Quel leadership dans un monde incertain? A propos de la vision

La plupart des spécialistes du leadership partagent une conception remarquablement similaire: le leader, expliquent-ils, doit combiner deux compétences: il ou elle doit d’abord être capable de définir et d’articuler une vision cohérente; il ou elle doit ensuite être capable de mobiliser des gens qui vont suivre et s’approprier cette vision et idéalement s’identifier avec celle-ci. La première compétence se rapporte à la conception et à la communication, tandis que la seconde est de l’ordre des relations interpersonnelles. Si elle est prévalante aussi bien dans l’enseignement que dans le monde du conseil et bien-sûr dans celui des organisations, cette conception devient pourtant obsolète dans un monde incertain.

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Le chaos ou l’erreur: Peut-on se passer de prédiction?

La plupart des outils de management et de prise de décision repose sur l’idée que notre environnement est largement prédictible. C’est inexact et les conséquences sont parfois très importantes. Toutefois, la solution ne peut résider dans un abandon pur et simple de la prédiction, car les contraintes de la prise de décision font qu’elle reste nécessaire dans de nombreux contextes, malgré les risques évidents qu’elle crée. Que faire?

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Téléchargez le chapitre introductif de mon nouveau livre « Bienvenue en incertitude! »

Mon nouvel ouvrage « Bienvenue en incertitude!  Principes d’action pour un monde de surprises » sortira dans quelques jours. Vous pouvez télécharger le chapitre introductif via le lien en fin de page. Bonne lecture!

Présentation de l’ouvrage

Faillite de Lehmann Brothers et crise de 2008, Printemps Arabe, crise grecque, émergence de Daesch, accident de Fukushima, disparition de Nokia, Brexit, élection de Donald Trump et d’Emmanuel macron, la liste n’en finit pas d’événements que nous n’avons pas été capables de prévoir et ce malgré des moyens parfois très importants.

Dans un monde de surprises, qui change radicalement et devient toujours plus incertain, il n’est pas possible de prédire l’avenir, et ceux qui s’y risquent s’exposent tôt ou tard à une catastrophe. Et pourtant, les outils de décision que nous utilisons reposent tous sur un paradigme prédictif. Ils restent ancrés dans la civilisation de la révolution industrielle née il y a 150 ans. Il est grand temps de les réinventer entièrement pour le nouveau monde. Mais pour proposer de nouveaux outils, il faut d’abord repenser notre appréhension de l’environnement.

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Décision en incertitude: comment le contexte historique limite les options possibles

Les théories de la décision partent toujours du principe que le décideur considère toutes les options possibles de manière rationnelle et équivalente, et est libre de choisir celle qu’il estime être la meilleure, sur la base de ses seuls mérites. C’est très loin d’être le cas. En réalité, il est contraint par le contexte dans lequel il agit, qui réduit parfois considérablement les options envisageables et amène à un choix forcé qui n’est ni optimal, ni même dans son intérêt. Regardons-le avec un exemple historique, celui de l’engagement américain au Vietnam.

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Effectuation: Pourquoi la décision entrepreneuriale est de nature créative

On admet facilement que les entrepreneurs sont créatifs. On parle d’ailleurs de « créateurs » d’entreprise, mais on ne sait pas vraiment pourquoi. On imagine simplement qu’étant entrepreneurs, ils doivent nécessairement être créatifs. Or la créativité des entrepreneurs ne vient pas de qui ils sont, aucune étude ne montre qu’ils sont naturellement plus créatifs que les autres, mais de ce qu’ils font. C’est la prise de décision entrepreneuriale qui est créative.

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Nassim Taleb et l’incertitude: Fragile, robuste et antifragile

L’ouvrage de Nassim Nicholas Taleb, « Antifragile », venant à la suite de l’excellent « Cygne noir« , était très attendu. Taleb y revisite nombre de ses thèmes favoris et en développe un en particulier: la notion d’antifragilité, un néologisme qu’il crée pour l’occasion. Selon lui, le modèle dominant de prise de décision, et de stratégie en général, est basé sur la prédiction. Or la stratégie prédictive nous rend fragiles, car si la prédiction ne se réalise pas, la stratégie ne fonctionne pas et le coût peut être très important (échec d’un produit, d’une fusion, retrait d’un marché, etc). Or nous sommes très mauvais en prédiction: non seulement la crise actuelle n’a été prévue par presque aucun des ‘experts’, mais on peut même arguer – et Taleb ne s’en prive pas – qu’elle résulte précisément de l’approche de ces experts, prédictive et basée sur des hypothèses épistémologiques profondément erronées (par exemple celle selon laquelle nos systèmes sont caractérisés par une distribution normale ou gaussienne, niant ainsi la possibilité d’évènements de faible probabilité et à fort impact, que Taleb nomme ‘cygnes noirs’).

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