Le nombre de créations d’entreprises en hausse, une bonne nouvelle?

Bonne nouvelle: selon l’Insee, le nombre d’entreprises créées ou reprises en 2004 a atteint son meilleur niveau en France depuis 10 ans : 320.000, soit une progression de 9% par
rapport à 2003. La hausse était déjà de
8,7% en 2003, alors que la période 1997-2002 avait été relativement
stable. Que faut-il en penser?

Parmi les entreprises créées en 2004, 70% sont
entièrement nouvelles, ce qui représente la plus forte proportion
depuis 10 ans, 13% sont des reprises et 17% des réactivations. Le
nombre d’entreprises entièrement nouvelles est en hausse de 12,5% par
rapport à 2003. Côté domaines, on n’est pas high-tech, loin s’en faut: la hausse concerne surtout l’immobilier, la
construction, les industries agroalimentaires et les services aux
entreprises. Ce dernier secteur concentre à lui seul près de 20% des
créations d’entreprises.

L’Insee note toutefois que cela n’entraîne que peu
de créations d’emploi: parmi les
entreprises nouvelles, 83% se créent sans autre emploi que celui du
créateur.  On peut en conclure que si l’esprit d’entreprise se
développe, il reste des freins forts à l’embauche de salariés. A âge
égal, d’autres études montrent que les nouvelles entreprises françaises
créent beaucoup moins d’emplois que leurs consoeurs américaines par
exemple. Ainsi donc, cette bonne nouvelle de l’Insee doit être
relativisée: loin de traduire un développement du phénomène
entrepreneurial, et donc de préparation de nos "champions" futurs, elle
semble traduire plutôt un phénomène d’atomisation avec développement
d’une population d’indépendants, c’est à dire plus un aménagement
juridique qu’un vrai changement de structure et de mentalité.

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2 réponses à “Le nombre de créations d’entreprises en hausse, une bonne nouvelle?

  1. Bonjour,
    je suis d’accord avec votre analyse sur l’atomicité des nouvelles entreprises, cependant je pense plutôt que ce n’est pas qu’un aménagement juridique pour les plus jeunes (dont je fais parti), mais une adaptation à l’environnement dans lequel on pense l’entrepreneuriat depuix que cela nous intéresse.
    Je m’explique : nous avons grandi pendant une période de quasi morosité et n’avons jamais connu de période faste ou tout est plus simple ; logiquement notre façon de penser l’entreprise a été façonné par ça.
    La « viscosité » de l’environnement économique et « l’inertie » de celui-ci font que nous pensons l’entreprise selon des caractéristiques différentes : adaptation, micro-structure, immatériel, atomicité, projet… mais aussi partenariat, collaboration, réseau… et finalement nous voyons plus un modèle atomique avec plusieurs petites entités mises « en réseau », plutôt qu’un modèle de grosse société…
    J’essaie actuellement de mettre ça en oeuvre à travers un projet…
    A l’occasion, venez me dire ce que vous en pensez…
    Bonne continuation.

  2. Je suis d’accord: l’important c’est que ce phénomène permette l’émergence de vrais réseaux d’entrepreneurs;si les grandes entreprises sont remplacées par de grands réseaux c’est bien; si ce développement d’indépendents correspond simplement à une transformation salarié –> indépendant, c’est un peu limité.
    Je trouve votre projet redRes très intéressant et votre blog très riche… je vais faire un post dessus.
    A bientôt
    Philippe

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