La secrétaire va vous recevoir dans un instant – Ce qu’une visite chez un ophtalmo enseigne sur la démocratisation permise par la technologie

Une visite chez un ophtalmologiste peut, pour le patient un tant soit peu observateur, se révéler plein d’enseignements sur l’impact de l’innovation technologique sur l’avenir et la médecine et des médecins, et sur sur la façon dont la réglementation empêche l’innovation.

D’abord, à mon arrivée, la secrétaire, après m’avoir demandé ma carte vitale, me fait passer un premier examen. Tout est automatique; Je pose mon menton sur une machine, et voilà. En quelques secondes c’est terminé. En lisant de travers, j’apprends qu’il s’agit d’un tonomètre (appareil mesure de la pression oculaire). Les résultats sont envoyés à l’ordinateur. Quelques minutes après, je suis reçu, non pas par le médecin, mais par un technicien qui me fait une batterie de tests pour voir comment ma vision a évolué depuis la dernière fois. Là encore, tout est quasiment automatisé, et le reste est totalement routinier; les résultats sont là aussi envoyés à l’ordinateur. Parfaitement huilé.

Retour dans la salle d’attente. Dix minutes après, le médecin me reçoit. Il consulte les résultats sur son écran. Un examen de quelques secondes des deux yeux, trois questions, une ordonnance, et c’est terminé. Je suis resté moins de cinq minutes dans son bureau.

Cette visite m’inspire deux choses. La première, c’est qu’effectivement la majorité des actes sont purement routiniers et largement automatisés. Ils ne requièrent plus la science d’un médecin, mais la connaissance d’un technicien, voir celle de la secrétaire d’accueil. On voit ici la banalisation de la connaissance, et surtout comment la technologie encapsule cette connaissance pour la rendre utilisable par ceux qui ne la possèdent pas. Il y a dès lors un glissement inévitable dans l’ordre de ceux qui peuvent effectuer ces actes médicaux. Ce qui nécessitait un expert il y a dix ans peut désormais être fait par la secrétaire. Cela entraîne nécessairement une évolution des coûts (en l’occurrence une baisse) et une répartition différente de la valeur. On l’a déjà vu dans le cas du remplacement de hanche: dans les années 60, se faire mettre une prothèse nécessitait un chirurgien expert; de tels experts étaient très rares, l’opération était naturellement très onéreuse et surtout, le chirurgien captait près de 60% de la valeur de l’acte lui-même (il était la ressource rare). Aujourd’hui, cette opération est devenue banale, beaucoup plus facile et moins risquée grâce aux progrès des prothèses (mieux adaptées, plus faciles à poser et créant moins de problèmes post-opératoires). Elle peut donc être effectuée par des chirurgiens moins expérimentés; il existe même des cliniques spécialisées où les chirurgiens ne font que ça. Le résultat est un abaissement des coûts, et une augmentation de la qualité. Quant à la capture de valeur, elle a considérablement évolué: c’est désormais le fabricant de prothèse qui en capture la plus grande partie: celle-ci encapsule une large partie de la connaissance nécessaire pour que l’opération se passe bien.

La deuxième chose que m’inspire cette visite c’est que pour autant dans mon cas, le prix n’a pas baissé: 60€ la visite! Car en effet ce qui est frappant c’est combien l’intervention du médecin est inutile: trois minutes pour signer une ordonnance dont le diagnostic a été établi soit par des machines, soit par des techniciens. La raison de sa présence est simple, elle tient à la réglementation. Impossible d’avoir une nouvelle paire de lunettes sans ordonnance d’un ophtalmo. En pratique, mon examen aurait pu être tout à fait facilement réalisé par un opticien, pour un coût bien moindre pour la sécurité sociale et ma mutuelle. On voit comment l’impact de l’évolution des connaissances, dont la technologie n’est qu’une des manifestations, se retrouve bloqué par une réglementation qui n’a pour but que de protéger une situation acquise par une profession devenue inutile. La question est combien de temps cela pourra-t-il durer? Il est étonnant que les mutuelles, qui sont le dindon de cette grande farce, n’aient pas encore réagi. Gageons que grâce à Internet, on commandera bientôt ses lunettes en Allemagne ou ailleurs en contournant l’octroi placé sur notre chemin. Comme souvent, la réglementation se bornera à interdire ce qu’elle ne peut plus empêcher.

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74 réponses à “La secrétaire va vous recevoir dans un instant – Ce qu’une visite chez un ophtalmo enseigne sur la démocratisation permise par la technologie

  1. bien vu (normal vu le sujet !) Philipope
    constat partagé à l’identique lors de ma dernière visite

    situation assez voisine : les prothèses dentaires
    combien de temps encore avant qu’une prise de mesure par scan 3D ne déclenche la fabrication d’une prothèse en local (par fabrication additive) ou dans un pays à bas coût de salaire avec une techno plus habituelle

    merci pour ces articles du lundi matin
    toujours stimulant 🙂

    • Petit détail : ça risque de durer, parce que la mutuelle, ce sont les cotisants qui financent, et la mutuelle, elle ne perdra pas d’argent.

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  3. je crois qu’à paris il y a un fabriquant de lunette, par imprimante 3D, qui produit des lunettes à 10 euro, voire 30 euro avec toutes les options.
    (entendu sur BFM business).

  4. Pas d’accord. Sur les 2 points : il ne suffit pas de se fier aux apparences. Que les progrès technologiques permettent d’automatiser des examens : bien sûr et tant mieux, d’autant plus qu’il s’agit d’examens standards (la vision). Cela n’induit pas que ce soit la secrétaire qui puisse le faire. Secrétaire et technicien sont des applicateurs de processus, qui n’ont pas fait des études de médecine, et ils ne sauraient pas décider de la pertinence de faire ou de ne pas faire tel examen en fonction du contexte particulier du patient, et encore moins sur des pathologies sévères. Quant au 2ème point : 60€ la consultation. Certes. Renseignez-vous : il existe une solution Point Vision, qui met en oeuvre les mêmes examens automatisés avec une consultation ophtalmo à 28€, 100% remboursée par la S.S., avec rendez vous rapide (http://www.pointvision.paris). Contrairement à ce que vous dites, la réglementation ne l’a pas empêchée.
    Et de grâce, n’affirmez pas, à la légère, que les compétences d’un ophtalmo (Bac+10 !) sont inutiles, et que la réglementation ne sert qu’à les protéger …
    Je ne souhaite aucun mal à vos yeux, mais je ne vous souhaite pas, un jour, de vous faire opérer par une secrétaire, ni un technicien …

    • J’affirme que 90% de ce que fait un ophtalmo, dont soit dit en passant j’ai payé la formation avec mes impôts, pourrait être fait de manière tout aussi efficace par des techniciens moins chers. Il/elle pourrait ainsi se concentrer sur les cas complexes, comme ceux nécessitant une opération, pour le plus grand bénéfice de la société et de la sécu.

