Société à mission et profit: le « en même temps » est-il possible?

La question de la mission de l’entreprise semble être sur toutes les lèvres. Elle a surgi avec éclat au premier plan de l’actualité lorsque Danone, la première entreprise du CAC40 à avoir adopté le statut d’entreprise à mission, en juin 2020, a annoncé quelques mois plus tard un plan social pour améliorer sa compétitivité, suscitant ainsi les critiques de tous bords. Gagner de l’argent ou changer le monde, il semble plus que jamais qu’on ne puisse faire les deux et qu’il faille choisir. Et pourtant ce n’est pas nécessairement vrai. Le modèle mental qui oppose les deux nous enferme dans des controverses stériles et nous empêche de moderniser à la fois notre économie et notre système social.

Une entreprise doit-elle gagner de l’argent ou changer le monde ? « Le en même temps est difficile pour les entreprises » estimait ironiquement la journaliste Emma Ducros suite à l’annonce du plan social de Danone. L’entreprise française aura réussi à s’attirer les foudres aussi bien de la gauche, qui l’accuse de cynisme et de social washing, que de la droite libérale qui estime, à la suite de l’économiste Milton Friedman, qu’une entreprise devrait faire du profit et ne pas s’aventurer sur le terrain sociétal.

Nous sommes ici, une fois encore, victimes du modèle mental consistant à diviser le monde en deux. Il y aurait d’un côté les entreprises qui font du profit sans avoir d’impact sur la société, et de l’autre ceux qui s’intéressent à la société sans se salir avec le profit. Et choisis ton camp camarade! Ce modèle binaire, séparant le profit sans impact sociétal et l’impact sociétal sans profit, semble satisfaire les extrémistes des deux camps, sans doute précisément parce qu’il permet de définir deux camps. Cette dichotomie est contre-productive et elle est aussi destructive. Elle renforce une coupure du monde en deux, les gentils qui contribuent à la société sans se salir avec la recherche de profit, et les méchants qui font du profit sans impact sociétal. Tout le monde est perdant si on reste prisonniers de ce modèle.

Un modèle mental alternatif: l’impact sociétal du profit

Sur la question du profit et de l’impact sociétal, on peut envisager un autre modèle mental, celui selon lequel la recherche de profit et la contribution sociétale ne s’opposent pas. On peut rechercher le profit et avoir une contribution sociétale majeure. En fait, l’idée peut même être défendue qu’on ne peut pas faire de profit sans avoir une contribution sociétale, car il faut être au moins deux pour le faire: on vend quelque chose que l’autre partie achète et cela ne peut se faire sans un système qui le rend possible, avec ses lois, ses règlements, ses valeurs et sa monnaie, entre autres.

Emmanuel Faber, équilibriste (Source: Wikipedia)

Lorsqu’on parle de mission d’entreprise, on fait souvent référence à l’économiste Milton Friedman qui avait déclaré « la mission de l’entreprise c’est de faire du profit ». De là on conclut qu’il défend l’idée que l’entreprise ne doit avoir aucun impact sociétal, et même qu’elle peut faire ce qu’elle veut, c’est à dire qu’elle n’a pas à se préoccuper de valeurs ni d’éthique, caricaturant une vision « libérale » de la question. Or on oublie presque toujours de citer la fin de sa phrase où il précise: « en se conformant aux règles de la société, celles incarnées dans la loi et celles incarnées dans les habitudes éthiques » Friedman signifie donc très clairement que la recherche du profit ne peut se faire que dans le respect d’un cadre éthique et légal, et donc social. C’est l’opposé de la loi de la jungle ou du « tout est permis. »

Mais cela va plus loin. Sans même parler des impôts et contributions sociales qu’elle paie et des gens qu’elle fait vivre, une entreprise qui existe remplit une mission sociale de fait, sinon elle ne pourrait pas vivre. La leçon de deux-cents ans de révolution industrielle c’est que la recherche, parfois effrénée, a entraîné une transformation sociétale majeure. Zola dans Au bonheur des dames raconte comment les grands magasins ont changé la vie des gens, et en particulier des femmes. Josiah Wedgwood révolutionne la faïence et en fait un symbole d’aspiration sociale au début de la révolution industrielle. La contribution sociétale de James Watt, inventeur de la machine à vapeur, fut tellement importante qu’il y eut une souscription publique pour construire un monument à sa mémoire. L’éditeur d’une revue de l’époque écrivait ainsi: « Il se distingue d’autres bienfaiteurs du public par le fait qu’il n’a jamais fait, ni prétendu faire l’objet de son action au bénéfice du public… Cet homme sans prétentions en réalité a apporté plus au grand public que tous ceux qui depuis des siècles ont fait de leur activité principale le souci du bien public. » Plus récemment, c’est la grande distribution qui réussit à nourrir la France au plus fort de la crise de mars-avril 2020 dans des conditions extrêmement difficiles et qui résout la pénurie de masques en une semaine lorsque le gouvernement se décide, enfin, à la laisser faire. C’est ce chef d’entreprise qui fait revivre toute une région, redonne une dignité à d’anciens chômeurs, et gère des centres de formation, même si ce n’était pas son but premier. Ce sont les sites Internet qui modifient la façon dont les gens se rencontrent et s’aiment. Ce sont les réseaux sociaux qui permettent de tisser de nouveaux liens. Et les français qui (re)découvrent l’importance des commerçants dans leur vie de tous les jours. Et la liste pourrait continuer ainsi longtemps. Ces entrepreneurs ont gagné beaucoup d’argent, leur entreprise aussi, et ils ont eu une contribution sociétale majeure. Pourquoi y aurait-il à choisir entre les deux? Pourquoi ne devrait-on avoir le choix qu’entre l’un et l’autre? L’innovateur tire un profit de son innovation précisément parce qu’il a saisi une opportunité de changement social. Autrement dit, l’innovation et le profit sont indissociables de la notion de transformation sociale. Il peut, naturellement, y avoir contribution sociétale sans profit, de nombreuses associations le démontrent tous les jours, mais il ne peut pas y avoir de profit sans contribution sociétale.

