Que nous vivions dans un monde fini aux ressources limitées semble une évidence pour tout le monde. De là naissent toutes sortes de théories qui se ramènent essentiellement à la nécessité de ralentir, voire de stopper notre croissance, car comment peut-on avoir une croissance infinie dans un monde aux ressources finies? Comme souvent, cette évidence n’en est pas une; elle constitue un cas classique de sophisme, c’est-à-dire de raisonnement faux malgré une apparence de vérité.
Savez-vous ce qu’est le guano? C’est un amas d’excréments d’oiseaux marins ou de chauves-souris présent sur différentes îles du Pacifique où il s’est accumulé parfois sur plusieurs mètres d’épaisseur. Il constitue un engrais très efficace, en vertu de sa grande concentration en composés azotés. Le guano a été récolté par des compagnies privées ou publiques pendant des siècles. La production des îles Chincha, par exemple, atteignait 600 000 tonnes par an à la fin des années 1860. Ressource essentielle, elle fut l’objet de toutes les convoitises et de toutes les rivalités, menant à la guerre hispano-sud-américaine, aussi connue sous le nom de « guerre du guano » lorsqu’en 1863, l’Espagne tenta de s’emparer des îles Chincha. Le Pérou et le Chili repoussèrent les forces navales espagnoles. A partir de cette période, cependant, divers progrès techniques permettent de créer des engrais à partir de sources radicalement différentes, et la demande décline rapidement.
L’histoire du guano offre plusieurs leçons pour mieux comprendre pourquoi la finitude de nos ressources naturelles est un faux problème: Premièrement, la rareté doit être pensée de façon économique et non physique. Autrement dit, la rareté d’une ressource n’a d’intérêt que du point de vue de son utilité. Le silex est rare et fini, mais qui s’en préoccupe? Personne, car nous n’utilisons plus de silex depuis des milliers d’années. Ressource rare, stratégique et finie en 1860, le guano n’est plus utilisé quarante ans plus tard. La finitude d’une ressource n’a donc d’importance que si celle-ci est utilisée. Aucune n’a de valeur en elle-même.
Deuxièmement, et de façon très liée au point précédent, la rareté d’une ressource dépend de nos connaissances et de l’état de notre développement technologique. L’exploitation intensive du guano à la fin du XIXe siècle a menacé d’épuiser les ressources, mais cela n’a eu aucune importance car au même moment, d’autres procédés prenaient le relais pour produire des engrais. Aujourd’hui, les stocks sont reconstitués mais personne ne s’en préoccupe: le guano est abondant et n’a aucune valeur. La disponibilité physique d’un bien ne compte que s’il y a une demande pour celui-ci.
Troisièmement, l’innovation déjoue les prévisions. Avant la Première Guerre mondiale, les alliés étaient persuadés que l’Allemagne ne pourrait faire la guerre car ils contrôlaient l’accès au guano. Sans accès au nitrate, l’Allemagne ne serait pas en mesure de produire des explosifs ou de se nourrir. Elle déjoue ces calculs en industrialisant le procédé Haber qui permet de fabriquer de l’ammoniaque à partir de l’azote de l’air. L’innovation totalement imprévue a complètement changé les règles du jeu et a rendu inutile une ressource absolument stratégique quelques années auparavant.
Le pétrole, une ressource finie?
On peut appliquer le raisonnement au pétrole: Si nous disons que la quantité de pétrole sur la terre est finie, nous ne faisons qu’affirmer une évidence, qui est cependant une approximation au sens où celui-ci met des millions d’années à être créé naturellement. Un raisonnement de physicien nous amène à penser qu’on va brûler le pétrole et qu’un jour, nous brûlerons notre dernier litre de pétrole. Mais à cela l’économiste répond aussitôt : non, si la demande persiste, et que les réserves disponibles diminuent, le prix va augmenter. Ce prix va diminuer la demande, et la reporter vers des énergies alternatives. Il va rendre plus rentables ces alternatives en incitant les investisseurs et les utilisateurs. Il va modifier les comportements: par exemple, les gens vont rapprocher leur domicile de leur lieu de travail. En retour, la diminution de la demande va faire baisser le prix. Le système va s’adapter. On se souvient que le boom actuel des voitures électriques a démarré en 2007 lorsque le prix du baril a atteint 130$. A l’approche de la limite de réserve, le prix tend vers l’infini, le dernier litre de pétrole ne sera jamais brûlé. Mais cela aura commencé bien avant. Autrement dit, en tant que bien économique, le pétrole est infini. Or c’est la seule considération qui nous intéresse.
Et si nous vivions dans un monde infini?
Le raisonnement peut être généralisé à toutes les matières premières, et pour l’appliquer il n’est pas nécessaire de croire au « tout marché », simplement de reconnaître que le système de prix est un assez bon régulateur, même s’il peut être complété par d’autres approches.
On le voit, l’erreur consiste à voir les ressources comme des biens physiques, alors que ce sont des biens économiques dont la valeur dépend du rapport entre l’offre et la demande, et la rareté des substituts existants. Évaluer leur finitude ne se ramène donc pas à un calcul de type « une baignoire contient 50l d’eau, elle se vide au rythme de 20cl par minute, quand sera-t-elle vide? » Dit autrement, il est absolument impossible de prédire cette finitude et ceux qui prétendent le contraire éludent complètement la nature du problème soit par ignorance, soit pour faire avancer un agenda d’ordre politique.
🔍Source factuelle: Wikipedia.
➕Sur le même sujet, on pourra lire: 📄200 ans après, le malthusianisme a toujours tort: Vers une société d’abondance durable; 📄Le pari perdant de la collapsologie.
En savoir plus sur Philippe Silberzahn
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

41 réflexions au sujet de « Pourquoi nous ne vivons pas dans un monde fini »
Vous qualifiez l’idée de ressources finies de sophisme, mais où se trouvent les sophismes dans l’argumentation qui reconnaît les limites de nos ressources ? En réalité, les limites physiques et biophysiques de la Terre sont des faits indéniables, basés sur des données scientifiques et des observations empiriques. Les ressources naturelles, comme les métaux, l’eau douce, les terres arables, et les énergies fossiles, ne sont pas infinies. Leur extraction et exploitation entraînent des impacts environnementaux significatifs, tels que la perte de biodiversité, la dégradation des écosystèmes et le changement climatique. Bien que l’innovation technologique puisse offrir des alternatives, elle ne peut pas restaurer une forêt ancienne ou ressusciter une espèce éteinte. Les ressources renouvelables, telles que l’eau et le bois, risquent également de devenir non renouvelables si elles sont surexploitées. Les arguments avancés ici ne reposent pas sur des raisonnements fallacieux, mais sur une compréhension rigoureuse des limites naturelles et économiques qui régissent notre monde. Ne serait-ce pas plutôt votre interprétation, qui minimise ces contraintes réelles, qui pourrait être considérée comme un sophisme, en déformant la nature des arguments scientifiques ?
