Questionner ses modèles : la leçon de l’art contemporain pour le management en incertitude

Dans un monde de changement et d’incertitude, les modèles sur lesquels l’organisation a bâti sa réussite deviennent obsolètes rapidement. La capacité à les faire évoluer devient primordiale pour le management. Mais pour cela il faut commencer par les identifier. Or c’est difficile car avec les années, ils sont devenus invisibles. C’est d’ailleurs la condition de leur efficacité. Comment faire? De façon inattendue, l’art contemporain, dont la contestation des modèles forme le cœur du paradigme, offre une piste intéressante.

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Avec le Rhine Group, Mario Draghi veut relancer la croissance européenne. Bonne nouvelle, mauvaise méthode?

Mario Draghi et Patrick Collison viennent de lancer le Rhine Group pour transformer en actes le diagnostic du rapport Draghi, resté lettre morte depuis deux ans. Leur pari : l’Europe ne manque pas d’idées, elle manque d’un mécanisme pour les rendre politiquement possibles. Mais quand une recommandation est ignorée pendant deux ans, le problème est rarement la mise en œuvre. Il tient plutôt à des modèles mentaux qui rendent l’innovation non pas difficile, mais indésirable. Ce qui manque à l’Europe n’est pas une méthode, c’est l’envie.

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L’encyclique et la république technologique: L’intelligence artificielle prise entre deux clergés

Toute technologie révolutionnaire transforme la société parce qu’elle redistribue le pouvoir. C’est pour cela qu’on l’appelle « révolutionnaire ». Cette transformation inquiète les pouvoirs en place, qu’ils soient spirituels, industriels ou politiques. Il en va bien évidemment de même pour l’intelligence artificielle. Deux textes parus à quelques semaines d’intervalle, l’encyclique Magnifica humanitas de Léon XIV et le manifeste de Palantir, prétendent dire ce que l’humanité doit en faire. L’un veut la désarmer, l’autre l’enrôler. Tout les oppose, sauf l’essentiel : le refus de laisser cette technique aux mains des gens ordinaires.

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La standardisation, secret bien caché de la révolution industrielle

Lorsqu’on parle de révolution industrielle, des noms comme James Watt, George Stephenson, Joseph-Marie Jacquard ou Henry Ford viennent immédiatement à l’esprit. On les voit comme de grands inventeurs. Mais leur véritable invention est avant tout de porter un regard neuf sur un vieux sujet, souvent banal et mineur en apparence. A cette liste prestigieuse, il faut ajouter quelqu’un de beaucoup moins connu, le Lieutenant Général Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval. Il fut un pionnier de ce qui sera le véritable moteur secret de la révolution: la standardisation. Ses idées appliquées d’abord aux armes à feu seront reprises dans tous les domaines, avec un impact considérable qui résonne encore aujourd’hui.

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Quand la greffe ne prend pas: l’échec de l’innovateur est d’abord social

Il est très difficile pour un innovateur de faire changer les choses au sein de son organisation. Les raisons sont nombreuses, mais la principale est que beaucoup croient que pour réussir, il faut avoir de bonnes idées et les faire aboutir. Ils sont convaincus que c’est la qualité objective de leur travail qui leur permettra d’être acceptés par le groupe. En réalité, c’est l’inverse. C’est pour ça que l’échec de l’innovateur mandaté pour transformer les choses est d’abord social.

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Florence Nightingale: L’invention d’une profession

Certains peuvent être fiers d’avoir inventé des produits révolutionnaires, mais combien peuvent se vanter d’avoir inventé une profession et changé la société? C’est le cas de Florence Nightingale. Elle a inventé la profession d’infirmière. Avant elle, il y avait bien sûr un accompagnement des malades, mais, selon le mot charitable d’un commentateur, il était plus question d’œuvrer pour le salut de l’âme du patient que de mobiliser les connaissances de la médecine pour le sauver. Nightingale va tout revoir de fond en comble et changer l’hôpital pour toujours. Elle offre en cela une véritable leçon de management.

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Largement ignoré, le rapport Draghi sur la compétitivité européenne reste d’actualité

Qui se souvient du rapport Draghi? Il y a exactement un an, il sonnait l’alarme sur le déclin dangereux de la compétitivité européenne. Il avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Mais depuis? Rien! Il a été rapidement oublié, les politiques étant passé à autre chose. Pourtant, il reste d’actualité et résonne particulièrement dans la France de 2025 confrontée à la crise de la dette. Car si celle-ci résulte d’une dépense excessive, elle s’explique aussi par une capacité déclinante à créer de la richesse.

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Le cloître et le vaisseau spatial: repenser l’enseignement supérieur à l’heure de l’IA

Alors que les institutions d’enseignement supérieur s’interrogent encore sur comment intégrer l’intelligence artificielle dans leurs pratiques pédagogiques, la réalité du terrain révèle une vérité cruelle: l’IA a déjà massivement transformé l’écosystème universitaire, souvent à l’insu des établissements eux-mêmes. Incapable d’arrêter la vague, mais ne sachant pas comment vraiment en tirer parti, il doit réagir très vite au risque de disparaître.

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Restauration de Notre-Dame: derrière l’exploit, deux amères leçons sur l’excellence française

Quelques mois après l’incroyable fête des jeux olympiques, la restauration de Notre-Dame est une nouvelle réussite, un peu plus de cinq ans seulement après le terrible incendie qui l’avait ravagée en avril 2019. Si cet exploit met en lumière une forme de génie français dont nous pouvons être légitimement fiers, il illustre également un aspect beaucoup plus sombre de notre société: il a célébré la restauration du passé, et il n’a été possible qu’en contournant les règles de droit commun. Autrement dit, en France, l’excellence et l’innovation deviennent l’exception, et non plus la règle.

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Le Doliprane ou l’illusion tragique de la souveraineté française

La saga du Doliprane défraie la chronique au point qu’on a l’impression que la survie de la France est en jeu. Les politiques rivalisent de déclarations solennelles sur la souveraineté, l’indépendance et la réindustrialisation de notre pays. Que cette souveraineté repose sur la maîtrise de la fabrication d’un médicament vieux de plus d’un siècle, vendu quelques euros, et dont le principe actif restera de toutes façons importé de Chine, ne manque cependant pas d’interpeller. Avons-nous perdu la tête? Et si, derrière le bruit et la fureur, cette affaire ne révélait pas finalement une illusion française tragique sur les sources de la puissance et de l’indépendance?

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