Faire attention à ce que vous voulez vraiment

Par leur existence même, les entreprises jouent donc un important rôle sociétal de facto. Mais faut-il que celui-ci soit plus important encore? Rien n’est moins évident et la question est importante. Le modèle mental que nous évoquions plus haut, opposant la recherche du profit et l’impact sociétal, est pour une large mesure porté par ceux qui sont hostiles au profit (disons pour simplifier, la gauche d’héritage marxiste) ou ceux qui jugent celui-ci moralement problématique (pour simplifier là aussi, nombre de catholiques) et qui étendent cette défiance à l’entreprise privée en général. L’implication sociétale des entreprises est conçue par eux comme un supplément d’âme qui permet à celles-ci de se faire pardonner leur péché originel. Pour que le profit soit acceptable, il ne doit pas être le but premier, mais être en quelque sorte secondaire à contribution sociétale.

On en arrive donc à un paradoxe qui est que ceux qui, pour une large mesure, défendent la mission sociétale de l’entreprise privée comme un supplément d’âme parce qu’ils rejettent le profit comme motif premier d’existence, en arrivent à renforcer le rôle des entreprises privées dans la société. Il y a là un effet pervers. Il y a de nombreuses années, l’un de mes professeurs disait toujours « Vous devez savoir ce que vous faites. » Autrement dit, ayez bien conscience du mouvement que vous déclenchez. Est-ce que la gauche souhaite réellement, par une pression qu’elle voit comme transformatrice du capitalisme, donner plus de pouvoir et d’impact aux entreprises privées dans la société? Est-ce que la position, dite « libérale », qui souhaite au contraire limiter cet engagement pour laisser de la place à d’autres acteurs non économiques, Etat, individus, associations, n’est pas plus raisonnable? Est-ce que l’enjeu, au lieu de pousser pour un rôle plus important des entreprises, n’est pas plutôt de prendre conscience que cet appel d’air résulte, au moins en partie, d’une déficience de l’Etat, et que c’est plutôt là qu’il faudrait agir? Chacun apportera les réponses qu’il souhaite à ces questions, selon sa propre sensibilité, mais tout le monde gagnera sans aucun doute à s’affranchir du modèle mental binaire qui ne sert qu’à nourrir des guerres de tranchées. Admettre que la recherche du profit dans le respect des lois en vigueur a un important impact sociétal de facto, que cet impact sociétal a été très largement bénéficiaire et qu’il continue de l’être, et qu’à ce titre les entreprises n’ont pas forcément besoin d’ajouter d’autres ambitions sociétales, ce n’est pas nécessairement être ultra-libéral fascisant tueur de petits chats. C’est peut-être simplement défendre une position raisonnable que beaucoup partagent, y compris à gauche, et qui peut fournir une base à partir de laquelle une véritable réflexion sur la société moderne peut être conduite.

Pour en savoir plus sur le sujet, on pourra lire l’article que je viens de publier dans Harvard Business Review France avec Béatrice Rousset: Mission d’entreprise : entre frein et accélérateur, comment sortir du blocage ?

Voir également mes articles précédents:

18 réponses à “Société à mission et profit: le « en même temps » est-il possible?

  1. Merci pour cet article excellent comme toujours. Il me parait évident que le politiquement correct a gagné le monde politique et une partie du monde des décideurs/communiquant en entreprise. Chacun y va de ses actions en fonction de la diversité, de l’environnement, etc. Dessous, ce sont les mêmes moteurs : des gens qui sont les ennemis de la liberté et de la libre entreprise, et qui ne supporte pas que les l’égalité de fait ne soit pas la norme (sauf pour eux bien sûr). Je vois cela d’un oeil méfiant et j’avoue ne pas bien voir comment on peut inverser la tendance. Il faut, à mon sens, commencer par dire la vérité, débattre, discuter, s’engueuler, etc. Mais le goût pour cela s’est amoindri de mon expérience dans les 10 dernières années. Les gens de mon âge (40-50) sont englués dans un politiquement correct très dur à faire bouger. je ne parle même pas des génération plus jeunes qui ont été abreuvées avec ces foutaises. Dur dur. Comment à tes yeux est-il possible de faire bouger les choses dans le bon sens ?

    • Merci Lomig. Comment faire bouger les choses? En appliquant les principes de l’effectuation. Je n’en vois pas d’autre. Tu fais ce que tu peux, avec ce que tu as. Bonne journée.