Je m’explique.
Vous affirmez que l’innovation peut surmonter la rareté des ressources, mais cela suppose que la technologie puisse toujours compenser la diminution des ressources naturelles. Or, l’innovation elle-même dépend de la disponibilité des ressources. Par exemple, les technologies vertes, comme les panneaux solaires et les batteries pour les véhicules électriques, nécessitent des métaux rares et d’autres ressources minérales. À mesure que ces ressources deviennent plus difficiles à extraire, les coûts augmentent, et l’innovation pourrait devenir de moins en moins rentable. De plus, il n’y a aucune garantie que de nouvelles technologies ou substituts seront découverts à temps pour remplacer des ressources critiques.
Le modèle économique actuel repose sur la croissance continue, ce qui entraîne une demande accrue de ressources naturelles. Cette demande accrue se heurte aux limites environnementales de la planète. Le concept de croissance infinie dans un monde fini est souvent critiqué par les économistes écologiques, qui soulignent que la croissance matérielle illimitée est incompatible avec la capacité de charge limitée de la Terre. L’augmentation de la population mondiale et l’amélioration des niveaux de vie signifient que la demande de ressources naturelles ne fait qu’augmenter, exacerbant les problèmes de durabilité.
Vous négligez également le risque géopolitique lié à l’accès aux ressources. Les ressources naturelles sont inégalement réparties sur la planète, et certaines régions disposent de réserves stratégiques de pétrole, de gaz naturel, de terres rares et d’autres matériaux cruciaux. Cette répartition inégale peut entraîner des tensions, des conflits, et même des guerres. L’histoire regorge d’exemples où des nations ont mené des conflits pour sécuriser l’accès aux ressources, comme la guerre du Golfe pour le pétrole ou les tensions actuelles en mer de Chine méridionale. La dépendance à des ressources critiques d’origine étrangère expose également les pays à des risques économiques et politiques, comme des embargos, des hausses de prix, ou des ruptures d’approvisionnement.
Vous mentionnez que le système de prix agit comme un régulateur efficace pour gérer la rareté des ressources. Cependant, ce raisonnement repose sur l’hypothèse que le marché est parfait et que les prix reflètent toujours les coûts réels. En réalité, les marchés souffrent de défaillances, comme les externalités négatives (ex. pollution, changement climatique) qui ne sont pas correctement évaluées dans les prix de marché. En outre, les inégalités de richesse et de pouvoir signifient que les effets de la raréfaction des ressources et de la dégradation environnementale ne sont pas ressentis également par tous. Ceux qui sont les moins responsables du problème (souvent les pays en développement) en subissent souvent les conséquences les plus graves.
Contrairement à ce que vous suggérez, la finitude physique des ressources est une réalité tangible, et non une simple abstraction économique. Par exemple, plusieurs ressources fossiles comme le pétrole ont déjà atteint ou approchent du pic de production, ce qui signifie que la quantité extraite ne peut plus augmenter et commencera à décliner. Les réserves d’eau douce dans certaines régions sont également en déclin à cause du changement climatique et de la surutilisation. Ces exemples montrent que les limites physiques existent et peuvent entraîner des crises si elles ne sont pas gérées de manière proactive.
En bref, bien que l’idée de ressources infinies repose sur une certaine logique économique liée à la substitution et à l’innovation, elle ignore plusieurs facteurs critiques, notamment les limites biophysiques de la Terre, les limitations et les coûts de l’innovation technologique, les impacts environnementaux de la croissance économique continue, les risques géopolitiques liés à l’accès aux ressources, les défaillances du marché, et les inégalités de justice sociale et environnementale. Ignorer ces aspects pourrait conduire à une sous-estimation des risques et à une mauvaise gestion des ressources, menaçant la durabilité à long terme de notre planète et de notre société.
« Contrairement à ce que vous suggérez, la finitude physique des ressources est une réalité tangible, et non une simple abstraction économique »
J’ai dit précisément le contraire. Vous faite une bien longue réponse qui repose sur une mauvaise lecture, ou une mauvaise compréhension, de ce que j’écris.
Slts
@ FJ Grimault
« rien ne se perd, rien ne se crée ». J’ignore si les fonctionnaires du GIEC l’ont rappelé, mais c’est « la science » quand même.
Vous tournez en ridicule l’idée d’« écoper l’océan » … et vous avez parfaitement raison : cette idée est effectivement ridicule, à moins de placer l’eau des océans sur orbite (même Trump n’a pas osé !).
Mais trouver assez d’eau pour remplir les océans de 250 m d’eau en plus, ce n’est pas mal non plus… D’où comptez vous faire venir toute cette eau ? De Chine? La contribution de toute la glace qui flotte est nulle, c’est Archimède qui l’a dit (il est vrai qu’il n’émarge pas au Giec). Quant à la glace posée sur le fond, sa contribution se borne à ce qui dépasse de la profondeur de l’eau + 10% Autrement dit, la « couche du dessus » du Groenland et de l’Antarctique. Et les glaciers, en km3, c’est peanuts.
Et pour remplir quoi ? La surface de l’océan (pôles inclus) x 0,25 (pour un résultat en km3). C’est grand, l’océan. Comme si ça ne suffisait pas, il faut ajouter la surface des terres émergées ayant une altitude inférieure à 250 m x 0,125 (en supposant un profil triangulaire). Ben oui, quand on remplit, ça déborde !
Désolé mais ça ne colle pas. Il n’y a pas assez d’eau pour remplir tout ça. Le « grand cerveau » du giec qui a affirmé cela avait-il son certificat d’études primaire ?
Certes, comme l’avait dit F. Raynaud (ne cherchez pas… il n’est pas au giec) « il y a les éponges ». Sauf que les éponges sont déjà dans l’eau… Comme les icebergs.
Au fait, la dilatation, ça ne marche pas non plus, car la croute terrestre et l’eau ont à peu près les mêmes coefficients de dilatation (avant que vous ne fassiez la confusion, il ne s’agit pas d’un « effet de marée »).
Le giec l’affirme ? Mais la science, c’est moins sur, et par ses outrances, le giec déconsidère la science ainsi que les problèmes climatiques réels. Face à un épouvantard, la formule « made in pouddlard » est « Ridikulus »
Votre argument remet en question les affirmations du GIEC concernant l’élévation du niveau de la mer due à la fonte des glaces et aux effets du changement climatique. Pour répondre à ces critiques, il est important de clarifier certains points et de corriger des idées fausses.
