Le pari perdant de la collapsologie

Les inquiétudes fortes liées au changement climatique et aux défis de l’écologie en général ont développé une forte crainte d’un effondrement possible de notre civilisation industrielle à relativement courte échéance, entraînant tout un courant de pensée regroupé sous le terme de « collapsologie » (de l’anglais collapse, effondrement). Emblématique de ce courant, l’ancien ministre Yves Cochet vient de publier un ouvrage retentissant où il explique comment il se prépare à l’effondrement en organisant une vie autarcique à la campagne. Si les prédictions apocalyptiques ne sont pas nouvelles (elles étaient courantes au Moyen-Âge), et si les propos semblent parfois ridicules, la collapsologie pointe cependant le doigt sur une question importante liée à notre civilisation même si, au final, elle représente un pari perdant.

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Transformation: la discipline des modèles mentaux

Une organisation est définie par ses modèles mentaux, c’est à dire les croyances qu’elle et ses collaborateurs ont formées sur le monde; si on veut la transformer, il faut donc changer ces modèles. Pour cela il faut commencer par les mettre en lumière (les ‘exposer’) puis les tester, c’est à dire définir où ils sont utiles et où ils deviennent contre-productifs, et enfin les ajuster en conséquence. Un chef d’entreprise me disait récemment que ses équipes s’étaient emparées de l’outil modèle mental assez facilement, et qu’il était devenu une référence constante dans les réunions même plusieurs semaines après mon séminaire d’introduction. Mais au-delà de l’effet initial de prise de conscience, il me demandait comment ancrer la pratique des modèles mentaux pour qu’elle produise vraiment un effet. C’est une question cruciale, et la réponse se trouve dans les cinq modèles alternatifs que nous mettons en avant. En bref: il n’y a pas de secret, il faut simplement pratiquer. Mais la façon dont on pratique est essentielle.

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Les trois principes qu’utilisent les entrepreneurs pour contrôler leur prise de risque

A l’occasion de sa visite en France, la chercheuse Saras Sarasvathy donnait vendredi dernier une masterclass sur l’effectuation, la théorie entrepreneuriale issue de ses recherches. Une des questions qu’elle a abordées est celle de l’échec entrepreneurial en montrant comment l’effectuation nous invite à repenser les notions d’échec et de réussite, et plus généralement comment les entrepreneurs gèrent le risque. Elle montre que les entrepreneurs utilisent trois principes pour contrôler leur risque.

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Quasi-décomposabilité: ce qu’une idée entrepreneuriale peut apporter à la construction européenne

La quasi-décomposabilité est une propriété des systèmes complexes au nom un peu rébarbatif mais tout à fait fondamentale qui explique comment ces systèmes peuvent évoluer de façon robuste tout en gardant leur identité. Dominique Vian et moi avons récemment montré comment elle constituait le cœur de la théorie entrepreneuriale de l’effectuation. Un article récent sur l’Europe écrit par Emmanuel Sales et paru dans l’Opinion permet d’illustrer combien cette notion est universelle et peut s’appliquer à tout système complexe, ici à l’Union Européenne.

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L’échec face à une rupture est souvent un suicide: le cas de General Motors dans les années 70

On dépeint généralement la rupture comme une ‘attaque’ d’entreprises établies par de nouveaux entrants qui ‘disruptent’ ces dernières au moyen d’un nouveau modèle d’affaire. La réalité est que la situation est bien plus souvent le résultat d’un échec dont les nouveaux entrants tirent parti, parfois sans vraiment le vouloir. Autrement dit, il est bien plus intéressant de penser l’échec face à la rupture comme un suicide que comme une attaque dont seraient victimes les entreprises établies. Le cas de General Motors dans les années 60-70 est emblématique.

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Mon nouvel article Harvard Business Review France: pour faire grand, visez petit!

Mon nouvel article publié dans Harvard Business Review France est écrit avec Dominique Vian (Skema) et s’intitule: pour faire grand, visez petit! Il montre comment les entrepreneurs qui changent le monde ne commencent pas nécessairement avec une grand idée et comment la petite action mène au grand changement grâce à un mécanisme au nom barbare, mais qui est très important, la quasi-décomposabilité. L’article est accessible ici.

Message aux activistes: Vous voulez changer le monde? Chiche!

La réponse dure 1 minute et 51 secondes seulement. L’ancien président américain Barack Obama répondait à une question sur la calling out culture, c’est à dire la pratique consistant à dénoncer publiquement ses opposants comme moralement indignes, de plus en plus répandue de nos jours, la plupart du temps sur les réseaux sociaux. Sa réponse vaut la peine d’être écoutée par quiconque se pose la question: « Comment changer le monde? »

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