    • Bonjour,
      Ce que vous dites me parle.
      J’ai aussi l’impression d’un déballage de communication / journalisme très idéologique, très politiquement correct, aussi. Et j’en suis inquiet également car je trouve cette novlangue très dangereuse …
      Je lis sans doute trop la presse mainstream 😦
      A tous les lecteurs, à part sur cet excellent blog, où peut-on lire des choses plus réelles (« opérationnelles ») ?
      (Je lisais avec grand plaisir le site d’économie classe info / econoclaste mais A. Delaigue n’y écrit plus guère …)
      Bigben

      • Merci de votre sympathique commentaire! Pour des choses « plus réelles », je ne sais pas trop, c’est vrai qu’il faut faire le tri mais il y a du bon, il faut piocher ça et là… revue de presse en quelque sorte…

    • Jacques Bouchard

      Bonjour Loming,
      Faire ce que tu peux avec ce que tu as est le couteau suisse indispensable et acceptable.
      « Faire bouger les chose dans le bon sens » comme tu le demande c’est être responsable. Bravo. Peut-être faut-il pour passer de cet état de mal-être qui te fait écrire ce partage : « Dur dur, » pour te citer, à un état de bien-être qui te ferais écrire une contribution plus enthousiaste, modifier un peu ta question.
      La question pourrait devenir : qu’est ce qui te ferais changer tes émotions d’un mal-être actuel, très bien exprimé, lié à ce que tu perçois et la façon dont tu interprète les situations d’aujourd’hui à un bien-être conséquence de nouvelles perceptions et de nouvelles interprétations personnelles que tu trouverais admirable et gratifiante des même faits (cas 1) soit du fait de nouvelles situations ou de nouveaux comportements que tu espères et dont tu regrettes l’absence (cas 2).
      Pour restaurer ton bien être dans le cas 1 qui te semble peut-être le plus illusoire – tu n’envisage peut-être pas de voire les choses autrement – tu peux cependant essayer et réussir à distinguer entre ce sur quoi tu as une action et ceux sur quoi tu n’as pas d’action.
      Pour les domaines où tu as une action alors tu peux adopter les comportements modèles que tu voudrais voir prévaloir dans le monde pour que dans ce domaine où tu as une emprise le monde ressemble à ce que tu veux et que tu puisse offrir aux autres ce modèle exemplaire. Dans le cas 2 pour les domaines où tu n’as pas d’action possibles, tu peux chercher les formes d’actions qui te seraient cependant accessibles pour agir comme tu l’indiques avec vérité, débat, discutions… Si de tels moyens ne s’offrent pas à toi, ou si de nouvelles situations ou de nouveaux comportements ne s’offrent pas non plus, ce qui est fréquent, pourquoi te blesser avec des situations ou des choses sur lesquelles tu n’as pas d’emprise ? Il est plus agréable d’accepter le mauvais temps et de faire ce que l’on peut faire pour s’y adapter et le supporter au mieux que de grogner contre les éléments sur lesquels nous n’avons pas d’action car durant se temps nous nous privons de ce que l’on pourrait faire de mieux pour l’accepter et s’y adapter tout en communicant au autres son mal-être ce qui n’est pas, me semble t-il, ce que l’on peut faire de mieux pour eux. Raller ce n’est bien pour soi que si l’on veux modéliser aux autres un monde où tout le monde se plaint pour tout, un monde où chacun tire la couverture à soit. Veux-tu ce monde et en être l’exemple pour les autres ? Je ne le crois pas. Même si j’entends bien que tes regrets sont aussi une forme de service aux autres que tu mets en garde en les exprimant. Dans ce but louable, je te suggère de décrire le moins possible le mal pour décrire le plus possible le bien. Les gens ne sont pas naïf, comme toi il connaissent l’état du monde mais leur peine en est allégée et leur espoir ou leur sentiments de vérité sont augmentés. Ferais-tu preuve de cette bienveillance et souhaites-tu éviter le piège caché de la description directe et permanente des regrets ?
      Si aucune de ces voies ne te semblent praticables et si tu as l’envie de critiquer ce partage compatissant alors c’est bien naturel et acceptable et ma recommandation est d’envisager, si tu ne le fais pas déjà, de te faire aider par un ami joyeux ou de t’aider toi même en faisant du sport ou des actes de charité jusqu’à voir le monde tel qu’il est, sans éprouver plus de mal-être que de bien-être, car si les seconds sont plus rares que les premiers ils existent et l’on ne peut les supprimer comme le mal existe et ne peu disparaitre. C’est à nous, à toi, de construire d’une part, notre force morale pour résister au mal, favoriser le bien et d’autre part, notre environnement pour y privilégier le bien plutôt que le mal.
      Porte toi bien,
      Merci pour ton partage,
      Belle journée,
      Jacques.

      • merci pour votre réponse très bienveillante. transformer ma manière de voir le monde est à coup sûr un bon moyen de le vivre mieux, et tes questions et pistes sont bonnes. je vais m’en inspirer. J’attire ton attention sur le fait que mon effort n’est pas vraiment fait pour montre / regretter / souligner le mal, mais pour que le réel soit notre point commun. Or ce n’est pas en transformant notre regard par un effort sur soi que l’on observe le réel différemment, c’est en confrontant nos modèles avec la réalité, et en acceptant que celle-ci tranche dans nos modèles. Mon effort ne se situe que sur ce plan : regarder la réalité en face, le plus possible.