      • M. Vildebrand

        Bonjour, J’arrive il y a quelques mois d’Allemagne et je suis atterré de voir le niveau ophtalmo en France, probablement comparable à l’Afrique sud-saharienne question attente (12-15 mois).
        Pour les prix des consultations, disons que le matos coûte cher et qu’il faut l »amortir (à 500 % comme cela se fait dans le secteur médical dit « libre »). Mais ce qui est plus politique, cette hypocrisie déniant aux opticiens optométristes diplômés la possibilité (ou la faculté ?) de déterminer votre vue pour vous prescrire tout simplement et en dehors de toute pathologie de nouvelles lunettes, tout ceci pour créér une pénurie de personnel menant à cette pagaille fomentée par les lobbys. En Allemagne, vous prenez rendez-vous chez votre opticien et vous avez vos lunettes en quelques semaines. Comme il n’y a pas là-bas d’interdit professionnel pour les opticiens, les ophtalmos sont beaucoup mois engorgés et ne sont pas amenés à faire défaut aux cas de non-assistance à personnes en danger, qui se baladent et conduisent parfois pendant un an avec des lunettes qui ne correspondent plus à leur vue.
        Ceci dit,en Allemagne, pour ne citer que ce pays que je connais, pour les cas sérieux, les opticiens invitent naturellement les patients à se rapprocher de leur ophtalmo – qui n’a aucune « répugnance » à les accueillir dans des délais tout à fait raisonnables.
        Un cas d’école quand l’appât du gain passant par une pénurie organisée dépasse tout entendement. Merci les lobbyistes à l’Assemblée nationale. Merci le législateur !

  5. Très juste! Un point toutefois concernant la répartition de la valeur dans le domaine des prothèse de hanche. Il est inexact d’écrire que c’est le fabricant qui capte la plus grande part de la valeur….En fait ce sont les multiples étages de distribution des produits qui génèrent des marges tres confortables pour ces intermédiaires
    Cordialement
    Rene Nantua

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  8. Intéressante observation, d’autant plus qu’étant moi-même passé par cette étape, je n’avais pas relevé ces éléments d’une grande pertinence.

    Je m’interroge cependant sur la répartition de valeur : Il y a certes un médecin spécialisé, mais il doit payer deux salaires (la secrétaire et le technicien) en plus du sien et payer le matériel dont la facture n’a certainement rien d’une aimable plaisanterie. Ajoutons à ça les frais de bureau, la location des lieux. À la vitesse où se passe une consultation, mettons qu’il arrive à en faire passer 6 par heure. Je ne suis pas complètement convaincu que les profits soient si mirifiques qu’il pourrait y paraître.

    Quant à « l’utilité » du médecin dans le processus, il est certain que si on s’arrête à l’aspect purement technique de l’opération on peut la considérer comme sujette à caution, mais il reste la responsabilité prise vis-à-vis du patient quant au diagnostic posé : pas sûr que la secrétaire ou le technicien soient disposés à l’endosser si on prend en compte les risques juridiques en cas d’erreur de diagnostic avec des conséquences désastreuses pour la vue du patient.
    En revanche, on pourrait se poser la question de savoir pourquoi un opticien ne pourrait pas être habilité pour ça, mais a-t-il la formation appropriée. Mais ça pose le problème des qualifications, et, ces dernières années, j’ai commencé à émettre quelques réserves sur les boutiques qui tiennent à mon avis aujourd’hui bien davantage du « marchand de lunettes » que de « l’opticien », ce sont devenu des chaines avec franchises qu’on retrouve partout et on y fait plus de commerce qu’autre chose.

    • Bonne remarque: notons cependant qu’une partie du prix est généré par les coûts de structure, et que ceux-ci existent parce que l’hôpital reste un fournisseur intégré au lieu de séparer les activités selon leur degré de maturité: les conditions qui sont au stade intuitif (qui nécessitent un expert et où chaque cas est unique et complexe) et celles qui sont à un stade dit de précision où le processus est essentiellement technique, comme l’opthalmologie. Ces actes techniques peuvent être effectués par des acteurs moins chers et souvent plus efficaces.

      • Des orthoptistes (métier paramédical, avec une formation – entre autre – en pathologies oculaires théorique et pratique en faculté de médecine, milieu hospitalier et cabinet de ville) sont formés et répondent déjà à cette demande (certainement vos fameux « techniciens » pousseurs de boutons…) en coopération avec les ophtalmo en place dans un contexte de prise en charge complémentaire.
        Les opticiens que vous pensez à tort être la solution miracle n’ont pas ce rôle (ni cette formation). Outre le fait qu’il est déraisonné de ne pas séparer la prescription de lunettes de la vente, l’optique et l’optométrie sont des moyens là où l’orthoptie est un but, avec tout ce que votre proposition peut entraîner en terme de perte de chance pour les patients.

  9. J’ai bien aimé la précision : baisse des coûts mais pas baisse du prix ! Mais on peut dire ça de beaucoup de professions médicales qui semblent plus intéressées par la captation d’une rente que par la santé des « clients ».
    Prescrire un médicament contre l’acné (Diane 35 ) comme contraceptif ou un anti diabète (Mediator) comme coupe faim pour maigrir, je ne sais pas si un logiciel aurait osé le faire !

  10. 60€ dont en fait au final 40 vont aux diverses comparses des organisations mafieuses collectivistes. Voila pourquoi ça ne baisse pas.

  11. Commentaire affligeant d’un blog que je croyais réfléchi et documenté.
    Un article digne de Libé, l’express (formule Barbier) ou vsd.
    Les nombreux examens de dépistage ophtalmologiques dont vous avez bénéficié (appareils qui ont tous un coût difficile à imaginer) doivent être interprétés et orientés humainement et dépendent totalement de l’expérience du médecin qui les reçoit.
    Les personnes que vous appelez « techniciens » sont orthoptistes ou optométristes avec des bac + 3 à bac +5, l’ophtalmologiste est bac +10 à + 13 ou 14 s’il a fait un clinicat.
    Vous oubliez très vite et probablement volontairement que ce ne sont pas des images ou des données qui sont in fine soignées.
    La santé à un prix mais aussi un coût, financier et humain (de formation et de maintien des compétences,) comme le devrait être celle des journalistes ou prétendant l’être.
    Cordialement votre

    • Barbier… la vache vous êtes dur… j’emploie le terme de technicien à dessein et il n’est nullement péjoratif. Au contraire, le technicien a été efficace, rapide et courtois. Il a accompli 80% de la tâche nécessaire, la secrétaire 19% et le médecin 1%, inutile selon moi: signer le papier officiel certifiant le travail que les autres ont fait. Mon argument est que le progrès technique dans de nombreux cas, dont celui que je mentionne, supprime le besoin d’expertise et que ce dernier ne subsiste souvent que pour des raisons légales. On peut s’en féliciter ou le regretter, c’est une autre affaire.

