Ce que l’uberisation révèle des peurs françaises

Un spectre hante la France: le spectre de l’uberisation, transformation accélérée de secteurs entiers par la révolution technologique. La journée du 25 juin aura vu une profession entière, celle des taxis, prendre en otage un pays, et un gouvernement, terrifiée par la perspective proche de la fin-même de son existence. Cette peur de l’uberisation révèle, plus profondément, une peur bien française de l’avenir.

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Innovation: La démocratisation des outils est le vrai facteur de rupture

Chaque fois que je présente les MOOCs sur lesquels je travaille (le MOOC Effectuation et le MOOC IDEA), la question vient toujours: « Combien ça coûte? ». Aujourd’hui il existe un consensus pour évaluer le coût de production d’un MOOC à environ 50K€ (entre 20K et 100K selon les estimations et les moyens mis en œuvre). Clairement, cela réserve les MOOC à une petite élite. Pourtant, cette estimation est trompeuse car elle repose sur une erreur trop souvent commise, celle de juger le nouveau avec les critères de l’ancien. Examinons cela plus avant.

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L’innovation de rupture ce n’est pas l’avantage au premier entrant

La théorie de la rupture permet d’éclairer d’un jour nouveau la question de l’avantage au premier entrant (first mover advantage). L’avantage au premier entrant est une théorie qui stipule que le premier entrant sur un nouveau marché bénéficie d’avantages lui permettant d’en prendre le leadership et de résister efficacement à l’entrée de concurrents tardifs. En énonçant que le principal facteur de compétitivité est l’ordre d’arrivée sur un marché, cette théorie recommande d’aller le plus vite possible pour y être le premier. Or cette théorie est fausse, et la théorie de l’innovation de rupture, proposée par Clayton Christensen, explique pourquoi.

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La réaction face à une rupture: L’importance de la dimension temporelle

J’ai plusieurs fois évoqué les difficultés qu’ont les entreprises établies à répondre à une rupture de leur environnement. L’une des raisons est que du point de vue de leur modèle d’affaire existant, la rupture n’a aucun sens car elle remet précisément en question ce modèle, ce qui est très difficile à accepter dans la mesure où celui-ci assure leurs revenus actuels. Dit autrement, le conflit de modèle d’affaire fait que pour l’entreprise existante, l’opportunité offerte par la rupture n’est pas attractive. Mais il y a une difficulté supplémentaire qui a trait à la nature particulière de la rupture, à savoir la dimension du temps. La rupture met du temps à produire ses effets, et cela peut donner l’illusion à l’entreprise qu’elle a le temps d’y répondre. Regardons comment fonctionne ce mécanisme au travers d’un exemple: Kodak.

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Innovation de rupture: L’importance de prendre en compte la réaction de l’acteur en place

La théorie de la rupture proposée par Clayton Christensen énonce que les acteurs en place réussissent face aux nouveaux entrants en situation d’innovation incrémentale (ou continue), et échouent en situation de rupture. Le corollaire est que si un nouvel entrant attaque un acteur établi sur son terrain, il a de bonne chances d’échouer. Il existe des exceptions à cette théorie qu’il est intéressant d’étudier.

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L’innovation de rupture n’est pas une approche « Océan Bleu »

J’ai déjà montré les limites de la stratégie dite « Océan Bleu » dans un article précédent, mais je voudrais dans ce qui suit aborder le lien entre cette théorie et celle de la rupture proposée par Clayton Christensen. L’innovation de rupture est justement associée à création de nouvelles sources de croissance pour les entreprises, et notamment de nouveaux marchés. A ce titre, elle est souvent associée à l’approche « Océan bleu ». Regardons pourquoi ce n’est pas exact et en quoi cette association erronée est dangereuse.

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Les dangers d’une orientation client en situation de rupture: L’ignorance des non-consommateurs

Aucun dogme n’est aussi fermement établi que l’impératif d’être « orienté client ». Après tout c’est évident: coller au plus près des besoins de nos clients est la garantie de maintenir notre avantage concurrentiel. Pourtant, en situation de rupture, une trop grande attention aux besoins exprimés des clients peut entraîner des effets pervers, notamment celui d’ignorer les clients intéressés par la rupture.

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