  2. Merci pour cet excellent article. Nous saluons le courage de E. Faber mais nous ne sommes pas surpris des réactions au plan social de Danone. Nous partageons votre réflexion.
    Cela fait 15 ans qu’au sein de l’Atelier Du Dirigeant Durable (A3D) nous réfléchissons et militons à Réconcilier l’Economique et l’Humain en Entreprise en partant de ce qui est et en faisant avancer petit à petit notre mission (effectuation). Nous sommes satisfaits de constater que des notions de QVT, RSE, organisations Opale, Raison d’Etre et entreprises à missions s’implantent dans le tissu économique.
    Mais nous constatons aussi que nous ne sommes que des « colibris » et que la forêt brule toujours. D’où notre réflexion s’oriente maintenant sur comment réconcilier RADICALEMENT (en détectant les causes racines du mal) et DURABLEMENT (combattre les causes racines) l’Économique et l’Humain en Entreprise. Les premiers échanges , work shops que nous avons, montrent que le sujet intéresse à la fois le monde académique et celui de l’entreprise, et touche le politique que nous ne sentons pas prêts à participer au débat.
    Une entreprise à missions ne peut vivre durablement que si on s’attaque aux causes racines.
    Gérard DESMAISON
    Atelier Du Dirigeant Durable

    • Jacques Bouchard

      Cher Monsieur Desmaison bonsoir,
      J’apprécie votre commentaire. Comme chef d’entreprise je me suis posé les mêmes questions que celles qui retiennent l’attention de votre Atelier Du Dirigeant Durable. Dans cette quête j’ai appris que réconcilier l’économie et l’humain était l’expression d’une pensée très synthétique avec un puissant pouvoir descriptif bénéfique mais aussi un non sens. Comment réconcilier les humains ou une partie d’entre eux, avec une entité non humaine l’économie ? Présenter ainsi cette proposition semble illogique. La réconciliation n’existe qu’entre personnes. Quel cadeau se cache derrière cet illogisme qui permette d’atteindre cet objectif vertueux ? La réconciliation avec soi-même, radicale et durable, seul réconciliation possible. Pour reprendre vos termes expressifs et justes les racines du mal sont chez nous et résident dans nos perceptions et interprétations (en l’espèce de l’économie et de l’humain) et les émotions conscientes ou non qui en découlent pour nous individuellement puis collectivement par mimétisme ou modélisation des autres. « Combattre les causes racines » c’est, notamment dans cette perspective, pratiquer la mobilité émotionnelle processus préalable indispensable à l’évolution de nos perceptions et interprétation. En effet, ce sont nos perceptions et nos interprétation qui constituent nos représentations rationnelles. Nous répétons celles-ci consciemment ou non et nous y associons des émotions. Ce mécanisme automatique répétitif et émotionnel privé de rationalité correspond au mode de formation par notre cerveau de nos identités. C’est le premier travail du cerveau. Sa seconde tâche est de préserver notre identité. Quand nous avons ainsi durant des années au contact des autres défini notre identité notamment en matière d’économie et d’humanité réconcilier ce qui est inscrit consciemment ou non comme inconciliable dans notre identité reviens à faire évoluer celle-ci. C’est un art vieux comme le monde, récemment éclairé par les dernières découvertes en neuroscience. Elles indiquent qu’il est difficile de le pratiquer car le cerveau de manière inné, pour privilégier la survie de l’espèce, favorise la peur et l’envie au détriment de l’admiration et de la gratitude. Il faut donc apprendre à réduire nos peurs et nos envies (sentiment de diminution de soi ou d’infériorité face à un obstacle compensé par la volonté d’éprouver un sentiment de supériorité ou de plaisir immédiat) qui sont le cadre émotionnelle des prises de décisions et d’action rationnelles les moins productives et les moins durables, même si elles sont les plus fréquentes et à privilégier les décisions et actions rationnelles prises dans un contexte émotionnel de bien-être favorisé par l’admiration et la gratitude, gage de meilleur productivité et durabilité.
      C’est cet art qui se pratique et qui s’enseigne aux bénéfices des personnes qui en font la demande.
      Portez-vous bien,
      Belle journée,
      Jacques.

  3. Bonjour,

    Je n’ai pas retrouvé à qui cette phrase faisait allusion : »C’est ce chef d’entreprise qui fait revivre toute une région, redonne une dignité à d’anciens chômeurs, et gère des centres de formation, même si ce n’était pas son but premier. »
    (et pourtant, je vous lis très régulièrement !).

    Merci d’avance pour la précision et aussi pour l’ensemble de vos articles …

    • Ah un lecteur attentif, je vois. En fait c’est une figure stylistique: je parle d’un dirigeant auquel je pense, sans le nommer. C’est un peu comme quand on dit « le malheur, ce sont ces gens qui n’ont pas à manger. » 😋

  4. Béatrix Geais-Detours

    Je trouve votre article très intéressant et je suis d’accord sur le fait de ne pas opposer la mission sociétale et la recherche de profit. Il me semble également que l’on peut faire les deux à condition de rechercher le profit suffisant pour que l’entreprise vive et se renouvelle……mais pas le profit maximum qui est trop souvent recherché à court terme au détriment du long terme, de l’environnement au sens large (écologique, social, humain, politique de l’entreprise).
    Et si nous considérions et gérions l’entreprise comme un bien commun des actionnaires qui apportent leur fonds, des salariés qui apportent leur travail, des collectivités territoriales qui entretiennent les infrastructures et octroient parfois des subventions, l’environnement écologique qui peut être dégradé fortement ou modérément par l’activité de l’entreprise ou des organismes sociaux divers etc….. est ce que la mission de l’entreprise serait autre chose que sociétale? Dans ce cas nous résolvons le paradoxe.