Vous mentionnez le principe selon lequel « rien ne se perd, rien ne se crée ». Cette phrase, attribuée à Lavoisier, explique la conservation de la masse dans les réactions chimiques. Cependant, cette loi ne signifie pas que les volumes d’eau ou les états physiques ne peuvent pas changer sur Terre. La science climatique, telle qu’utilisée par le GIEC, prend en compte les lois de la physique, y compris la conservation de la masse et de l’énergie, pour modéliser les changements dans les systèmes climatiques.
Vous vous moquez de l’idée que les océans pourraient s’élever de 250 mètres et vous demandez d’où viendrait toute cette eau. C’est une exagération délibérée. Le GIEC n’a jamais affirmé que le niveau des océans s’élèverait de 250 mètres. Les scénarios du GIEC sur l’élévation du niveau de la mer, basés sur divers modèles climatiques et émissions de gaz à effet de serre, prévoient une élévation de 0,3 à 1 mètre d’ici 2100. L’eau qui contribue à l’élévation du niveau des océans provient principalement de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique, et de l’expansion thermique de l’eau de mer, car à mesure que la température des océans augmente, l’eau se dilate et occupe plus d’espace.
Vous affirmez que la fonte de la glace flottante n’affecte pas le niveau de la mer, ce qui est vrai selon le principe d’Archimède. La glace flottante, comme celle des icebergs, a déjà déplacé son poids en eau. Quand cette glace fond, elle remplace simplement le volume d’eau qu’elle déplaçait déjà, sans augmenter le niveau de la mer. Cependant, l’élévation du niveau de la mer que le GIEC prévoit n’est pas basée sur la fonte de la glace flottante, mais sur la fonte des glaciers terrestres et des calottes glaciaires. Lorsque la glace terrestre fond, elle ajoute de l’eau douce aux océans, augmentant ainsi leur volume total.
Vous semblez confondre la dilatation thermique de l’eau et celle de la croûte terrestre. La dilatation thermique de l’eau est un processus bien compris en océanographie et a été mesurée. Lorsque la température de l’eau augmente, les molécules se déplacent plus vigoureusement, provoquant une expansion de l’eau. Cette expansion est un facteur clé de l’élévation du niveau de la mer observée et projetée, car la majeure partie du surplus de chaleur générée par les gaz à effet de serre est absorbée par les océans.
Vous critiquez également le GIEC pour des prédictions qui n’ont jamais été faites, créant ainsi un épouvantail pour ridiculiser les préoccupations climatiques. En réalité, la science du climat est une discipline complexe et bien fondée, basée sur des décennies de recherche et d’observations. L’élévation du niveau de la mer est déjà observable dans de nombreuses régions du monde, affectant les côtes, provoquant l’érosion, l’intrusion d’eau salée, et rendant certaines zones inhabitables.
Votre argument repose sur des exagérations et des incompréhensions des sciences climatiques de base. Les affirmations du GIEC concernant l’élévation du niveau de la mer sont basées sur des modèles scientifiques robustes qui tiennent compte de la physique de la conservation de la masse, de l’énergie, et des données empiriques. Le changement climatique est un problème réel et urgent qui nécessite des actions basées sur des preuves scientifiques solides, et non des malentendus ou des simplifications exagérées.
Bonjour,
Il y a certaines éléments de ce monde, éléments que nous exploitons, qui n’obéissent sans doute pas à la mécanique de préservation par le renchérissement consécutif à leur raréfaction.
Les poissons sont actuellement surexploités, ils se raréfient (car tous ne bénéficient pas du label Pêche Durable). Même si leur prix va augmenter, je ne pense pas que cela suffise à éviter l’extinction d’espèces.
Les chaluts ne font pas de détail, ils ramassent tout ce qui passe dedans. Si on veux pêcher du maquereau, on va aussi ramasser du requin, de la morue, de la sole. Le sonar ne va pas forcément dire si un banc de poissons est de telle ou telle espèce. Tant qu’il y aura du poisson, il y aura des bateaux pour le traquer. Et si des zones de pêche sont désertifiées, les bateaux iront piller celles où il reste du poisson.
Dans ce cas, l’innovation dont vous parlez produira certes des alternatives au poisson, mais aussi des moyens techniques qui permettront de mieux traquer les survivants et ainsi diminuer encore la ressource, même si les prix augmentent. Le monde des poissons est fini, pour certaines espèces. Et ceux qui resteront deviendront des produits alimentaires de luxe, donc de valeur, ce qui entretiendra la volonté de les pêcher au maximum.
Le monde des rhinocéros est aussi fini, il n’en subsiste que parce qu’on interdit leur chasse, et non grâce aux mécanismes économiques que vous décrivez. Au contraire, plus ils sont rares, plus ils ont de valeur et plus ils sont chassés ! Car il y aura toujours des acheteurs quel que soit leur prix.
Pour les insectes, malgré leur quantité astronomique sur terre, le monde est aussi fini. Ils sont exterminés par les incendies, volontaires ou non, par les insecticides agricoles. Au niveau mondial, il y en aura toujours, mais localement, leur nombre régressera tellement qu’ils ne seront plus suffisants pour jouer leur rôle de recyclage des matières végétales, de nourriture pour d’autres espèces, ou pour la régénération des sols. Personne ne chasse les abeilles et pourtant elles disparaissent et nous y somme certainement pour quelque chose Elles ne sont pas protégées par vos mécanismes économiques.
Quant à l’innovation qui permettra de trouver des alternatives aux aliments qui sont entrain de disparaitre, on peut faire confiance aux industriels pour trouver des solutions. Les hommes qui auront les moyens de se les payer (dans les pays développés) pourront manger des aliments à base d’insectes, des steaks végétaux, des produits conçus à partir d’algues cultivées dans des réacteurs biochimiques etc …
Dans le film Soleil Vert, les hommes contournaient la disparition des poissons dans les océans en se nourrissant des cadavres humains.
Je n’ai pas envie de vivre dans votre monde infini, monsieur Silberzahn.bénéficient pas du label Pêche Durable). Même si leur prix va augmenter, je ne pense pas que cela suffise à éviter l’extinction d’espèces.
Les chaluts ne font pas de détail, ils ramassent tout ce qui passe dedans. Si on veux pêcher du maquereau, on va aussi ramasser du requin, de la morue, de la sole. Le sonar ne va pas forcément dire si un banc de poissons est de telle ou telle espèce. Tant qu’il y aura du poisson, il y aura des bateaux pour le traquer. Et si des zones de pêche sont désertifiées, les bateaux iront piller celles où il reste du poisson.
Dans ce cas, l’innovation dont vous parlez produira certes des alternatives au poisson, mais aussi des moyens techniques qui permettront de mieux traquer les survivants et ainsi diminuer encore la ressource, même si les prix augmentent. Le monde des poissons est fini, pour certaines espèces. Et ceux qui resteront deviendront des produits alimentaires de luxe, donc de valeur, ce qui entretiendra la volonté de les pêcher au maximum.