      • Edifiante analyse de salle d’attente (de comptoir ?) sur le fonctionnement d’un cabinet médical. Vous avez probablement le même avis sur la rémunération d’un patron d’entreprise : comme il passe 1% de son temps avec ses clients, sa rémunération est totalement excessive et ses employés font bien mieux que lui. Quand avez vous pris votre carte à la CGT ?
        Certes…
        Vous ignorez et c’est habituel, les vertus de la prévention et du dépistage. Le passage obligé (pour obtenir un bon de remboursement des lunettes) chez l’ophtalmologiste permet à celui-ci de dépister de nombreuses pathologies non ressenties par le patient à un stade précoce : glaucome chronique possible dès 30-40 ans), DMLA (à partir de 50 ans), cataracte, rétinopathie diabétique, pour ne citer que les plus fréquentes.
        Or le nombre de patients concernés est énorme, la démographie médicale en berne (sous la puissante influence des pouvoirs publics : numerus clausus, MICA, disparition des CES, etc). Il faut donc,pour rester efficace, augmenter la productivité, ce qui est fait grâce aux orthoptistes, qui travaillent sous le contrôle des ophtalmologistes, car aucun n’a la formation d’un médecin (qui seul peut distinguer entre stade « intuitif » et de « précision », j’aime bien votre jargon).
        J’aime également beaucoup votre petite remarque sur la formation des médecins payée par vos impôts. Je vous rappelle que tous ceux qui fréquentent l’école primaire, secondaire, l’université ont leur formation financée par l’impôt. Si vous avez fréquenté l’école, je suis comme vous en droit de penser que j’ai AUSSI financé votre formation. Cela me donne-t-il le moindre droit de regard sur votre façon d’exercer votre métier ?
        Concernant le tarif : estimez vous que ce tarif de 60€ soit excessif ? pour un service effectué sur rendez vous, par 3 professionnels, équipés de matériel dernier cri, assuré pour leur responsabilité civile, informatisés, gérant à votre place de vos remboursements (car vous êtes trop occupé) Je pense que vous ne faites jamais réparer votre voiture ou votre robinet, que vous n’allez jamais chez le coiffeur…
        Au final, votre gentille dissertation pseudo-analytique d’oeil de lynx m’a fait bien sourire et quand même un peu réagir car j’ai eu l’impression que votre hauteur de vue vous a fait manquer une simple petite chose : l’acte médical n’est malheureusement pas comptabilisable, et un médecin qui fait 10 à 15 années de formation initiale voit avec amertume la façon presque méprisante dont vous décrivez son art.
        J’espère que vos analyses sur d’autres sujets sont plus pertinentes, mais je ne suis pas expert…
        Très bonne journée.

      • Le médecin examine un oeil et interprète les examen préalable en fonction de son examen. Et notamment du fond d’oeil (avec ou le plus souvent sans dilatation). Par exemple, Interpréter une tonométrie (puisque vous connaissez le terme) sans voir un nerf optique est absurde.
        Il décide ou non d’examen complémentaire et se préoccupe essentiellement de la santé de son patient. Il ne vend rien et est impartial. Il ne va pas prescrire une paire de lunette a la légère s’il y a un problème.
        Certains examen sont automatisés. Voir un oeil est essentiel. L’acuité visuelle et l’estimation (car il ne faut pas exagérer l’efficacité des machines de DEPISTAGE: elles ne sont fiables que dans une certaine mesure) de la pression intraoculaire aussi, quitte a être reverifiée après l’orthoptiste (optométriste n’étant pas un métier reconnu en France que je sache).
        Les patients que j’ai envoyé aux urgence après un examen me remercient encore … pour un tarif de base de 28 euros

  12. @schauer,
    . . . et la sécurité sociale « bonne fille » paye au praticien les honoraires qu’il réclame . . . comme si celui ci travaillait « traditionnellement » avec 1 patient par heure !

    • @Zelectron
      Effectivement le medecin est rémunéré à l’acte. Les français ont l’habitude d’un système de soins gratuit. Ce système a des inconvénients mais permet à tous le français d’accéder aux soins. Si ce n’est ni la sécurité sociale ni le patient qui rémunère le médecin, le travail du medecin devient gratuit (étant donné le faible investissement des mutuelles).
      Par ailleurs, le 1/3 payant n’existe pas au supermarché, ni chez le coiffeur et encore moins chez l’avocat ou le notaire et les francais ne s’en plaignent pas. Quelle serait pour vous la bonne solution pour rémunérer les médecins?

      • La question se poste-t-elle dans les cas où il n’y a plus besoin de médecins?

      • Cher Fab,
        Vous n’avez pas saisi toutes les implications de mon commentaire je l’avoue un peu sibyllin, vous cependant êtes le seul à y répondre et je vous en remercie.
        – d’une part l’automatisation (robotisation) permet aujourd’hui de traiter l’examen d’un patient toutes les , disons, 10 minutes et donc de « facturer » 6 fois plus à la sécurité sociale; d’où un amortissement rapide du matériel (nonobstant les prix abusifs d’icelui)
        – d’autre part payer les médecins pour la bonne santé de leurs patients et cesser si une maladie quelconque les affecte (dans la spécialité considérée) comme jadis en Chine (aujourd’hui encore dans les provinces reculées)
        en aparté, je note que cet excellent article suscite bon nombre de commentaire qui l’enrichissent 🙂

  13. Y en a marre de dénigrer les médecins, Moi je travaille seul , je fais tout et j’ai commencé à gagner ma vie à 30 ans, je n’estime pas être un nanti, parce que je gagne u n peu ma vie en travaillant de 9 h 00 à 19 h00 tous les jours. allez vous faire voir avec vos commentaires acerbes et mal renseignés.
    Philippe BARON ophtalmologiste et fier de l’être pour avoir dépisté des cancers , des glaucomes et de décollements de rétine tout seul

  14. Bonjour Monsieur
    Quelle suffisance à vous lire
    Qui êtes-vous pour juger du bien fondé des 1′ soit-disant du médecin (j’aimerais une preuve de cette durée)
    Qui plus est, le rôle du médecin dans ce cas est de valider que tout va bien et cela lui demande 12 ans d’études
    Si le moindre souci apparait dans ce bilan même et surtout si vous ne vous plaignez de rien, lui seul peut vous diriger vers telle ou telle exploration complémentaire
    Prendre un quadragénaire comme preuve du bien fondé de votre argumentation de rente de situation est plus que léger
    Si vous aviez eu la moindre pathologie débutante, il aurait fait ce que lui seul sait faire
    Si les médecins gagnaient autant d’argent en ne faisant rien, les étudiants en médecine seraient légion…Avec des réflexions sentencieuses comme les vôtres, je vous promets une dégradation des soins qui commence déjà
    Les gens comme vous qui ont de l’argent sauront toujours trouver des praticiens dévoués qui feront ce qu’ils doivent faire et ce depuis toujours
    Bonne journée d’un travailleur de l’ombre