    • Merci. Pourquoi pas mais qui paie en cas de déficit?

      • J’ai l’impression que ma réponse n’a pas été prise en compte, aussi je la reposte.
        Pour moi tout doit bien sur être partagé…Ce qui me gêne, c’est qu’aujourd’hui, parmi les grandes structures, la profitabilité de l’actionnaire passe avant toute chose. Il y a une fixation sur le cours de actions et les décisions sont prises en fonction de cela alors que les fluctuations de la bourse sont tout sauf rationnelles. Quant au dividende, à moins que l’entreprise soit vraiment dans un sale état, il est préservé au détriment des autres parties prenantes souvent.
        J’adhère aux remarques de #vincepechabou.

        Cordialement

    • Jacques Bouchard

      Chère Béatrix Geais-Detours bonsoir,
      Votre partage me touche. Je le perçois et l’interprète comme une recherche personnelle d’un équilibre de perfection, d’excellence et de beauté entre la ou les missions(s) sociétale(s) de l’entreprise et sa recherche de profit. Vous faite preuve pour moi d’un esprit de développement valorisé par Carol Dweck. Bravo et merci.
      J’admire Philippe Silberzahn et je trouve que sa réponse courte, directe, et précise touche une cible en plein coeur, immédiatement. A lui aussi bravo.
      De quelle cible s’agit-il ? Ma perception interprétation de sa réponse vise, à mes yeux, une cible différente de celle que vous poursuivez. Dans mon cadre de référence, vous cherchez l’excellence qui nous fait du bien, dans ce même cadre je me représente cette réponse comme celle qui vise la cible de l’obstacle, qui nous met dans le mal-être. Je précise ma pensée : cette réponse constitue un obstacle à votre recherche. Cet obstacle mis sur le chemin de votre recherche d’excellence peut vous donner, comme à tout autre personne, de façon consciente ou non, un sentiment d’infériorité ou de diminution de votre valeur. Qui suis-je pour avoir osée faire une telle suggestion si facilement questionnée sur un danger (le déficit envisageable est un obstacle, c’est aussi l’antichambre d’un danger qui pourrait être réel). Quelle est ma valeur si je ne l’ai pas préalablement envisagé, c’est tout de même important ? Qui suis-je pour répondre à cette courte, directe et « violente » question qui n’a même pas, en préalable, relevée les mérites de ma réflexion. De plus cette réponse « lapidaire » nécessite implicitement que vous leviez cette obstacle, ce qui n’est peut-être pas immédiatement envisageable pour vous. C’est alors un nouvel obstacle, donc un nouveau mal-être qui interroge aussi votre capacité, votre valeur si vous ne prenez garde à vous rappelez que ce n’est que la perception / interprétation de l’autre et que celle-ci ne parle que de lui et non de vous. Comme ici je ne parle que de moi et pour personne d’autre, ni pour vous, ni pour Philippe Silberzahn. Nous ne sommes responsable que de nos propos, nous ne pouvons être responsable de l’autre et de la façon dont il perçois et interprète notre message. Ainsi l’auteur ne peut être responsable de la manière dont vous percevez et interprétez sa réponse que cet auteur soit Philippe Silberzahn ou moi-même.
      En revanche en tant qu’auteur, nous sommes chacun responsable de l’image que nous donnons de nous en nous dévoilant au travers de nos contributions.
      J’appel cette réponse courte un tour de magie. Le magicien est la figure de l’obstacle. Il a la capacité de faire apparait ou disparaitre l’obstacle et il a un truc pour cela.
      Mais le show du magicien terminé, le quotidien reprends sa place et votre questionnement perdure avec toute sa force. La figure de la beauté, perfection, excellence est celle du maître. Le maître est admiré par son disciple, comme le magicien par son public, mais après le show le public retourne à sa situation initiale alors qu’après l’intervention du maître le disciple est nourrit par la pensée du maître, il grandit de par son intervention. Avez-vous grandi ? Oui en partie, la question du déficit doit être absolument envisagée. Avez-vous été nourrie ? Peut-être pas totalement.
      Nous sommes magiciens quand émotionnellement nous sommes dans le mal-être, quelque soit la source de sa provenance. C’est humain. cela affecte nos perceptions interprétations et nos stratégies comportementales sans que cette posture puisse être considérée comme un trait de personnalité ou l’identité de la personne. C’est un attribut lorsque cela se répète et une identité quand c’est systématique, sinon c’est la marque d’une situation émotionnelle ponctuelle, bien différente de la rationalité de la personne. Je crois que c’est ici le cas.
      Dans notre vie, la rapidité est aussi la marque de l’obstacle et du danger donc du mal-être. La beauté prend du temps comme la recherche de l’excellence. Le don ne se préoccupe pas du temps court ou long il doit se faire au bon moment, dans l’instant. Le bien-être n’a pas la même mesure du temps que le mal-être. Ponctuellement l’on peut inconsciemment être pressé et faire une réponse très courte qui atteint le coeur de la cible de l’obstacle. Il faut plus de temps pour atteindre le coeur de la cible de l’excellence. C’est aussi là une hypothèse qui ne représente que moi.
      Humblement, je crois qu’il y a une excellente réponse à votre recherche de beauté et de perfection. Vous en soulignez déjà certain paramètres avec une grande conscience, Philippe Silberzahn ajoute un paramètre à votre quête, bravo et merci à vous deux. La réponse n’est pas dans une science économique qui réaliserait l’équilibre qui est votre objectif comme un tour de magie. La réponse est dans l’évolution individuelle de nos perceptions et de nos interprétations des différentes facettes de cette question soit à partir d’une posture dominée par le mal-être (peur ou sentiment d’infériorité) ou par le bien-être (admiration et gratitude) et ensuite par l’imitation ou la modélisation par les autres de notre posture émotionnelle positive ou négative.
      Pour exemple de ce processus émotionnelle, le COVID est un danger qui a modifié collectivement notre posture face au télétravail, qui lui même au part avant était majoritairement perçu comme négatif (un obstacle ou un danger).
      C’est cette mobilité émotionnelle qui permettra le jour où elle sera mise en oeuvre sur les questions que vous soulevées avec sensibilité de voir nos richesses et nos diversités culturelles produire, étape par étape, des solutions émotionnellement perçu et interprétée, majoritairement, localement ou mondialement, comme admirables et gratifiantes et non comme des obstacles et/ou des dangers en gardant à l’esprit que ni les obstacle, ni les dangers ne disparaitrons jamais tout comme les beautés et les dons. Votre posture de recherche d’excellence montre que nous sommes en chemin vers cet objectif, de façon encore minoritaire.