Le monde des rhinocéros est aussi fini, il n’en subsiste que parce qu’on interdit leur chasse, et non grâce aux mécanismes économiques que vous décrivez. Au contraire, plus ils sont rares, plus ils ont de valeur et plus ils sont chassés ! Car il y aura toujours des acheteurs quel que soit leur prix.
Pour les insectes, malgré leur quantité astronomique sur terre, le monde est aussi fini. Ils sont exterminés par les incendies, volontaires ou non, par les insecticides agricoles. Au niveau mondial, il y en aura toujours, mais localement, leur nombre régressera tellement qu’ils ne seront plus suffisants pour jouer leur rôle de recyclage des matières végétales, de nourriture pour d’autres espèces, ou pour la régénération des sols. Personne ne chasse les abeilles et pourtant elles disparaissent et nous y somme certainement pour quelque chose Elles ne sont pas protégées par vos mécanismes économiques. Leur monde est fini.
Quant à l’innovation qui permettra de trouver des alternatives aux aliments qui sont entrain de disparaitre, on peut faire confiance aux industriels pour trouver des solutions. Les hommes qui auront les moyens de se les payer (dans les pays développés) pourront manger des aliments à base d’insectes, des steaks végétaux, des produits conçus à partir d’algues cultivées dans des réacteurs biochimiques etc …
Dans le film Soleil Vert, les hommes contournaient la disparition des poissons dans les océans en se nourrissant des cadavres humains.
Je n’ai pas envie de vivre dans votre monde infini, monsieur Silberzahn.
« Dans le film Soleil Vert » : je vous rassure tout de suite, vous ne vivrez pas « dans le monde de Soleil Vert ». Parce que c’est une fiction, un film, dérivé d’un roman, fruit de l’imagination d’un romancier. Le but n’était pas d’être crédible, mais
1) de créer des émotions de nature à générer un chiffre d’affaire le plus élevé possible,
2) de promouvoir l’orientation politique de l’auteur.
Ça me rappelle un prof de littérature de mon enfance qui, commentant « Germinal », disait « dans la réalité ». Il n’a que modérément apprécié que je lui rappelle qu’il s’agissait d’un roman… Ce n’est d’ailleurs que bien plus tard que j’ai appris que les mineurs s’étaient senti trahis par « le Monsieur de Paris », pour cause de primauté de sa « cause » politique sur la vérité.
Alors, quel besoin de s’égarer dans l’imaginaire ? La crise du Guano (car c’en était une) est une réalité, qui a fait disparaître les derniers cap-horniers (ceux que les U-boot n’avait pas coulé), ruiné des ports et toute une une filière industrielle. Et ça, c’est pas du caca d’oiseau, mais la réalité !
Vous avez suivi les progrès des végans ? Qui voudra encore manger du poisson dans 30 ans ? Sans aller jusque là, vous souvenez vous du raz-de-marée qui a balayé l’océan indien il y a quelques années ? Les pécheurs locaux se sont rapidement remis au travail (nous leur avions offert des bateaux) mais plus personne n’achetait leurs poissons, par dégout de ce que (plus exactement, « de qui ») les poissons avaient pu manger.
À contrario, les pêcheurs de la Manche et et de la Mer du Nord ont fait des affaires d’or durant « les 30 glorieuses ». Un peu parce que la pêche avait stoppé durant 5 ans (les « écolos bizounours » ne vont pas plus loin…) et beaucoup parce que de grandes quantités de protéines leur sont « tombées dessus » de la surface. Souvent, avec de petits morceaux de métal à l’intérieur.
Vous êtres d’une famille ou l’on aime le poisson ? Alors, vos parents ou vos grand parents ont « mangé de l’humain », par poisson interposé (les hindous, eux, n’en n’ont pas voulu). La réalité a beaucoup plus d’imagination que n’importe quel romancier. Chercher le futur dans « Soleil Vert » est une perte de temps.
Bonjour,
En lisant votre article, j’ai le sentiment que vous posez l’hypothèse suivante : un monde qui semble physiquement fini est économiquement infini de par la survenue d’innovations qui révolutionne la demande et donc la tension sur une ressource physiquement limitée.
Vous le démontrez au travers de l’exemple du guano. Mais la démarche scientifique consisterait plutôt, selon moi, à rechercher des contre-exemples à votre hypothèse. Chaque contre-exemple permettant d’affiner cette dernière, de la limiter ou de l’invalider totalement.
Je n’ai pas pris moi-même le soin de chercher mais auriez-vous des contre-exemples dans lesquels on voit une ressource physiquement limitée être exploitée jusqu’à son épuisement total sans qu’aucune innovation n’ait révolutionné la demande avant ?
Merci par avance,
Bonjour,
En lisant votre article, j’ai le sentiment que vous posez l’hypothèse suivante : un monde qui semble physiquement fini est économiquement infini de par la survenue d’innovations qui révolutionne la demande et donc la tension sur une ressource physiquement limitée.
Vous le démontrez au travers de l’exemple du guano. Mais la démarche scientifique consisterait plutôt, selon moi, à rechercher des contre-exemples à votre hypothèse. Chaque contre-exemple permettant d’affiner cette dernière, de la limiter ou de l’invalider totalement.
Je n’ai pas pris moi-même le soin de chercher mais auriez-vous des contre-exemples dans lesquels on voit une ressource physiquement limitée être exploitée jusqu’à son épuisement total sans qu’aucune innovation n’ait révolutionné la demande avant ?
Merci par avance,
« Et bien moi, j’ai besoin de croire que nos ressources sont finies, car j’ai bâti ma carrière administrative et politique là dessus. C’est pourquoi je vais interdire toute innovation, afin d’avoir raison ! Il ne faudrait pas qu’une innovation non planifiée me donne tort, et j’ai d’ailleurs inventé le « principe de précaution » dans ce but précis. »
Vous croyez que, parmi nos « décideurs », il s’en trouve d’assez cyniques pour le penser consciemment ? D’ailleurs même si c’est inconscient, ce genre de masochisme malthusien peut faire du dégât, du moins localement car d’autres vont de l’avant…
Il n’y a hélas pas de solutions techniques aux problèmes de la disparition des écosystèmes terrestres. Les stocks de poissons comme la sardine ou la morue ne sont jamais réapparus.
La résilience des écosystèmes a des limites mais la recherche du profit non…
Vous avez supprimé ma dernière publication, c’est un fait qui interroge… Vous même ne souhaitez pas informer mais faire valoir votre point de vue. Aujourd’hui il y a des micros plastique dans toute la biosphère jusqu’à passer dans le placenta et on en retrouve aussi dans le sang et dans l’air de façon aéroportée. La technologie est à la base de cet effondrement des milieux et du vivant et non l’inverse.