  15. Et bien, voila un commentaire bien dans le vent, on échappe pas a la banalité, mais plutôt qu’être agressif, essayons d’être didactique.
    Au de la des 12 à 14 ans d’études (et non pas 10, 6 de médecine, 4 a 5 d’internat et 2 de clinicat ou d’assistanat), l’oeil est petit mais peut être bien malade, l’étendue des connaissances est tellement importante que nous sommes tous plus ou moins spécialisé dans un secteur, cornée, rétine, nerf optique paupière, etc.. ridicule? aux yeux de Béotiens certes mais dans la pratique indispensable.
    La aussi, confier la prescription d’une paire de lunette a des non médecins, c’est le rêve des centrales d’optique qui rêvent d’inonder le marché de produits bon marchés et qui n’ont cure de la santé de nos concitoyens, mais c’est sans compter avec pour seul exemple le glaucome: (source inserm)
    « Le glaucome touche 1 à 2 % de la population de plus de 40 ans et environ 10 % après 70 ans. Environ 800 000 personnes sont traitées en France mais 400 000 à 500 000 présenteraient la maladie sans le savoir. »
    L’automatisation et la délégation de tache a été imposé par la gestion calamiteuse des quotas d’ophtalmologistes, la pyramide des ages est très déséquilibrée et pour lutter contre des décisions administrato-politique assez irresponsables, nous avons été obligés de nous organiser et de nous moderniser, l’état lui ne le fait jamais.
    Alors 60 E, vous trouvez ca cher, parceque comme tous les Français vous pensez que le médecin doit coucher sous votre lit pour y ronger son os et vous sauver la vie gratuitement, mais dans cette chère république irréprochable, tout ce personnel se paie, et ce qui coute cher c’est surtout ce que l’état facture, tout cela pour financer-entre autre- des hotels de région ou la moquette ne repousse jamais devant les machines a café.
    Enfin et pour terminer, sans grand espoir de vous convaincre, ce qui d’ailleurs agace et donne envie a beaucoup d’entre nous de vous laisser vous soigner vous meme, l’exil médical n’a jamais été aussi prévisible, je me permettrait de faire une hasardeuse métaphore:
    Prenez un pilote de ligne, arrogant et pinceur de fesse, qui vous emmène de Paris à New York, un petit coup sur la manche au décollage, pilote automatique, puis atterrissage à JFK après une série de blagues douteuses.
    Ce qu’il fait, mon fils l’a appris en une semaine sur Flight simulator, il arrive meme a vous faire un survol des Champs sans se vautrer sur l’Obelisque.
    Mais qu’arriverais t’il en cas de turbulence au dessus de l’atlantique? pour économiser le salaire du pinceur de fesse vulgaire? vous êtes prêt a prendre l’avion avec mon rejeton au manche, top la?
    Les dépense de santé de ville représentent moins de 10% des dépenses totales, elle sont beaucoup mieux gérées que les autres, et les mutuelles que vous plaigniez, elles vont mettre la main sur 90% du budget de santé avec les conséquences grave sur le niveau des soins mais pas sur celui des financement des partis politiques.

  16. Article, certes assez superficiel, mais reflète bien l’air du temps, étonnant un peu de la part de quelqu’un qui vante l’innovation.
    Je me demande comment vous n’avez pas décelé l’innovation dans ce que vous avez vécu et pourquoi vous vous êtes contenté de d’observer l’aspet coût, qui selon vous, ne reflète pas la vrai valeur de l’acte. Vous confondez naivement ou peut être volontairement (excusez moi) la réalisation technique de l’acte et son interprétation. Tant mieux pour vous que votre examen était parfaitement normal et n’a duré que 5 minutes. Il y aura certainement dans la même journée un ou deux glaucomes, quelques dégénérescences maculaires et quelques cataractes, voire peut être un mélanome de l’oeil.Certes ceux là vont représenter 10 ou 15% des patients (et non des clients) de la journée mais pensez-vous vraiment que ceux là auraient pu être décelés et pris en charge par la secrétaire?
    Remerciez donc la technologie innovante parcequ’elle a permis de vous prendre en charge correctement en 5 minutes en permettant en même temps au médecin de consacrer 30 minutes à quelqu’un qui en aurait vraiment besoin. Arrêtez, de grâce, de taper sur les médecins parce que, selon vous, ils sont des nantis et des profiteurs du système. De toute façon il n’y en aura plus dans 15 ans, regardez la démographie médicale.

  17. Cher Monsieur,
    Vous avez 10 ans de retard sur votre confrère Grard de Pouvourville qui avait fait ce constat il y a 20 ans avant de comprendre : les examens sont fait sous le contrôle d’un ophtalmologiste qui identifie les sujets à risque ou problème, ce que l’opticien ne peut pas faire par absence de formation médicale. Votre solution serait une perte de chance pour les patients.

  18. Dernier point : pensez vous, en visitant un labo de recherche que les techniciens de laboratoire peuvent remplacer le chef de labo sous le constat qu’ils font les manip ?

  19. Les mutuelles le dindon de la farce?
    Ne serait ce pas un peu rapide comme analyse?
    La mutualité française enregistre chaque année des bénéfices colossaux.
    Qui paie la cotisation à sa mutuelle? Chaque français qui en a délibérément fait le choix.
    Ne vous trompez pas d’ennemis. Ce qui est scandaleux en France, c’est de constater les très faibles niveaux de remboursement des mutuelles. Si à la fin de l’année chaque assuré recevait un chèque de sa mutuelle correspondant aux cotisations moins les remboursements et les frais de gestion, la mutuelle pourrait dignement continuer à s’appeler une mutuelle.
    Certains couples de retraités paient plus de cotisations à leur mutuelle que d’impôts. La sécurité sociale, qui recoit une partie de ces impots, rembourse tous les patients, à un taux bien plus élevé que les complémentaires (entre 60 et 100% selon l’acte).
    La sécurité sociale présente un déficit lourd alors que les mutuelles se partagent chaque annee un gâteau de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaire.
    Les mutuelles sont elles réellement le dindon de la farce ou serait ce plutôt chacun des assurés de ces complémentaires qui se saigne chaque mois pour les enrichir?

  20. Roger Allewaert

    Cher Philippe Silberzhan, je vous conseille de faire les études de médecine,et puis l’internat en ophtalmologie, après 12-14 ans de galère,enfin vous allez comprendre que votre blog de 2015 contient bien des erreurs de pensée.Salut.