  5. Béatrix Geais-Detours

    Aujourd’hui, dans un certain nombre d’entreprises (pas toutes heureusement) tout le monde paye mais l’actionnaire en dernier recours!

  6. Jacques Bouchard

    Cher Monsieur Silberzahn bonjour,
    Merci et bravo pour cette nouvelle contribution tout aussi inspirante que les précédentes. Vous attirez avec justesse notre attention sur un model mental que vous nommez binaire, majoritaire dans nos sociétés, que je nomme le dualisme et comme vous je le trouve limité et limitant. Ce model mental repose, pour moi, sur la distinction entre le bien et le mal, entre ce qui me fait du bien et ce qui me fait du mal, je que je préfère et ce que je rejette, émotionnellement. Le grand gouvernail émotionnel du monde des humains. C’est à mes yeux d’abord un modèle émotionnel. L’erreur que je recommande de ne pas faire est d’identifier avant tout le dualisme comme un modèle binaire seulement rationnel illustré par le pour ou le contre, le vrai ou le faux, avoir raison ou avoir tort.
    Comme vous, je trouve que ce modèle mental à pour première et importante limite d’uniquement fonder l’opposition entre 2 camps. Malheureusement pas seulement entre les extrêmes de chacun des camps où les oppositions sont les plus visibles mais à tout niveau. En effet, ce modèle mentale induit, d’une part, un état d’esprit fixe au sens développé par Carol Dweck quelle oppose à un état d’esprit de développement (dans un modèle mentale binaire / dualiste). Cette dichotomie fonde pour elle la réussite ou l’échec. La réussite des personnes ayant un état d’esprit en développement et l’échec de celles ayant un état d’esprit fixe, confère son ouvrage : « Osez réussir ! Changez d’état d’esprit. »
    Pour elle l’enjeux est donc de changer d’état d’esprit pour réussir et pour vous réussir c’est aussi changer de modèle mentale. Deux états d’esprit en développement. Pour moi, changer d’état d’esprit ou changer de modèle mentale ont un préalable l’acquisition personnelle d’une mobilité émotionnelle permettant de réduire son mal-être (sentiments de peur et/ou d’infériorité) et d’augmenter son bien-être (sentiments d’admiration et/ou de gratitude), la réussite étant amplifiée et d’une plus grande qualité dans le bien-être (individuel, collectif, durable dans le monde) et insatisfaisant ou limité dans le mal-être (d’une personne, des autres ou non durable pour le monde).
    Cela pose au moins 3 questions. La première y a-t-il primauté de l’émotionnelle sur le rationnelle ou inversement ou en fonction des situations? Ensuite qu’elle autre perception/interprétation peut-on avoir du monde à la place du modèle mentale binaire duel actuellement majoritaire ? Est-il possible de réaliser des réussites qui comblent la personne, les autres, le monde avec ces différents modèles mentaux ? A mes yeux, le modèle mentale de Thierry Paulmier qu’il dénomme : « Homo emoticus » (en démarcation du modèle Homo economicus et par imitation des dénominations biologiques) est le seul modèle actuellement qui réponde à ces 2 premières questions et qui soit cohérent avec chacun des autres modèle évoqués ici ou existant. Alors faisons avec ce que nous avons, pour aimablement vous paraphraser. La mobilité émotionnelle que je fais découler du modèle Homo emoticus me semble répondre à la troisième question.
    Le bénéfice d’Homo emoticus est de substituer à l’échelle duelle/binaire majoritaire une échelle offrant 4 gradations : le danger, l’obstacle, la beauté/perfection (auxquelles j’ajoute l’excellence) et le don. A cette échelle évènementielle s’ajoute une échelle émotionnelle constituée de 4 émotions : la peur – l’envie (ce mélange d’un sentiment d’infériorité conscient ou non que l’on compense par la volonté de se sentir supérieur, consciemment ou non, posture négative complètement distincte de la posture positive du désir qui est l’anticipation d’un évènement admirable et gratifiant) – l’admiration – la gratitude.
    Remarqueriez-vous avec moi que dans l’excellent livre de Carole Dweck ou dans votre présente et très interessante et riche contribution ni elle, ni vous qui êtes des personnes qui se sont brillamment formées et qui sont des enseignants appréciés vous ne pouvez, sans un autre modèle mentale reconnu, accepté et mis en oeuvre, comme vous le prônez, vous extraire du modèle mentale dualiste ou binaire majoritaire ? Et cette remarque est en aucun cas et à aucun titre un jugement de valeur de vous ou de Carole Dweck car j’ai admiration et gratitude pour chacun de vous et vos travaux, mais c’est un fait conscientisé totalement ou partiellement ou non.
    Dans cette contribution personnelle qu’est ce qui constitue la démonstration de l’utilisation d’un autre modèle mentale que le dualisme ? Percevez-vous l’absence de dualisme ou de position binaire ?
    Lorsque je prends connaissance d’une contribution ou que je contribue, j’ai la volonté de ressentir dans l’instant mes émotions de peur, d’envie, d’admiration ou de gratitude à l’égard de ce que je lis, de l’auteur et de mon environnement. Je fais de même lorsque je produis, j’ai la volonté de porter mon attention sur les émotions pour moi, pour les autres ou le monde telles que je les perçois et telles que je les interprète (encore Schopenhauer, le monde tel que je le veux et que je me le représente). Cette volonté d’un travail émotionnel préalable à toute pensée que je mets en oeuvre (aujourd’hui automatiquement) au travers de la méthode Homo emoticus me conduit, lorsque je perçois de la peur ou de l’envie chez moi ou potentiellement chez l’autre ou dans le monde, à une mobilité émotionnelle personnelle préalable à ma pensée ou à ma communication de celle-ci pour, après acceptation de mes sentiments négatifs et reconnaissance de mes besoins correspondant, éprouver de l’admiration et de la gratitude pour mes besoins (les mêmes ou de nouveaux) et moi-même. C’est à partir de cet état émotionnel personnel de bien-être existant ou restauré dont je fais un préalable car j’ai éprouvé qu’il influence grandement ma pensée rationnelle (Thierry