On peut constater des dégâts sans pour autant conclure qu’ils sont irréparables. Je ne supprime aucune publication sauf insultante, et je ne me masque pas derrière un pseudo, moi.
Bonjour Monsieur Silberzahn
Merci pour ce post très éclairant sur une vision qui nous pousse vers une catastrophe annoncée mais qui « éludent complètement la nature du problème soit par ignorance, soit pour faire avancer un agenda » économique.
Votre postulat peut être : L’économie de marché est parfaite, la loi du prix basé sur l’offre et la demande permet d’anticiper et de connaitre l’état des réserves, l’augmentation du prix indiquant la rareté d’une matière et nous faisant automatiquement basculer sur une alternative plus économiquement viable…
Seulement les acteurs du marché sont loin d’être rationnels et le prix n’est pas un indicateur fiable de l’état de réserve d’une matière première, sinon pourquoi en 2007 le pétrole s’est envolé et surtout pourquoi est-il reparti à la baisse ?
Si l’on suit la loi de l’offre et de la demande, La demande évoluant à la hausse constamment, une fois le plus gros des réserves facilement exploitables découvertes et exploitées, comme c’est le cas pour le pétrole depuis la fin 90, nous devrions avoir une tendance haussière régulière : les réserves s’épuisent au fur à mesure de leurs consommations , avec quelques minimes variation – découverte de nouveaux gisements conventionnels (qui seront plus petit) ou de gisements importants mais difficile d’exploitation ou des pétrole ‘alternatif ‘ comme les pétrole bitumeux ou l’extraction par fracture hydraulique, mais qui ont un prix d’exploitation supérieur, et donc n’ont pas d’impact majeur sur la tendance haussière que nous devrions voir.
Hors l’unique observation que l’on peut faire est qu’il s’agit d’un marché très volatile, géré par des acteurs peut rationnels et très spéculatif qui rendent difficile la sacrosainte théorie d’un marché rationnel prédictif et capable de se réguler.
Mais admettons et donc nous avons
« Les réserves disponibles diminuent, le prix va augmenter. Ce prix va diminuer la demande, et la reporter vers des énergies alternatives »
Quelles énergies alternatives ? Ou mieux quelles sont les alternatives que les économistes comme vous ont étudiés, diagnostiqués et sélectionnés, parce qu’il est simple de dire que l’on a des alternatives, mais encore faut-il que ce soit vrai au niveau physique tant de par leurs maturités, leurs capacités à être déployer en masse, leurs cout, et les disponibilités de toutes les ressources nécessaires à leurs fabrication.
Prenons le cas ou d’un monde de pétrole nous passons à un monde « électrique » avec un mix énergétique composé d’un peu de gaz, de nucléaire de beaucoup d’hydraulique, de photovoltaïque et d’éolien donc tous les moyens de production et de transport sont électrifiés … selon le rapport ‘The Role of Critical Minerals in Clean Energy Transitions’ de l’Agence Internationale de l’Energie (mai 2021) cette transformation engendre une consommation extrêmement importante de matières premières comme le Cuivre, le lithium, le Nickel, …. Les besoins sont supérieurs aux réserves existantes connues…donc on va voir le prix du cuivre par exemple, évoluer à la hausse jusqu’à reporter la demande vers une alternative…. Si économiquement cela vous semble possible, physiquement nous risquons d’avoir des difficultés pour trouver une alternative au cuivre, au nickel, au lithium, ect….
Le marché de l’eau comme matière première n’existe pas à proprement parlé, mais si c’était le cas nous serions dans le même cas que pour toute les autres ressources. Comme malheureusement, cette ressource elle aussi commence à avoir des problèmes d’approvisionnement critique, alors qu’elle est l’alternative ? les limites physiques des ressources n’étant que des sophismes dans un monde en croissance infini pour le meilleur…. Que devrons nous boire quand la croissance aura porté à un appauvrissement des réserves d’eau potable ?
Je reviens sur votre commentaire 4 juillet 2022 à 14:32
« Vous avez raison: les énergies alternatives ne sont ni vertes ni viables et c’est un vrai problème. Mais il est probable que l’innovation va résoudre ce problème, même si ça prendra du temps. je ne comprends pas le « nous n’avons pas le temps » »
Vous ne comprenez pas « nous n’avons pas le temps » je vous invite à lire les derniers rapports du GIEC IPPC-AR6 WGI et II de voir le site de l’université de Stockholm (Stockolm Resilience Center) https://www.stockholmresilience.org/ pour avoir une vision de l’état générale de notre planète, des conséquences sur notre environnement (à lire comme « sur l’habitabilité de la terre pour notre espèce et une grande partie des espèces vivantes que nous connaissons »).
Je vie en Italie, avec +1,2°c de réchauffement on commence à percevoir les effets du réchauffement climatique d’origine anthropique de plus en plus clairement.
Le fleuve du Po’ est quasiment à sec, et nous ne sommes qu’au début juillet. Déjà aujourd’hui des régions entières d’Italie sont en état d’urgence pour la sécheresse. Malheureusement ce n’est pas un épiphénomène
Une grande partie des glaciers des alpes disparaîtra dans les 20 prochaines années et 90% avant 2100. La neige sera toujours plus rare et les conséquences sur les grands fleuves Européens seront toujours plus visibles en particulier avec des débits toujours moins importants en été.
Je vous laisse imaginer les impacts sur l’agriculture et la consommation d’eau potable, mais aussi sur la disponibilité énergétique (les centrale hydroélectriques auront des rendements faibles ou nul, avec des débits insuffisants les centrales électriques (Nucléaire, gaz, charon, …) ne peuvent pas fonctionner, comme les sites industriels de production de la chimie, pétrochimie, …. Les impacts seront toujours plus importants et malheureusement nous avons au mieux une 15 d’années pour prendre des mesures sérieuses qui seront d’ordre technologiques, d’organisation de nos systèmes de société, d’échange commerciaux ect… pour restructurer nos société afin de les rendre compatibles avec notre environnement.
Vous parlez de « décroissance totalitaire » et je suis d’accord sur le fait que le totalitarisme n’est pas une solution, mais je pense qu’il est de votre devoir de prendre sérieusement en compte les limites physiques de notre monde. Si le totalitarisme de la décroissance n’est pour le moment qu’une vue de l’esprit, la croissance infini dans un monde fini est une illusion. Et malgré les mises alertes répéter depuis les années 1970 cette illusion c’est transformée en pensée unique ce qui n’est pas mieux à mon avis que le totalitarisme que vous dénoncez. Les sciences économiques doivent, on me devoir, d’insérer les variables environnementales et sociales et de participer activement au changement de nos systèmes.
