Pour changer le monde, travaillez les modèles mentaux, pas les idées

Il existe une croyance très répandue sur le changement : pour changer le monde, transformer une organisation, une société, ou même une habitude, il faudrait d’abord avoir de bonnes idées. Les bons arguments. Le bon discours. C’est rassurant, parce que c’est simple. C’est aussi, très souvent, pourquoi le changement n’arrive pas. Quelqu’un qui l’avait compris est William Buckley, artisan du renouveau du conservatisme américain dans les années 70-80, et sa biographie est fascinante.

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Et si le premier obstacle au changement était le dirigeant?

La capacité d’un collectif à surmonter les échecs et les blocages détermine sa survie. Lorsque cette capacité fait défaut, le premier responsable en est souvent le dirigeant lui-même. Combien sont en effet capables, lorsqu’un changement échoue, d’un diagnostic sincère – c’est-à-dire d’un diagnostic qui ne les épargne pas ? Que ce soit en politique ou en entreprise, la façon dont on lit une situation détermine ce qu’on est capable d’en faire. Or cette lecture est rarement neutre : elle reflète des convictions, des angles morts, une certaine idée de là où se situe le problème – en substance les modèles mentaux. Tant que le dirigeant ne s’inclut pas lui-même dans l’équation, il y a peu de chances qu’il trouve les bonnes réponses.

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Face aux blocages, le changement doit-il être autoritaire?

L’incapacité de la France à se réformer malgré de multiples crises (éducation, retraites, finances, justice, etc.) exaspère. Elle fait douter de la capacité de notre régime parlementaire à remplir son rôle. Face aux périls internes (cessation de paiement, tensions entre intérêts divergents) et externes (contexte international), certains concluent que seul un régime autoritaire pourrait sortir le pays de l’ornière. Un tel raisonnement n’est pas nouveau. Il a été tenu il y a presque 100 ans de façon convaincante par le juriste allemand Carl Schmitt, mais il a été tragiquement démenti par l’histoire. Compte tenu des enjeux actuels, il n’est pas inutile de le revisiter.

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La collaboration, un objectif organisationnel louable, mais qui a un coût!

Dans un monde de plus en plus complexe, la collaboration est devenue un objectif incontournable. Dirigeants et consultants vantent ses bénéfices : innovation accrue, partage des connaissances, agilité organisationnelle et performance collective optimisée. Pourtant, les efforts parfois très importants pour la développer donnent des résultats décevants. L’impératif de collaborer reste souvent lettre morte : chacun retourne dans son silo. Pourquoi la collaboration, dont l’intérêt est a priori si évident, est-elle si difficile ? Parce qu’elle a un coût important.

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Fiasco d’Elon Musk et son DOGE: quelles leçons pour la transformation organisationnelle?

Clap de fin pour Elon Musk. Le brillant entrepreneur n’aura pas tenu longtemps dans les hautes sphères gouvernementales américaines pour réformer l’administration avec son fameux programme DOGE. Quelles leçons tirer de cet épisode rocambolesque pour la transformation organisationnelle? Certainement pas que toute réforme est impossible. Plutôt que c’est la posture et la méthode du réformateur qui comptent.

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Changement social: la majorité silencieuse n’a pas d’importance

Beaucoup de ceux qui sont consternés par les événements sur le campus de Science-Po se rassurent en pensant que les activistes ne sont qu’une minorité, qu’ils ne sont pas représentatifs des étudiants et qu’on peut donc négliger leur action. C’est une erreur profonde. Le changement social est toujours le fait d’une minorité décidée. On ignore cette réalité à ses dépens.

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Transformation du monde: Pourquoi Davos fait partie du problème

Le monde, confronté à des défis considérables, nécessite une transformation radicale. Il est courant de penser que la solution réside dans la réunion des leaders mondiaux, conscients des enjeux et dotés des ressources nécessaires, dans des forums comme Davos. Toutefois, cette idée, bien que séduisante, s’avère naïve et problématique. Il est urgent de reconsidérer cette approche et d’explorer des alternatives plus efficaces.

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Ce qu’un chien peut vous apprendre sur les dangers de l’IA

Alors que s’accélère son développement, l’IA suscite une crainte croissante à la fois par son ampleur et par sa puissance. Et ce n’est que le début. La principale crainte souvent énoncée est qu’elle ne sait pas expliquer comment elle arrive à un résultat donné, et qu’elle est donc dangereuse. Comment peut-on utiliser une intelligence non humaine si on ne sait pas comment elle marche? Et pourtant c’est ce que nous faisons depuis des milliers d’années… avec le chien.

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L’inquiétant message de France Stratégie sur la transformation climatique

La France a un problème avec l’innovation. Ce n’est pas nouveau. Notre pays est en train de rater la totalité des grandes révolutions technologiques qui changeront le monde ces prochaines années. Elle a également un problème avec le marché, mais là-dessus tout a été dit. Dans ce contexte de déclin, France Stratégie, l’ancien Commissariat au plan, pourrait être un aiguillon du réveil français, mais il n’en est rien. L’organisme reste enfermé dans un paquet de modèles mentaux obsolètes, comme l’illustre son dernier rapport sur la transformation climatique de l’économie française, au message inquiétant.

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