions d’échec et de réussite, et plus généralement comment les entrepreneurs gèrent le risque. Elle montre que les entrepreneurs utilisent trois principes pour contrôler leur risque.

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Mobiliser l’entrepreneuriat au service de la transformation organisationnelle: oui mais comment?

La question de la transformation organisationnelle continue de représenter un défi qui semble parfois insurmontable pour les grandes organisations confrontées aux changement profonds de leur environnement. Elles sont conscientes qu’il faut changer, font d’importants efforts pour cela mais souvent sans grand résultat. Ces dernières années, ayant fait le constat que les grands plans stratégiques soigneusement orchestrés suivant une logique apparemment impeccable ne menaient à rien, elles se sont tournées vers l’entrepreneuriat et toutes ses variantes (hacking, lean startup, etc.) avec une idée qui semble elle aussi très logique: dans une époque plus entrepreneuriale, la clé de la transformation organisationnelle c’est que nos collaborateurs deviennent plus entrepreneuriaux. Mais là encore les résultats sont décevants. Non seulement les grandes organisations tuent l’initiative entrepreneuriale à petit feu mais surtout, l’expérience montre que l’initiative entrepreneuriale même réussie ne contribue que modestement à la transformation. Il faut mobiliser l’entrepreneuriat de façon différente. Mais comment?

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Les entrepreneurs sont-ils des explorateurs?

J’intervenais récemment dans un séminaire d’innovation où l’un des participants soulignait la particularité de l’entrepreneuriat et de l’innovation en prenant comme métaphore celle de Christophe Colomb partant découvrir l’Inde et finissant en Amérique. Colomb cherchait quelque chose qu’il n’a pas trouvé, il a trouvé quelque chose qu’il ne cherchait pas, et le trajet a été incertain et assez stressant. La métaphore semble bien convenir à la démarche entrepreneuriale classique, mais elle souffre d’un défaut majeur: l’entrepreneuriat n’est pas une question de découverte, mais de création.

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