  21. vos raccourcis sont tres reducteurs .un examen est rapide quand tout est normal …apres coup …

  22. Bonjour Mr Silberzhan.
    Non, votre ophtalmologiste n’a pas « signé un papier ». Il vous a fait bénéficier de 14 ans d’études, de son expertise, de son expérience, d’un dépistage de glaucome , d’une évaluation de votre nerf optique , de votre rétine et de la recherche de pathologies silencieuses diverses. C’est un travail intellectuel aussi, qui se rémunère.
    Que le temps de consultation puisse être raccourci tient aux investissements humains et en matériel colossaux qu’il a fourni. ( un poste de consultation équipé au goût du jour est une facture à 6 chiffres avant la virgule ), en vous permettant d’être exploré par des machines certes automatisées mais aussi performantes. ( Votre automobile a été vissée à la main? Est elle moins performante pour autant?)
    Je vous fait grâce de ses contributions multiples en taxes et impôts à notre société, ainsi que sa participation à l’embauche de personnel, ce qui est parait il de nos jours indécent à rappeler ou à souligner .

    Il a aussi engagé sa responsabilité professionnelle, dans une époque où tout le monde porte plainte contre tout le monde et entraine de ce fait les cotisations assurantielles à des niveaux extrêmement significatifs . Cela a un coût.
    Par ailleurs cette organisation vous a probablement permis de raccourcir considérablement le délai d’attente, et enfin, j’imagine que ses tarifs sont affichés en salle et consultables sur Ameli.fr, et que le choix vers d’autres de ses confrères était possible.
    Cordialement,

  23. J’ai beaucoup apprecie vos observations sur les ophtalmos et opticiens. Pour votre information, cela fait des annees qu’en Angleterre–ou j’habite–les opticiens pratiquent les examens et font des ordonnaces pour les lunettes. L’examen coute 10 livres (il n’y pas d’attente) et les lunettes sont moitie prix par rapport a la France. Pas besoin de voir un medecin. Et pas plus de maladies qu’en France.

    • Source ? Vous rappelez aussi à nos concitoyens les modalités et aussi le délai de prise en charge en chirurgie oculaire ( plusieurs mois), ainsi que les tarifs de médecine spécialisée?
      Vous confondez examen visuel et examen médical….

    • Une petite précision, en Angleterre ce sont des optométristes travaillant dans des magasins d’optique ou en cabinet qui s’occupe des examens de vue. En France il existe des opticiens optometristes !! Ils ont un Master (bac+5) délivré par l’université mais leur profession n’est pas reglementée. Merci la France car en Italie, en Espagne, en Suisse (liste de pays non exhaustive ou l’opticien-optometriste peut exercer sans encombre) pour avoir un exam de vue on peut passer par ces professionnels de santé.

  24. Wow ! Comme il est intéressant d’observer la levée de boucliers des professions réglementées, la levée de boucliers des « sachants » 1.0, des promoteurs du statu quo.

    La médecine évolue. Et la médecine innove. Oh, je ne parle pas d’innovation technique ou technologique, qui reste, oui, l’apanage des techniciens de la médecine. Je parle de l’innovation d’usage.

    Amis techniciens, avez vous entendu parler du programme Watson, d’IBM ? Avez vous entendu parler de tous ces pans de la médecine en cours de révolution, notamment eu égard au séquençage du génôme, de l’analyse des gènes – qu’aucun esprit humain ne peut sérieusement interpréter – de l’épigénétique dont le développement est en croissance exponentielle ? Avez vous jamais essayé de vous renseigner sur les progrès de la médecine préventive, assistée par des outils numériques, du type de Watson, justement ?
    Avez vous entendu parler de ces imprimantes 3D qui sont capables d’imprimer des tissus ou des organes humains ? Oh, non, pas – encore – en vue d’implantation et de greffe, non, mais ne serait-ce que pour tester les effets de tel ou tel médicament ? Avez vous entendu parler de L’oréal ayant récemment passé un accord avec une entreprise d’impression 3D de tissu pour tester ses produits sur de la peau humaine ?
    Avez vous entendu parler de la « Consult Station », outil quasi automatisé permettant de prendre les métriques de base de toute personne ? et dont les évolutions vont inclure les examens d’optique et les outils d’analyse de sang ?

    Avez vous entendu parler de tous ces objets connectés qui vont permettre d’assurer une médecine préventive – bien évidemment en lien avec les outils cités plus haut notamment Watson ?

    La plupart des commentaire que j’ai lu ont justifié tous les comportements – tant techniques que financiers – à l’aune de nombre d’années d’études. Mais aujourd’hui, nul n’est plus besoin de transmettre des informations : elles sont disponibles partout. Si vous voulez parler d’expérience, elle est disponible partout et toutes les expériences disponibles, partagées, recèle tous les cas les plus généraux comme les cas les plus spécifiques ou rares. Il n’y a qu’à se pencher pour en disposer.

    Avant de me jeter l’anathème en vous présentant comme victime d’un acharnement ou bien vous positionnant dans une élite de sachant et me renvoyer au loin habillés de votre condescendance, je vous recommande ne serait-ce que de regarde rce qui se passe du côté de l’avenir à 5 ans en vous abonnant à la lettre d’information – newsletter – de la e-santé de JEan Michel Billaut. La dernière (N°7) est là : http://billaut.typepad.com/jm/2015/06/-e-sant%C3%A9-newsletter-n7-mai-2015-.html. Prenez le temps, je vous prie, de la lire, de lire les précédentes et de me dire dans quelle mesure, la prospective énoncée il y a peu d’une disparition de 80% des médecins à 10 ans peut sembler si utopiste ? Oh probablement pas de chiffre, mais très certainement un grand nombre.

    C’est quoi, pour vous, l’innovation ?

    • Bravo Guillaume: la levée de bouclier des sachants, arguant de leurs années d’étude pour justifier un monopole, en effet. Et la suffisance… Il faut avoir vraiment peur pour être si suffisant et si agressif.

