Archives de Tag: créativité

Le créosote, ce manager performant qui détruit votre entreprise

Je continue à étudier les facteurs de déclin des entreprises. Après avoir évoqué le silence imposé aux employés et les talents qui n’en sont pas, regardons aujourd’hui le manager créosote, celui qui tue tout autour de lui pour s’épanouir. Le créosote peuple à peu près toutes les entreprises que je rencontre et qui ont tant de mal à innover. N’y aurait-il donc pas un lien de cause à effet?

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Ce n’est pas à la créativité qu’il faut former nos étudiants, mais à l’innovation

Je réagis à un fort intéressant article du journal Le Monde qui souligne que la créativité est le nouveau crédo des grandes écoles. Former nos étudiants à être plus créatifs, c’est forcément une bonne idée, n’est-ce pas? En fait, non, loin s’en faut: la créativité ce n’est pas l’innovation, or c’est d’innovation dont ont besoin nos entreprises, pas de créativité.

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Effectuation: Pourquoi la décision entrepreneuriale est de nature créative

On admet facilement que les entrepreneurs sont créatifs. On parle d’ailleurs de « créateurs » d’entreprise, mais on ne sait pas vraiment pourquoi. On imagine simplement qu’étant entrepreneurs, ils doivent nécessairement être créatifs. Or la créativité des entrepreneurs ne vient pas de qui ils sont, aucune étude ne montre qu’ils sont naturellement plus créatifs que les autres, mais de ce qu’ils font. Regardons comment.

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Le désir de création est universel: tout le monde peut être entrepreneur

On ne compte plus les études qui cherchent à cerner le profil des entrepreneurs, qui cherchent à comprendre ce qui les motive et, surtout, ce qui les caractérise. Car bien sûr, nous voulons plus d’entrepreneurs. Si nous les comprenons mieux, nous serons capables de transformer plus facilement des gens « normaux » en des entrepreneurs, et tous nos problèmes économiques et sociaux seront réglés. C’est mal poser le problème. Pour comprendre pourquoi, il nous faut faire un petit détour en Ardèche, plus exactement près du village de Vallon-Pont-d’Arc. C’est ici que se situe la Grotte de Chauvet, ornée de 420 représentations d’animaux datant du paléolithique, soit il y a plus de 31.000 ans.

La psychologie, et en particulier le fameux modèle de la pyramide de Maslow, nous dit que l’être humain hiérarchise ses besoins: il cherche d’abord à satisfaire ses besoins physiologiques (manger, boire, dormir, etc.) avant de satisfaire les besoins de sécurité, d’appartenance, de confiance et enfin ceux relatifs à l’accomplissement personnel. Rien de plus évident? Rien de plus faux, en fait, et c’est la grotte de Chauvet qui le montre. Voilà des hommes avec lesquels nous n’avons presque rien en commun, vivant proches de l’état animal, confrontés chaque jour au froid, à la faim, à la maladie et à la mort, et qui, malgré tout, trouvent le moyen de peindre des fresques d’une beauté inouïe, capable des nous émouvoir plus de 30.000 ans plus tard! Ne pouvaient-ils pas attendre d’avoir un pavillon et une voiture avant de s’intéresser à l’art? Apparemment non. Il y a une leçon dans cela: les êtres humains veulent créer. D’une manière ou d’une autre. Ce désir est universel. Il existe en tous temps, en tous lieux et en toutes circonstances, même s’il peut prendre des formes infiniment différentes. Comme je l’ai indiqué dans un billet précédent au sujet des boîtes à idées, la question n’est donc pas comment susciter le désir de créer, mais plutôt comment cesser de l’étouffer. Tout le monde peut être entrepreneur, d’une façon ou d’une autre. