Archives de Tag: Prise de décision

Face à l’incertitude, que peut-on contrôler?

L’incertitude est anxiogène à de nombreux égards et souvent à juste titre. Définie comme l’absence d’information au sujet d’un phénomène donné, elle signifie souvent qu’on ne sait pas à quoi s’attendre, laissant la porte ouverte aux mauvaises surprises – perte d’emploi, maladie, accident, guerre, etc. et nous laissant désemparés. Car la crainte principale liée à l’incertitude est celle de la perte de contrôle où on ne peut plus rien prévoir ni planifier. Mais cette crainte repose sur une croyance qui est que seule la prédiction permet de contrôler. Or ce n’est pas nécessairement le cas, et les deux notions peuvent être dissociées, avec des conséquences importantes pour le management.

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Face à l’incertitude, soyez vulnérable

La prise de décision en incertitude est un art difficile. L’une des raisons est que dans leur grande majorité, les outils et les concepts que nous utilisons sont ceux du risque, c’est-à-dire propres aux situations répétées. Ils considèrent l’incertitude comme quelque chose dont il faut se protéger. Ce modèle mental de la protection, qui semble si logique, s’avère en fait contre-productif. Et si, au contraire, il fallait se garder de (trop) se protéger de l’incertitude?

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Les vilains petits modèles mentaux français ou la (vraie) leçon de l’affaire Orpéa

Dans un livre paru le 26 janvier, l’auteur et journaliste Victor Castanet accuse Orpéa, leader européen des maisons de retraite, de maltraitance sur des résidents de ses établissements et de rationnement de soins et de fournitures médicales pour réduire les coûts. L’affaire connaît un retentissement considérable. Elle donne surtout à la France l’occasion de se livrer à son sport favori, le bashing du profit. Car la cause semble être entendue: c’est sa recherche effrénée qui explique les maltraitantes dénoncées dans l’ouvrage. « Orpéa, les profits et le malaise », titre ainsi l’émission C dans l’air. Et si on allait un peu vite?

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Agir en incertitude: cinq façons d’utiliser l’histoire

Comment agir face à une situation radicalement incertaine, où se combinent la complexité, le manque d’information et le caractère inédit? Il n’existe ni règle ni méthode infaillible, mais l’une des façons d’améliorer la prise de décision est d’utiliser l’histoire pour remettre la situation dans son contexte. L’historien Frank Gavin montre comment cette utilisation peut être concrètement mise en œuvre.

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Le décideur public à l’épreuve de l’incertitude: vers la démocratie technique

L’incertitude généralisée dans laquelle baignent nos sociétés, jointe à leur complexité croissante, minent l’autorité des experts dont le savoir est plus facilement remis en question. C’est particulièrement vrai pour le décideur public, désormais confronté à une contestation systématique de ses décisions, quel que soit le domaine. Comprendre les causes et les enjeux de ce que certains appellent une « démocratie technique », mais aussi les dangers potentiels de celle-ci, devient essentiel.

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Homo Speculans: ce que l’économiste Frank Knight nous apprend sur l’incertitude et la nature humaine

Que peut nous apprendre l’ouvrage d’un économiste presque inconnu, paru il y a exactement un siècle? Beaucoup. Nous est-il utile face aux questions actuelles? Oui, très. Il se trouve que Risk, Uncertainty and Profit, écrit par Frank Knight en 1921, est un ouvrage qui, même s’il est difficile à lire, est essentiel. C’est le premier à véritablement formaliser l’incertitude et à montrer ce que cette notion implique dans la prise de décision. Et ce faisant, il nous dit aussi beaucoup sur qui nous sommes en nous révélant comme fondamentalement spéculateurs.

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Mon nouvel article pour Harvard Business Review: Bienvenue en incertitude: comment réinventer les outils du management pour éviter la prochaine catastrophe

Après le choc du premier confinement au début de l’année 2020, qui a vu voler en éclat aussi bien les business plans que les prévisions économiques et sociales de toutes sortes, le monde a vécu un retour erratique, difficile et long à une situation presque normale, sans pour autant être certain d’être tout à fait sorti de la crise. Autrement dit, l’incertitude, avec son lot de surprises, est avec nous pour longtemps.

On aurait pu penser que la violence du choc, qui a très clairement mis en évidence les limites de nos outils de management, amènerait à une profonde remise en question. Or il n’en a rien été. Passé le choc, et malgré la persistance de gros nuages sombres sur leurs têtes, organisations et Etats se sont remis à concevoir des plans d’actions sur la base de prévisions savantes, sans lesquelles ils semblent incapables de concevoir leur action. Il est urgent de repenser les outils du management à partir de l’incertitude si l’on veut éviter la prochaine catastrophe.

Cet article est publié à l’occasion de la sortie de mon ouvrage « Bienvenue en incertitude« . Lire l’article ici.

C’est curieux chez les managers ce besoin de faire des phrases… Et si on arrêtait le verbiage?

Le management souffre d’un mal terrible, celui d’être pollué par l’utilisation de termes vagues, creux et abscons. Les mots bidons foisonnent, ils poussent comme de la mauvaise herbe dans un jardin mal entretenu.

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« J’ai ouvert un ticket »: comment le management formel tue les organisations

Il y a quelques temps de cela je devais intervenir dans une conférence et, Covid oblige, cette conférence était « hybride », c’est à dire qu’elle se tenait à effectif réduit avec une large partie de l’audience connectée en ligne. Je devais donc utiliser un micro. Quelques instants après le lancement, j’ai senti que mon micro fonctionnait mal. L’interaction difficile que j’ai eue avec le support technique de l’organisation invitante a été je pense très illustrative de l’impasse dans laquelle s’enferre souvent le management moderne lorsqu’il se pense « rationnel » et repose sur des modèles mentaux contre-productifs, en particulier celui de la formalisation du travail sous forme de processus et de règles. Celle-ci crée une distance entre une action et ses effets, ce qui a pour effet de déresponsabiliser les acteurs. Les coûts induits pour l’organisation sont très importants.

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Petite victoire deviendra grande: Comment le monde change et ce que ça implique pour les activistes

Comment le monde se transforme-t-il? Lorsque Charles Darwin a proposé sa théorie de l’évolution des espèces, il a imposé l’idée pour longtemps d’une évolution continue, par petites touches. Un papillon noir devient un papillon jaune en passant par toutes les couleurs intermédiaires, au travers de multiples générations. Les progrès de la science ont montré cependant que l’évolution se fait de façon beaucoup plus brutale que cela, avec des mutations très importantes d’une génération à l’autre; en fait, dans l’évolution des espèces, la majeure partie du changement se fait par sauts brutaux. Cette opposition entre un changement continu et un changement brutal, entre un monde linéaire et un monde non linéaire, masque une réalité plus nuancée pour ce qui concerne les systèmes sociaux que sont les collectivités humaines, comme les marchés, les nations ou les organisations; la compréhension de cette réalité représente un enjeu important pour les activistes qui veulent changer le monde.

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