  25. Depuis le début vous confondez examen visuel et examen médical. Assez piteux.
    Tiens : qu’a bien pu regarder votre ophtalmologue en vous recevant ? Mystère , puisque son intervention ne servait , selon vous , à rien. Il doit s’amuser à regarder votre fond d’oeil, ca fait passer le temps.
    Quelles questions a t’il bien pu vous poser , puisqu’elles ne servaient à rien? Quel « travail » a t’il réalisé puisque le « diagnostic » a été posé par ses collaborateurs? (sic) Quel engagement a t’il pris en signant votre ordonnance?
    Décidément bien étrange tout cela, et forcément suspect, comme la plupart des choses qu’on ignore. Car oui , en ce domaine vous êtes ignorant, comme je peux l’être dans le vôtre, mais je n’en nourris pas d’amertume. On ne peux pas en dire autant pour vous semble t’il, et la « suffisance » vous la démontrez assez bien avec vos « j’affirme » et vos certitudes inébranlables.
    Un peu gênant quand on enseigne ma foi.
    Quand à se reposer sur des machines , c’est tellement drôle que sa frise le ridicule. La « machine » mesure une hypertension : parfait. Avez vous un glaucome pour autant ? La machine vous dira oui. Le médecin en vous examinant pourrait dire non et vous épargner des années de traitement . Pourquoi garder des pilotes dans les avions ? Pourquoi garder des profs en école de commerce? les MOOC sont parfaits non?
    Dernière anecdote: je travaille avec des collaborateurs . Cela me permet de recevoir les urgences aisément entre autres. Je reçois une jeune fille pour troubles de la vue. Le bilan de mes collaborateurs revient normal. ( je dis le bilan , pas le « diagnostic ») Je regarde son fond d’oeil, et une chose me frappe : la circulation veineuse ne se fait pas bien. Je le sais , je le vois, je regarde des milliers de fond d’oeil, et celui la me frappe. Il n’est pas normal. pourtant la photo est parfaite. Mais qd je le regarde, il est inhabituel, les veines changent de calibre, c’est asymétrique , ça ne va pas.
    Je fais faire une IRM : tumeur compressive du nerf optique. Elle avait 10/10, et un « bilan » normal ». Qu’aurait répondu votre « technicien »?
    Dans intelligence artificielle, il y a artificiel. Gardez les pieds sur terre, sachez, vous aussi, mettre vos certitudes en dehors de votre champ de vision…
    Après on peut décider d’une forme de politique de santé automatisée, avec une supervision « technique » , comme vous voudrez. simplement il faudra que tout le monde , et les patients en premier en acceptent les conséquences.
    Je suis curieux de savoir quel type de blog vous auriez écrit si on vous avez dépisté une pathologie.. Peut être auriez vous encensé la dualité technico-scientifique?

  26. Il en est certains qui feraient bien de s’interroger sur le concept d’ouverture d’esprit !

    • Lisez l’article de Nicolas Colin (@nicolas_colin) qui dit la même chose que moi, mais en une phrase seulement: http://www.challenges.fr/emploi/20150611.CHA6800/le-numerique-peut-creer-massivement-des-emplois-s-il-en-a-le-droit.html
      Voici ce qu’il écrit: « grâce à l’arrivée du numérique dans la santé, les infirmières pourraient exercer des fonctions nouvelles qu’elles feraient sans doute mieux que des médecins débordés et coûteux. Mais en l’état du droit, la start-up qui s’aviserait à mettre en place un tel système serait poursuivie au pénal pour exercice illégal de la médecine. Voilà le genre de verrou qu’il convient de faire sauter pour accélérer la mutation de la société et créer massivement des emplois, notamment non qualifiés. »

      • La délégation de tâches aux infirmiers (ères) existe depuis longtemps. Cela fait partie de leurs attributions, et elle est pratiquée. Encore faudrait il que la formation suive . La loi impose une supervision et un contrôle médical.
        Vous confondez , à nouveau (décidément ) , soins et tâches déléguées , examen technique , et examen ou conclusion MEDICALE.
        Amusant de constater que vous faites le procès de la délégation de tâche que vous décrivez dans ce billet, puis dans les commentaires que vous déploriez qu’on y ait pas recours, empêtré dans un sophisme étrange.
        On peut vous faire des listes longue comme le bras d’examens , au besoin délégués, ça ne donne pas un DIAGNOSTIC. ( signes cliniques, syndrome, interactions médicamenteuses, antécédents thérapeutiques, de santé qui auraient une influence sur le présent ou le futur, expliquent ou masquent un état pseudo normal ou pseudo pathologique, ) Ni une machine, ni un technicien, ne le feront. C’est le principe de l’Expertise. ( je mets une majuscule à dessein)
        Maintenant vous pouvez appeler ça examen de vue, mais pas examen médical.
        La magie de la « start up » est toujours de collecter le travail, les investissements et l’énergie de personnes tierces. Cool aussi comme vision.
        Je laisse le troll où il est, j’ai du travail.

      • Que vous le vouliez ou non, de plus en plus de diagnostics seront délégués à des machines ou des infirmières. Je n’en fais pas le procès, vous m’avez mal lu, au contraire. Je trouve cela très bien. Ce que je regrette c’est précisément que la loi m’impose, à la fin, la présence d’un médecin devenu inutile. Votre seul argument est celui de la peur. Et de la loi.

      • sur la peur de laisser les machines décider je retrouve la même mentalité que avec le pilotage d’avion et la conduite automobile.
        on surestime les humains, dont le principal défaut est de ne pas respecter les règles, de manquer d’attention permanente, même si une fois réveillés, motivés, et avec de la chance, ils battent les machines dans les têches créatives.

        Le TGV espagnols n’aurait pas crashé si on avait laissé l’ordinateur piloter.

        le plus bel exemple, qui ne me surprend pas vu que la conduite automobile est l’une des activité les plus complexe pour le cerveau (devant le pilotage d’avion, le parachutisme sauf saut de grand groupe, l’escalade). il n’y a guerre que la moto et le cyclisme véhiculaire qui soient plus prenant pour le cerveau. (PS: j’ai tout testé sauf la moto).

      • oops, je voulais dire que le plus bel exemple c’est la google car qui est plus fiable que les conducteurs.

  27. le pifomètre est le meilleur instrument du médecin-sorcier de la brousse 🙂

  28. Pingback: La secrétaire va vous recevoir dans un i...

  29. L’entrepreneur pour se développer, croître, délègue ce qu’au début il réalise souvent seul, à des hommes ou à des outils. ( et ça depuis que l’homme vit en clan ) . Et pour consacrer du temps à être plus « expert en entreprenariat », il délègue globalement en payant moins que la valeur totale produite.Le médecin ainsi se rémunère à la fois pour l’exécution de son expertise actuelle mais aussi pour l’accroître en délèguant sans que pour autant la valeur globale ait changé.( c’est en quelque sorte une forme de mutualisation du coût de son obligation d’accroissement de son expertise )
    Je ne regrette qu’une chose pour ma part, c’est d’être empêché de déléguer mon expertise initiale pour passer l’essentiel de mon temps à à développer mon expertise future, (que ce soit dans mon entreprise ou à l’extérieur ), car après tout quel intérêt ai-je de répéter inlassablement mon expertise initiale….

  30. Cher Philippe,

    Voici pourquoi il est souvent intéressant de ne pas ouvrir les commentaires un blog. L’organisation en liste linéaire d’arguments / contre-arguments depuis les années 90 a fait les preuves de son inefficacité.

    Pour ramener quelque peu cette discussion à son côté technique, il est intéressant de regarder à quel point l’Inde en 20 ans, pour des problèmes de gestion des soins d’une population énorme et à faible niveau de revenu, à refait l’ingénierie de la plupart de nos protocoles européens, hérités de l’après-guerre.

    Alors que nos sociétés ne considères l’innovation valable que dans sa partie technique et sur les outils de diagnostics ou de soins eux-mêmes, il est remarquable de voir à quel point aucun autre changement n’est socialement envisageable. Si l’Inde n’est pas un modèle édifiant en tout point, leur capacité néanmoins à automatiser les processus de détection des glaucomes, cataractes etc. et à offrir des soins ambulatoires de niveau équivalent ou supérieur aux standards de le NHS (héritage colonial en jeu) à fait le tout du monde. Tour du monde, sans plus d’impact que démontrer que sous la nécessité les changements sont possibles, efficaces et parfois mêmes vertueux.