Cordialement
Eric Gleichsner
Bonjour,
J’ai un peu de mal à saisir le fil de votre post. Au final, que voulez-vous dire ?
Il n’y dans l’article de M. Silberzahn aucune négation du fait que les activités humaines ont des impacts sur la planète/l’environnement/les conditions de vie/la Nature… Ni qu’il y a, et aura, des impacts négatifs, dangereux, nuisibles.
Ce n’est pas le propos de l’auteur.
Son propos, à mon avis, est plutôt de lutter contre ce fatalisme pessimiste ambiant, propre à notre partie du monde humain (en le disant vite, « l’Occident », ou bien les pays les plus développés), quand il est généré par des conceptions, des visions, des paradigmes, des modèles mentaux, qui enferment et oublient une partie du réel.
De votre message je ne prendrai qu’un exemple, pour généraliser :
« Que devrons nous boire quand la croissance aura porté à un appauvrissement des réserves d’eau potable ? »
La réponse est : nous boirons toujours, mais notre gestion de la ressource « eau potable » aura changé. Ce sera peut-être plus difficile d’en obtenir, et donc nous y consacrerons plus d’efforts. Nous réduirons les dépenses en eau, en changeant la hiérarchie des besoins, en priorisant, en développant des alternatives (de culture, par exemple).
Pensez-vous que des milliards d’êtres humains se résigneront à mourir de soif ? Ou bien pouvons-nous réalistiquement penser que ces humains lutteront, feront tout leur possible, pour continuer à boire, au prix d’efforts et de changements de comportement ?
Si vous me dites : « oui, mais il y aura des laissés pour compte, certains mourront ou seront défavorisés etc. », je vous invite à faire une plongée dans l’Histoire de l’humanité, puis d’aller vivre dans un pays moins favorisé que l’Italie ou la France. Des laissés pour compte, des tragédies humaines, il y en a encore, tous les jours, partout. Les humains se sont répandus et ont proliféré grâce à leur capacité d’adaptation hors du commun, et ce n’est pas avec un discours et une vision catastrophiste que nous améliorerons les choses.
Au final, il s’agit non tant pas de se déchirer sur différentes visions de la « réalité », que d’envisager l’avenir comme création de possibles et non décadence fataliste.
Serviteur,
Bonjour monsieur DERBOULE
Merci pour votre message.
Qu’ai-je voulu dire dans mon post, simplement que nié les limites physiques dans lesquelles nous évoluons en nous cachant derrière un dogme économique « Mais à cela l’économiste répond aussitôt : non, si la demande persiste, et que les réserves disponibles diminuent, le prix va augmenter. Ce prix va diminuer la demande, et la reporter vers des énergies alternatives. Il va rendre plus rentables ces alternatives en incitant les investisseurs et les utilisateurs » avec pour corolaire que « Autrement dit, en tant que bien économique, le pétrole (ce qui est valable pour toute matière première) est infini. Or c’est la seule considération qui nous intéresse. » pour continuer à générer de la « croissance » donc de la richesse telle que nous l’entendons aujourd’hui, cela n’a pas de sens.
L’exemple de l’eau est un exemple par l’absurde, seulement pour démontrer qu’il n’y a pas toujours d’alternative…. de plus j’ai pris cet exemple également pour répondre à l’observation de » je ne comprends pas le « nous n’avons pas le temps » » car la dérive climatique en cours, engendrée par l’émission massive de gaz à effets de serre dû aux activités humaines les ressources hydriques seront sont tensions, et le temps joue contre nous, plus nous continuons comme si de rien n’était et plus cette dérive augmente ainsi que ses conséquences. Les capacités d’adaptation de l’espèce humaine sont comme pour les autres espèces du vivant, possibles à l’intérieur de limites environnementales définies, hors nous allons vers un monde physiquement inconnu ou certaines de ses limites seront dépassées. Innovation, technologie, richesse, …. Si les conditions physique de votre environnement ne permettent pas à votre corps de d’évacuer la chaleur, vous mourrez de chaud …. Hors le dernier rapport du GIEC montre clairement par exemple, qu’au niveau de l’équateur, si nous continuons d’augmenter les gaz à effets de serre, ces conditions se présenteront et il n’y a pas adaptabilité possible…. L’innovation technique ne pourra pas toujours répondre à tous les problèmes, et l’histoire est aussi pleine de promesses d’innovation qui ne se sont jamais réalisées.
Je ne suis pas fataliste ou pessimiste, mais je pense être réaliste quant à la situation actuelle en me basant sur des études et des rapports qui sont du domaine publique, réalisés par des experts reconnus et des organisations Internationale ou privé (Agence internationale de L’énergie, IPCC ou GIEC, BP, …..) et que cette situation nécessite un changement de paradigme. Je suis contre le point de vue de monsieur Silberzahn car c’est un discours qui conduit à l’inaction et sous-entend que nous ne devons pas nous préoccuper, continuons notre chemin de croissance infini, les innovations techniques nous apportera toujours une réponse. On peut se baser sur l’histoire du Guano, de l’aluminium, ect… Monsieur Silberzahn est plein de ressource, pour montrer les effets positifs de celles-ci, mais c’est oublier que souvent les innovations créent également de nouvelles problématiques de consommation d’énergie, de matière première et de pollution. Je suis née en 1970, je me souviens que le problème de la pollution, en particulier par les plastiques, a toujours été présent, et malgré toutes les innovations technologiques, de filière, d’utilisation, … cette pollution n’a fait que croitre de manière exponentielle sous l’effet de la croissance infini mais aussi sous l’effet rebond de ces innovations.
Un exemple d’effet rebond : J’augmente l’efficacité des moteurs thermiques ce qui abaissent la consommation des voitures et donc l’émission de CO2 mais l’effet rebond de cette innovation c’est l’utilisation de cette efficacité pour augmenter le poids des voiture et proposer des voitures toujours plus imposante (SUV) et donc annuler les effets positifs de cette innovation car la consommation et les rejets augmentent ace le poids du véhicule….
Dans votre réponse vous me dite « La réponse est : nous boirons toujours, mais notre gestion de la ressource « eau potable » aura changé. Ce sera peut-être plus difficile d’en obtenir, et donc nous y consacrerons plus d’efforts. Nous réduirons les dépenses en eau, en changeant la hiérarchie des besoins, en priorisant, en développant des alternatives (de culture, par exemple).