Paulmier montre comment au travers des soucis de soi et des stratégies comportementales) que j’ai la volonté de produire une pensée rationnelle émotionnellement maîtrisée, acceptable pour moi, l’autre (dimensions humaines), le monde (dimension factuelle) et si possible logique, voir scientifique. Ce modèle mental émotionnelle conduit à une pensée rationnelle qui examine les danger – les obstacles – les beautés, perfections excellences – les dons dans mes comportements, ceux des autres et ceux à l’égard du monde pour chaque évènement tant sur le plan factuel qu’à partir des émotions correspondantes chez moi, chez l’autres. Ainsi un verre peut-être un danger si je perçois et j’interprète qu’il peut-être brisé et utilisé pour me blesser ou me tuer ; un obstacle si je le perçois et je l’interprète comme tel par exemple : mis sur le fil de notre regard [c’est 2 postures conduisent au mal-être émotionnel] ; une beauté, perfection excellence si je perçois et j’interprète qu’il est magnifiquement décoré et rempli d’un nectar ; un don si je perçois et j’interprète qu’il contient de l’eau alors que je n’ai pas bu depuis 39 jours [c’est 2 postures conduisent au bien-être émotionnel]. Il en est de même pour l’autre qui peux avoir pour lui-même c’est 4 perceptions/interprétations et éprouver les émotions correspondantes préalablement au développement de sa pensée rationnelle qui sera, comme la mienne, fortement influencée par celle des 4 postures émotionnelles qui dominera et prendra, selon moi, le pilotage des comportements (décisions ou actions) qui en découlerons. C’est une perception/interprétation du monde émotionnelle plus que rationnelle non binaire, continue, fortement minoritaire aujourd’hui. C’est, d’autre part, un second reproche que je fais au modèle mental rationnel duel ou binaire : ne pas être continu.
    Ce modèle mentale donne la primauté à l’émotionnel. Est-ce subjectif ou objectif ? Les travaux les plus récent en neurologie font apparaitre, selon Pierre Marie Lledo neuroscientifique du CNRS, que les zones du cerveau sièges des émotions s’illuminent avant les zones sièges de la raison. Cause ou corrélation ?
    Un autre avantage de ce modèle mental en plus de sa continuité c’est de rendre émotionnellement compréhensible des situations rationnellement incompréhensibles. Par exemple il permet de comprendre pourquoi des tenants d’une thèse ne change pas de point de vue même lorsque la liste des avantages et des inconvénients est rationnellement tout à fait défavorable à celle-ci. Ce qui illustre à nouveau la primauté de l’émotionnelle sur le rationnel.
    Dans ce modèle mental, le danger comme le don ne peuvent disparaitre. Aussi la peur et la gratitude sont persistant. Il en est de même pour les autres évènements et émotions correspondantes. Ce qui est parfaitement cohérent avec la diversité et la constance dans le monde du bien et du mal. L’enjeux n’est donc pas la suppression, mais la réduction dans l’instant du mal-être et la maximisation du bien-être. L’objectif n’est pas rationnel (avoir raison, c’est opérant que lorsque nous sommes accordés émotionnellement) mais émotionnel (comprendre émotionnellement le désaccord puis rationnellement adopter le comportement émotionnel permettant la rencontre émotionnelle de soi ou de l’autre ou du monde, seul critère préalable à une action opérante, à mes yeux). Le moyen est la mobilité émotionnelle personnelle. C’est une capacité humaine qui repose sur l’empathie qui doit être individuellement et collectivement développée, le cerveau naturellement privilégiant, pour favoriser la survie, le développement de la peur et de l’envie au détriment de l’admiration et de la gratitude. Statistiquement cette prédestination innée est corroborée par un monde où domine le danger et l’obstacle et dans lequel sont rares les beautés, perfections excellences durables et rarissimes les dons véritables (celui qui est générateur par exemple : la fécondité et non au sens chrétien partiel illustrez dans votre précédent article qui donne une nature divine au don c’est à dire supérieur à la nature de l’homme et qui est émotionnellement une construction politique de l’obstacle permettant consciemment ou non aux personnes qui porte se raisonnement de mettre les hommes qui l’accepte – y compris eux-même – dans un sentiment d’infériorité dont un des moyens de compensation est, dans certain cas, la recherche de la piété ou sa soumission à une divinité. Un parallèle méthodologique est à faire avec des situations managériales.).
    Face à votre contribution généreuse, par empathie, je contribue volontairement à partir d’une position partisane qui partage la même position émotionnelle de l’auteur ou qui souligne l’opposition émotionnelle avec l’auteur au travers d’arguments contradictoires. Nous retrouvons le système binaire dual. L’habitude de ce système et le manque d’attention à la dimension émotionnelle masque le déclencheur émotionnelle des stratégies comportementales d’adhésion ou de rejet. La mobilité émotionnelle offre une troisième voie. Elle permet de percevoir chez soi se qui fait peur ou donne un sentiment de diminution ou d’infériorité dans le discours de l’autre et ce qui est pour soi admirable et digne de gratitude dans ce même discours et à partir d’une position de bien-être chez soi valoriser le bien chez l’autre et chez soi et ne pas créer de mal chez l’autre et chez soi. Autant que faire ce peux car il n’est pas possible d’empêcher l’autre d’avoir une perception/interprétation consciente ou non qui génère chez lui un danger ou un obstacle en dehors de tout danger ou obstacle réel. Mais si c’est rationnellement incompréhensible dans un système binaire ou duel du fait de l’absence réelle de dangers ou d’obstacles, c’est émotionnellement tout à fait prévisible et acceptable dans le modèle émotionnel continu Homo emoticus qui en rend compte rationnellement de manière cohérente avec l’ensemble des modèles psychologique, d’une manière utile beaucoup plus simple.
    Portez-vous bien,
    Admiration et gratitude,
    Jacques.