    La liste des actes médicaux dont la technicité a été banalisée est longue comme le bras et bon an, mal an, nous iront vers une automatisation de nombre de diagnostics.

    Ayant eu la chance moi aussi de faire des études (longues), d’avoir travaillé à l’INSERM, d’avoir été un acteur du marché du bloc opératoire (dans d’ autres vies) et arrivant maintenant dans une tranche d’âge spécifique, il me paraîtra par exemple tout aussi sécurisant et fiable de bénéficier un jour de détection du cancer de la prostate sans assistance d’un médecin.

    Les seules barrières à cela sont sociales et réglementaires. Barrières héritées toutes les deux de l’ère napoléonienne.

    Amicalement,

  31. Sur l’assistance à la médecine
    cet article présente une autre facette de l’automatisation :
    http://www.atelier.net/trends/articles/google-glass-outil-de-rehumanisation-de-relation-patient-medecin_436249

    quand la technologie permet de se concentre sur son métier, et aussi de bénéficier de la compétence d’uan autre professionel (administratif ici).

    j’ai vu cette transition quand les secrétaires se sont plaintes de Excell qui fasait des camemberts tout seul, et le mettaient au chomage.

    aujourd’hui nos secrétaires croulent sous les tâches administratives, très loin des camemberts et de la dictée.
    S’il y a des peurs ce ne sont pas celles qu’on imagine.

  32. Monsieur,

    Je suis ce que vous avez appelé un technicien dans votre billet.

    Votre description de votre consultation est similaire à l’endroit où je travaille, je vais donc essayer de vous expliquer une autre version par les même faits.

    Tout le monde sait qu’il y a pénurie d’ophtalmos, il faut trouver un moyen de voir un maximum dans une même journée. Les machines sont en effet d’une grande simplicité, leur interprétation est tout autre.

    Concernant vos deux points, je vais y répondre.

    Déjà sur l’intervention du médecin ; elle n’est pas du tout inutile. Il fait de la prévention, il regarde l’aspect de votre cornée, de vos fond d’oeil, etc… afin d’y déceler une pathologie ou un risque. Ça a en effet pris peu de temps et TANT MIEUX ! C’est qu’il n’y avait rien à trouver, mais il est évident que ce n’est pas le cas de toute le monde.
    Le contrôle de vue pourrait en effet être fait par des opticiens ou orthoptiste ou autre avec un peu d’étude et d’expériences, ce qui est déjà le cas, une ordonnance étant valable 3 ans avec possibilité de modification de correction par le professionnel de santé : opticien en l’occurrence. Mais un ophtalmologiste, qui est un médecin, s’intéresse donc au pathologies ! Les défauts visuels n’en sont pas mais pour faire cette prévention, il faut bien forcer les gens à venir voir le médecin, sinon ils ne le feront pas, soyons honnêtes… Combien de personnes ne « trouvent pas le temps » pour venir et ensuite ne rendent compte qu’il est trop tard…
    Ainsi, à moins que vous ne pensiez que la prévention soit une mauvaise chose, l’intervention du médecin est donc obligatoire et vivement conseillé.

    Ensuite concernant le prix, comme dans votre exemple sur la prothèse, ici une partie du prix de votre consultation, sert à payer le personnel (et oui, rien n’est gratuit, et ils sont d’ailleurs surement moins payés que vous), sert à rembourser les machines (qui coûtent plusieurs dizaines d’euros chacune si ce n’est centaines), et aussi bien sur un peu à l’état sous forme de diverses taxes, comme toute « entreprises ».
    Et puis soyons plus précis… 60 euros moins 27 de la sécu mutuelle au moins, ça fait qu’il reste une trentaine d’euros qui sort de votre porte feuille une fois tous les 2 à 3 ans… C’est si excessif que ça ? Pour faire de la prévention de santé ? Votre essence c’est combien pour 2 ans ? Vos impôts ? Votre coupe de cheveux ? Votre cotisation mutuelle MENSUELLE ?

    Pour terminer, un bonus : soyez rassuré les mutuelles ne sont pas le dindons de la farce, ils savent très bien comptés, en général c’est plutôt l’assuré le dindon quand on fait le rapport entre sa cotisation, les remboursement de celle-ci et donc les frais de communications/pub qu’ils font au lieu de mettre l’argent gagné sur des remboursement plus importants… Fait le compte est en général très instructif…

    J’espère ne pas avoir été trop long…

  33. Bonjour,
    Etant secrétaire en ophtalmologie ce sujet m’a intéressé.
    Impressionnant le nombre de personne qui ont tout vu tout fait.
    Dans notre cabinet c’est nous qui pratiquons ces fameux examens, et pas par plaisir croyez moi, notre formation initiale n’est pas celle d’un orthoptiste, nous c’est pour pallier au manque de médecin, vous savez cette pénurie dans laquelle nous sommes embourbés… Nous avons accepté cette nouvelle fonction pour garder notre emploi. Trois médecins, trois secrétaires, un départ en retraite et le chamboulement. Mes patrons sont trop honnetes, ils ont gardé la patientèle de leur collègue (soit 18000 patients….)et en plus ont voulu garder leur sens de l’équité (pas de dépassement d’honoraires, on accepte les cmu…) et un travail correct. Donc pour tout assurer au niveau timing et au niveau coût , et rester quand meme 3secrétaires(bé oui y a des charges, des taxes et des impôts comme dans toute entreprise, mais faut plus diviser par trois mais par deux)nous avons étendu nos compétences (et au meme prix, on est plutot sympa, mais je préfère ça qu’etre au chomage, y a plus assez de médecin pour embaucher).
    On fait les manip de bases, on prend les mesures, on questionne rapidement, puis on laisse la main sur les 5dernières minutes pour l’interpretation des résultats et l’ajustement des prescriptions (parce que les machines ne font pas tout hein on est d’accord). Mais on ne prend pas en charge les patients qui viennent en urgence, là c’est le médecin qui fait tout. Pourtant on est formées sur les urgences ophtalmo, mais on n’est formées que pour les « détecter », pas pour soigner, on est d’accord là aussi, il nous manque quelques 10ans d’études.
    Donc au choix Monsieur Silberzahn, des secretaires et orthoptistes pour avancer le boulot du medecin et pouvoir prendre + de patients dans la journée (et donc etre à l’écoute des besoins) ou laisser le medecin bosser tout seul et se trouver pour certains patients sans médecin car pour assurer un bon travail celui-ci ne prendra plus de  » nouveau patient ».
    Pour le tarif, faut aller voir sur AMELI, si vous pensez que c’est trop cher aller voir ailleurs, c’est tout. Et puis tout augmente et croyez pas que ca me fasse plaisir, mais un médecin qui fait des dépassements d’honoraires aura 2mois d’attente, chez nous c’est 6mois, logique on prend tout le monde…

    Au plaisir

    • Bonjour
      Merci de ce témoignage.Avant tout je précise, une nouvelle fois, que le mot « technicien » n’est nullement péjoratif dans mon esprit, bien au contraire. La seule chose que je dis, mais elle semble choquer beaucoup de monde bien qu’elle soit assez banale, c’est que les progrès de la technologie rendent la présence d’un expert de moins en moins nécessaire pour une condition donnée, et qu’on passe de spécialiste à généraliste, de généralise à infirmière ou technicien (pas péjoratif, hein?) puis à l’individu autonome. On me jette systématiquement à la figure l’argument du cas exceptionnel mais je parles des 90% d’actes extrêmement banals.