Pensez-vous que des milliards d’êtres humains se résigneront à mourir de soif ? Ou bien pouvons-nous réalistiquement penser que ces humains lutteront, feront tout leur possible, pour continuer à boire, au prix d’efforts et de changements de comportement ? »
Je suis d’accord avec vous, face à une urgence il va falloir changer la hiérarchie des besoins, il faut que l’on change de comportement, il faut que l’on fasse des efforts. Il faut changer de modèle. Intégrer les réalités physiques dans l’économie, mesurer l’impact de nos actions, de la création de richesse, sur notre environnement afin d’avoir des nouveaux indicateurs qui nous permettrons d’orienter nos politiques, nos sociétés vers des modèles plus soutenable, avec moins de pression sur l’environnement. Pour moi ceci serait une innovation majeure et pertinente. Surement que ce serait la fin de la croissance telle que nous la connaissons aujourd’hui est mesurée uniquement sur le PIB.
Mais cela ne veut pas dire que l’on ne pourrait pas avoir une autre croissance basée sur des indicateurs de bien-être/ environnementale / économique.
Ce changement de société que je pense souhaitable c’est aussi de l’innovation, et il oui encore une fois d’accord avec vous l’avenir est une création des possibles. L’économie est un pilier fondamental de nos sociétés moderne, on interroge les économistes sur tous les sujets de marché, de société, politique, environnementale,… Ils ont un rôle primordial à jouer pour faire face aux crises environnementales qui sont en actions mais cela passe par un Big Bang de la pensée économique.
Les propos de l’article de Monsieur Silberzahn sont sur ce point conservateur, sans aucune remise en question des principes économiques qui favorisent les crises actuelles.
Si la décroissance veut dire changer la vision de la croissance économique en intégrant les données d’impact physique de l’action humaine dans l’économie, alors je le répète pour moi c’est cela l’esprit d’innovation et d’adaptabilité.
Nous ne serons surement pas d’accord sur tout, mais il est important d’échanger
Cordialement
« Que devrons nous boire quand la croissance aura porté à un appauvrissement des réserves d’eau potable ? » disiez-vous ?
Comme maintenant : vous boirez de l’eau qui a transité dans la vessie d’un diplodocus. Ou ce qui en tient lieu chez les ammonites. Probablement plusieurs fois.
À l’avenir, il faudra juste ajouter les chinois au détenteurs de vessies du passé… Les écolocrates semblent croire qu’une eau « polluée » est perdue à tout jamais, comme si elle avait disparu de la terre. Il est vrai que ça simplifie les modèles sur leur tableur et donne de l’impact au « message politique ».
Ce qui est vrai pour les ressources ne l’est pas pour la bio diversité qui subit une extinction massive, ni pour le réchauffement de l’atmosphère…
L’énergie n’est pas le problème majeur pour le moment…
J’ai rarement vu un article aussi bete sur les ressources et l energie.
Notre civilisation thermo-dynamique repose entierement sur le petrole (et les autres fossiles dans une moinre mesure) car il est a des caracteristiques uniques qu’aucune autre source n’a et c’est bien pour ca que nous n’arrivons pas a nous en passer. Le petrole est la seule energie qui presente ces proprietes alors on peut faire sans mais ca s’appelle la societe pre industrielle et ce n est pas vraiment ce que j’appellerais une adaptation mais un mechant collapse car dans l intervalle on a totalement ou presque sabote nos sols qu’on arrive a peine a maintenir productif a grand renfort d’engrais (faits avec du fossile).
Le probleme des gens comme vous c’est que vous brassez des mots sans les comprendre: vous n’avez ni les ordres de grandeurs, ni la physique en tete, c est typique des personnes qui viennent des humanites, aucun ancrage dans le reel.
Pendant ce temps, les economistes nous rabachent les oreilles avec des theories fumeuses sur la transition et le signal prix sauf que les data elles s’en moquent ca fait des decennies que les fossiles representent 80% ou plus : pour chaque GIgaWatt de moulin on ajoute encore plus de fossile.
Mais l’aventure russe (que la aussi vous n’avez pas comprise) va etre un beau test de ces theories fumeuses: y a un signal prix je crois?
On va voir comment l’industrie allemande va s adapter …
Lâchement caché derrière votre pseudo, vous m’insultez sans me connaître.
Cher Philippe, j’avais trouvé cet article admirable au moment de sa parution et l’avait partagé. Je découvre en repassant dessus (je viens de le repartager), à quel point les réactions montrent des esprits peu disposés à remettre en question leurs modèles mentaux (ce qui est difficile), mais aussi et surtout, je crois, la doxa ambiante. Car oui on leur a mis en tête des éléments de logiques et de langages qui SONT liés à un agenda politique décroissant, d’extrême-gauche. ça pique forcément un peu quand on le questionne. Bravo encore pour cet article
Aujourd’hui l’effondrement des populations d’animaux n’est pas en relation avec l’augmentation du CO2 atmosphérique. C’est plutôt un problème de rapport au vivant. Les stocks de Sardines, de morues et on pourrait multiplier les exemples ne sont jamais réapparus malgré la réorientation des pêcheries vers d’autres espèces. Vos exemples démontrent juste que les écosystèmes présentent une forme de résilience si on les laisse tranquille avant qu’ils ne soient complètement détruits. La technologie n’est pas nécessaire et ne permets pas hélas de restaurer les écosystèmes. Aujourd’hui il y a du plastique dans l’eau, dans la terre, aéroporté dans l’air également, on en retrouve aussi dans le sang et également dans le placenta humain. Bref il y a un moment où l’optimisme n’aide pas à la prise de conscience et où il faut prendre la littérature scientifique au sérieux.
« La technologie n’est pas nécessaire et ne permets pas hélas de restaurer les écosystèmes. » bien-sûr que si même si ce n’est pas bien-sûr le seul moyen, heureusement.
Ĺ’article est tendancieux. Il élude un fait qu’il détaille par ailleur : face à une penurie programmée il y a nécessité de developper des alternatives pour couvrir le besoin ou que le besoin disparaisse. Tous les exemples développés dans l’article soulignent bien que si la ressource n’est pas épuisée, le temps pour l’employer, lui, l’est. Il y aura donc un après pétrole avec certitude. C’est une autre forme incontoirnable de finitude qui prend le relai.
« Il y aura donc un après pétrole avec certitude. » peut-être, peut-être pas, comment peut-on en être certain?
Vous êtes professeur de stratégie d’entreprise il me semble. Que pensez-vous d’un dirigeant qui raisonnerait comme vous? Inch’Allah! On verra bien. Diriger, c’est prévoir sur la base de faits établis, pas s’en remettre au hasard ou à la chance, non?
Vous m’avez mal lu. Jamais je n’ai dit m’en remettre à la chance.
Et comment allez vous extraire les matières premières nécessaires aux énergies alternatives ? Avec du guano?
Ajd toutes les énergies alternatives sont viables tant que les subventions pleuvent et que le pétrole reste relativement abordable..
