Et si la clé du changement c’était l’amour? La leçon de management de Philippe Etchebest

Les programmes de transformation, qu’ils soient politiques ou organisationnels, reposent sur une dichotomie qui oppose la situation actuelle, insatisfaisante, et une situation idéale envisagée dans le futur. C’est en effet une croyance très partagée que le changement ne peut survenir que si on en vient à détester son présent. Or c’est faux. Les psychologues nous ont depuis longtemps appris qu’on ne change vraiment que si on s’accepte et si on se respecte, et c’est également vrai au niveau d’une organisation. C’est ce que montre Philippe Etchebest, de façon un peu inattendue, au cours d’un épisode remarquable de son émission Cauchemar en cuisine.

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Contre la tyrannie de l’idéal: Agir localement dans un monde incertain

La croyance selon laquelle pour agir, nous devons viser un idéal est très répandue à telle point qu’elle semble axiomatique. Elle est au cœur de pratiquement toutes les théories de la décision qui enseignent que toute action ne peut se faire qu’à partir d’un objectif clair, ainsi que de la pensée managériale occidentale qui enseigne qu’une organisation doit être guidée par une vision, définie comme un objectif ambitieux situé loin dans le futur. Et pourtant cet axiome est remis en cause depuis très longtemps, non seulement par le champ de l’entrepreneuriat (avec l’effectuation) et de la stratégie (par Mintzberg notamment) mais aussi par le champ des sciences politiques, notamment avec les travaux de Gerald Gaus, un philosophe américain récemment décédé.

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Quand l’idéal est un fardeau: L’exemple de la notion d’Occident

Nous sommes souvent prisonniers de modèles mentaux, c’est à dire de croyances profondes, qui dictent notre façon de penser. L’un des modèles les plus puissants est celui selon lequel nous devons définir notre action en fonction d’un idéal à atteindre. Bien que séduisant et logique en apparence, ce modèle est en fait profondément contre-productif. L’exemple de la notion d’Occident montre que nous gagnerions à nous défaire de ce fardeau, en politique comme dans les organisations.

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Transformer le monde: Ces six croyances fausses qui nous bloquent

Jamais notre monde n’a eu autant besoin de se transformer et jamais cette transformation n’a paru aussi difficile que ce soit pour les organisations ou pour la société. L’une des raisons tient aux modèles mentaux que nous avons quant à la nature du changement. En particulier, six croyances fausses sont particulièrement bloquantes, bien qu’elles constituent pour beaucoup des évidences. Une prise de conscience de leur fausseté ouvrira la voie à des approches nouvelles de la transformation.

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Les entrepreneurs sont-ils motivés par l’avidité? Retour sur un mythe…

« Greed is good » (l’avidité c’est bon). Vous vous souvenez certainement de cette expression proférée avec force par Michael Douglas, interprétant Gordon Gekko, un financier de haut-vol dans le film Wall Street. Par une de ces caricatures qu’affectionne Hollywood et que nous prenons trop sérieusement comme souvent, Gekko en arrive à symboliser la mentalité du monde des affaires, du chef d’entreprise et par extension, celle de l’entrepreneur. L’entrepreneur est-il motivé par l’appât du gain? Retour sur un modèle mental solide, mais largement faux.

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Le stratège et la technologie: drôle d’endroit pour une rencontre

Il existe un modèle dominant de la stratégie dans lequel les buts sont déterminés, puis les moyens nécessaires sont rassemblés et déployés. Ce modèle, très cartésien, repose sur une séparation nette et unidirectionnelle entre la conception, noble, et la mise en œuvre, subordonnée. Or la révolution technologique que nous vivons depuis plusieurs années fait voler en éclat cette distinction: de plus en plus, ce sont les moyens qui permettent des buts. Tirer parti de cette révolution nécessite un intérêt sincère et profond des stratèges pour la technologie et ce qu’elle permet. Dans beaucoup d’entreprises, nous en sommes loin.

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Transformer le monde: quelle leçon tirer de l’aveu d’impuissance de Nicolas Hulot?

Dans une interview à « Paris Match » il y a quelques jours, Nicolas Hulot revenait  sur son passage express au ministère de la transition écologique en 2018. Il avait démissionné après quelques mois seulement, estimant qu’il n’arrivait pas à faire passer ses idées et qu’il n’était qu’un exécutant tenu à l’écart des grandes décisions. Cet aveu d’impuissance, surprenant pour quelqu’un d’aussi engagé et populaire, peut fournir une leçon importante à ceux qui veulent vraiment changer le monde.

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Quand la musique se tait: Agir face à une rentrée radicalement incertaine

Alors que la rentrée se profile, nous vivons une période étrange où l’incertitude est maximale: sur la rentrée scolaire, sur la récession, sur la poursuite de la pandémie, sur les mouvements sociaux et politiques, etc. Après le confinement et un redémarrage en demi-teinte, tout le monde s’est dépêché de partir en vacances pour oublier cette épreuve. Mais les vacances sont finies, et il faut bien désormais envisager la suite. Mais quelle suite et comment? Comment aborder les semaines cruciales qui s’annoncent?

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Le militant et le politique: Les deux logiques pour changer le monde

Tout le monde sera d’accord sans doute pour dire que notre monde a besoin de changement, même si personne ne sera d’accord, passé les unanimités de façade temporaires durant une crise aiguë, sur ce qu’il faudrait changer. Mais ce dont on parle moins, et qui compte plus, c’est comment changer le monde. Or c’est là la clé de tout bien-sûr. Deux événements récents, parmi tant d’autres, ont mis en lumière l’importance de cette question. Ces deux événements sont très liés, il s’agit du redémarrage des centrales à charbon en Europe et des coupures d’électricité en Californie.

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Tech for good: Et si c’était une très mauvaise idée?

Au cours d’une conférence, quelqu’un m’a interrogé sur comment on pouvait développer le « Tech for Good » (sic). J’ai été surpris de la question; j’ai répondu que, de toute évidence la tech avait eu et contribuait d’avoir un impact incroyablement positif sur l’humanité, que ce soit en termes de richesse et de santé, mais c’était un peu facile; surtout, ce n’était pas vraiment la question. La vraie question, c’est qu’est-ce qu’on entend par ‘good’? Et c’est une question fondamentale parce qu’y répondre montre que derrière la noblesse de l’intention, Tech for Good est en fait une très mauvaise idée.

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