  34. Je rejoint à l’évidence Philippe Silberzahn, l’uberisation d’un nombre conséquent de professions changera la donne inéluctablement, ceux qui prendront le train à temps pourront tirer leur épingle du jeu, pour les autres ce sera . . . . VAE VICTIS !
    voir :
    https://philippesilberzahn.com/2015/06/15/le-logiciel-va-manger-le-monde/
    et dans une moindre mesure :
    https://philippesilberzahn.com/2015/06/29/ce-que-uberisation-revele-peurs-francaises/

    • Le Sénat , comme l’Assemblée Nationale viennent de réaffirmer l’obligation d’ordonnance pour la prescription de lunettes, ( valable 3 ans ) ( amendements loi Macron, article 11 quater 11c
      3eme lecture à l’AN en attente

      l’Uberisation c’est fournir un service tant soi peu équivalent . Un examen de vue est un examen de vue, et n’est pas équivalent à une consultation médicale. Si le « client » ( j’emploi ce mot à dessein) sait quel service il a en retour c’est bien. La grande majorité pense que c’est pareil . Peut être de la pédagogie à renforcer lors du passage chez le praticien qui doit expliquer en quoi son acte est valorisé par rapport au « contrôle de vue « . les parlementaires l’ont eux compris .

      • Merci. On peut toujours faire confiance au parlement français pour défendre les rentes inutiles. Ce qui est obligatoire et légal n’est pas pour autant légitime, et la technologie comme l’initiative individuelle rendront possible ce que les gouvernement essaient d’interdire sans pouvoir l’empêcher.

      • @Massy,
        Soyez sans inquiétude, une demi-douzaine d’année au moins avant la loi Lucien Neuwirth, bon nombre de femme trouvaient des pilules en Belgique ou en Suisse et pour avorter c’était la même chose !

  35. Une si brillante analyse en si peu de temps me fait m’interroger. Votre secrétaire n’aurait il / elle pas fait la même analyse pour moins cher?
    La prescription de verres correcteurs est certes appelée à disparaître de la pratique ophtalmologique pour diverses raisons (principalement un problème de démographie médicale). La disparition de l’acte de dépistage serait en revanche une catastrophe. A moins qu’un coiffeur ne soit habilité à dépister des mélanomes et les magasins de lingerie habilité à dépister le cancer du col utérin.

  36. Pingback: Economie du savoir, économie du partage: pourquoi la possession des moyens de production n’est plus aussi importante | Le blog de Philippe Silberzahn

  37. Je suis consternée par la bêtise humaine et la capacité ou l’incapacité à faire des analyses pertinentes à partir d’observations. Ces conclusions rapides de l’observation à la conclusion sont des préjugés incroyables. Une analyse de donnée demande bien plus de compétence qu’un recueil de données. Un architecte ou un ingénieur en bâtiment n’est pas celui qui construit, certes, mais qui fait les calculs pour que le bâtiment ne s’effondre pas (et cela nécessite bien plus d’années d’études et une rémunération en conséquence). A force de jeter l’opprobre sur les gens qui ont investi leur jeunesse à étudier, et à les jalouser sournoisement dans ce pays, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer (vous n’aurez d’ailleurs peut être même plus vos yeux, faute de médecins!!)

    • Vous avez mal lu, visiblement. Personne n’attaque personne. C’est un système que je mets en cause, pas la qualité des gens qui en font partie. IL existe déjà des pays qui permettent d’avoir de nouvelles lunettes sans opthalmo. Le Japon par exemple. je ne sache pas que le Japon vive pour autant une crise sanitaire.

  38. Tous les systèmes qui se mettent actuellement en place doivent libérer les médecins de tâches fastidieuses, répétitives ou encore déconcertantes de facilité et donc leur permettre d’exercer leurs véritables talents que nul ne conteste.
    Ceux qui refusent d’adhérer à ces technologies et services vont le payer au prix fort : paradoxalement leur liberté !

    • Certes mais la question de mon article n’est pas de libérer les médecins des tâches administratives, si important cela soit-il. Ce que j’explique dans l’article c’est qu’il n’y a pas de raison d’imposer la visite à un médecin pour des conditions qui sont largement techniques et peuvent être faites par d’autres moins qualifiés. Le numerus clausus actuel est fait pour protéger des rentes, pas pour défendre l’intérêt du patient.

  39. Ce qui se voit, et ce qui ne ne se voit pas…De Bastiat à la production locale des pommes, revenons sur le travail de l’ophtalmo. La secrétaire, l’orthoptiste, sont très compétents à faciliter la prescription de bonnes lunettes. Hélas, un glaucome sans tension, un déchirure rétinienne qui va évoluer en décollement de rétine, un début de DMLA sournois qui va vous provoquer une atteinte irréversible de votre vue centrale, une tumeur choroïdienne périphérique qui va métastaser bientôt…toutes ces embêtantes pathologies qui feront qu’avec vos bonnes lunettes, vous ne verrez peut-être plus grand chose bientôt, et peut-être plus du tout ! Ce qui se voit, et ce qui ne se voit pas, c’est aussi à rapporter à une certaine addiction aux technologies, aux chiffres : « Plus nous nous croyons rationnels, plus grandit la tache aveugle où s’efface tout ce qui ne se calcule pas… »
    http://fredericjoignot.blog.lemonde.fr/2011/02/22/addition-generale-addiction-generale-un-essai-de-la-romanciere-isabelle-sorente/

    • TOUTES les professions médicales s’appuient sur un endoctrinement du par cœur (perroquets savants) jusqu’à l’obtention de l’internat ou externat, après on enseigne la pifométrie, l’écoute stétoscopique des poumons, et autres prescriptions de pilules (sauf placebos qui pourtant . . .) Quant aux affections/infections à détecter, les temps de latence sont tels que les évolutions sont plutôt poursuivies que précédées. Un empirisme béat règne sur toutes ces professions et les quelques 15 à 20% de praticiens compétents sont plus difficiles à détecter que les aiguilles dans les bottes de foin.

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