Je ne pense pas qu’il s’agisse de débattre ou non de la finitude de pétrole par des pirouettes intellectuelles . Le fait est que cette ressource est epuisable, qu’elle est à la base de tout nos échanges physiques et économiques, et que nous n’avons pas le temps de compter sur une nouvelle technologie providentielle qui viendrait tout résoudre. Brf, les démonstrations de Mrs jancovici, barreau, Keller sont assez implacables sur le sujet. La physique élémentaire n’est pas une opinion c’est un fait, n’en déplaise aux économistes.
Bien cordialement,
vous avez raison: les énergies alternatives ne sont ni vertes ni viables et c’est un vrai problème. Mais il est probable que l’innovation va résoudre ce problème, même si ça prendra du temps. je ne comprends pas le « nous n’avons pas le temps ».
Il est vrai que l’on peut considérer n’importe quoi comme des ressources, et donc dire que notre planète est une source limitée uniquement par notre créativité, puisqu’il s’agit d’un concept relationnel. Cependant, il est aussi vrai que le dérèglement climatique est dû à l’intensité de l’activité humaine. La vraie question est de savoir si changer la forme de l’activité humaine est suffisant ou s’il est nécessaire de réduire son intensité pour que la terre reste vivable. « et ceux qui prétendent le contraire éludent complètement la nature du problème soit par ignorance, soit pour faire avancer un agenda d’ordre politique. »
oui – mais nous changeons l’activité humaine en permanence. Il ne faut pas faire croire que rien ne se passe sans un big bang totalitaire. Il se passe énormément de choses en innovation liée de près ou de loin à l’énergie.
Bonjour,
Je partage votre loi du prix qui dit qu’ils vont augmenter quand la ressource va se raréfier, ce qui va faire que les dernières ressources en pétrole ne seront pas utilisées.
Mais peut-on être sûr que l’homme va trouver une autre source d’énergie pour remplacer le pétrole à temps ? Peut-être va-t-on atteindre les limites de ce que l’homme peut inventer avec son intelligence finie.
Et pour se donner le plus de temps possible pour trouver une autre énergie pour remplacer le pétrole, il aurait été mieux que le signal prix du pétrole arrive plus tôt. On n’est pas à l’abris que tout le système se grippe si le prix du pétrole se met à augmenter trop vite.
Du coup, pour maximiser les chances de développer l’énergie d’après, il est mieux de bien considérer que les ressources en pétrole sont finies. Votre affirmation comme quoi il est infinie est dangereuse.
Bonjour: non on n’en est pas sûr effectivement! Sauf qu’il y a déjà plein d’alternative, c’est pour ça qu’on parle de mix énergétique. Ce n’est pas donc du tout ou rien. L’idée est précisément que cette diversité permet des ajustements. Le pétrole ne peut pas augmenter « trop vite », car une forte hausse se détruit elle-même, du moins à court terme (cf 2007). L’autre idée est que quitte à faire un pari, je préfère faire celui de l’innovation que de la décroissance totalitaire.
Merci beaucoup pour cet article essentiel qui montre qu’une partie des raisonnements des militants écolo est construit sur une prémisse fausse.
Bonjour,
Merci pour vos propos optimistes qui tranchent avec l’état d’esprit dépressif qui touche l’occident. Nous avons besoin de gens comme vous pour remobiliser les français et avancer au lieu de toujours nous plaindre et attendre des solutions venant des politiques et de l’état.
Inversement, la valeur économique pourrait-elle contribuer à la finitude lorsqu’elle est désirée ?
Dans cet objectif on a vu apparaître la valorisation économique d’espèces envahissantes dans plusieurs filières : opossum en Nouvelle-Zélande (alimentaire et textile), carpe asiatique pour aliment pour chiens (Wilder Harrier, Chippin, RootLab, Pezzy).
Pas persuadé que l’impact soit significatif au-delà de l’effet d’image et de la bonne conscience provoquée.
La question intéressante sur la finitude n’est-elle pas plutôt celle de la rupture brutale potentielle qu’amènera la hausse des prix dont vous parlez, faute de s’y être préparés ? L’avenir dira si nos ressources fossiles actuellement productives seront remplacées par d’autres types de ressources aussi productives. Jusqu’à preuve du contraire, faute d’alternative globale et pérenne aujourd’hui, décroissance & changements radicaux de nos comportements semblent inévitables, plus comme une conséquence que comme une nécessité.
oui il peut effectivement y avoir des comportements non linéaires. Mais on ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’alternative, et absolument RIEN n’est inévitable. C’est justement l’idée que je conteste.
Une fois qu’on a dit que rie’ »est inévitable, on n’a pas dit grand chose… La physique de l’énergie et en particulier l’indicateur de l’énergie investie pour retour énergétique (EROIE en anglais) permet une analyse intéressante et de quasi affirmer qu’il n’y a pas d’énergie permettant un coût aussi bas que le pétrole actuel.
Malheureusement ce que vous avancez et croyez est déjà démenti par la science. Dans les rapports du GIEC, le consensus rassemblé dit qu’il y a déjà 3 processus inéluctables à nos échelles de temps (ca rebougera mais sur des siècles ou millénaires soit bien au-delà de vous et moi) : il n’y a donc pas de technologie pour
– écoper l’océan (la hausse du niveau des mers est crantée pour longtemps, il nous reste à décider de l’amplitude),
– reformer les glaciers (certains sont partis à la fonte pour… )
– refroidir l’océan et c’est lui qui absorbe le plus d’énergie depuis qu’une partie des homo sapiens a amplifié l’effet de serre (et continue de le faire).
Ca devrait nous rendre un peu plus humble. Sur les autres conséquences du changement climatique (et elles sont nombreuses), les choix que nous feront détermineront sur des échelles de temps humaines, l’intensité et la fréquence des ces événements extrêmes. Bonne nouvelle.
Pour rappel, la Californie qui n’est pas le tiers monde ou sans chantre de la techno, n’arrive pas à éteindre les méga-feux, au mieux elle les contient et protège les populations (idem Canada, Russie, Australie, France…).
Attention au mythe de la techno… elle le peut pas tout et il serait bon de se le rappeler vite.
Dans la synthèse aux décideurs du 6 eme cycle d’évaluation du GIEC du premier groupe (bases physiques du changement climatique) : d’ici 2300, on ne peut pas exclure entre 2m et 15m de montée des eaux. Bon courage aux suivants, au commerce international, au vivant, etc… vous me répondrez qu’on sera déjà sur Mars n’est ce pas ?
Dommage de vouloir terraformer Mars alors qu’on « marsifie » la Terre.
Toute production doit déboucher sur une consommation. Or, la capacité de consommation est finie, pour une population donnée. En effet, toute consommation exige du temps et de l’espace. Le temps est limité à 24H par jour par personne et l’espace domestique est variable, mais limité pour chacun. La croissance sans limite de la consommation est impossible.