  7. Ne jamais opposer en effet. Donner du travail est déjà une belle mission. Vous avez raison! Pourtant, les grands groupes communiquent plus facilement sur la croissance de CA, de « valeur » mais pas de nombre d’emplois créés. Car ils n’en créent pas généralement.
    Dans le cas de Danone, je vois plusieurs points d’achoppement:
    – la communication de E. Faber plutôt « exubérante » puisque à l’époque du vote à 99,2% il avait dit à son AG « vous venez d’enterrer M. Friedmann ». Tout ça pour se fracasser 6 mois plus tard à la première crise…..pas étonnant que ça lui revienne en boomerang;
    – ensuite il ne me semble pas que Danone soit au bord du gouffre, ils sont encore très profitables, certes moins que Nestlé, so what? il faut afficher quel niveau de marge ? on ne pourrait afficher des objectifs « RSE » volontaristes avec un peu moins de profit? question qu’on peut poser à Blackrock: quelle est leur position finalement? ils encouragent les entreprises dans cette voie, vraiment? ou est-ce de la duplicité?
    – Danone a démarré en 1919 sur les bienfaits pour la santé des produits ferments lactiques: bel exemple de développement économique également profitable à l’ensemble de la société! Mais aujourd’hui, vendre en France de l’eau en bouteille plastique en soutirant 2,7 milliards de litres/an à la nappe phréatique et tarir les rivières de la région de Volvic, ce n’est pas un bilan CO² ni santé ni éthique très positif…..au plaisir d’échanger

  8. Ne jamais opposer en effet. Donner du travail est déjà une belle mission. Vous avez raison! Pourtant, les grands groupes communiquent plus facilement sur la croissance de CA, de « valeur » mais pas de nombre d’emplois créés. Car ils n’en créent pas généralement.
    Dans le cas de Danone, je vois plusieurs points d’achoppement:
    – la communication de E. Faber plutôt « exubérante » puisque à l’époque du vote à 99,2% il avait dit à son AG « vous venez d’enterrer M. Friedmann ». Tout ça pour se fracasser 6 mois plus tard à la première crise…..pas étonnant que ça lui revienne en boomerang;
    – ensuite il ne me semble pas que Danone soit au bord du gouffre, ils sont encore très profitables, certes moins que Nestlé, so what? il faut afficher quel niveau de marge ? on ne pourrait afficher des objectifs « RSE » volontaristes avec un peu moins de profit? question qu’on peut poser à Blackrock: quelle est leur position finalement? ils encouragent les entreprises dans cette voie, vraiment? ou est-ce de la duplicité?
    – Danone a démarré en 1919 sur les bienfaits pour la santé des produits ferments lactiques: bel exemple de développement économique également profitable à l’ensemble de la société! Mais aujourd’hui, vendre en France de l’eau en bouteille plastique en soutirant 2,7 milliards de litres/an à la nappe phréatique et tarir les rivières de la région de Volvic, ce n’est pas un bilan CO² ni santé ni éthique très positif…..au plaisir d’échanger

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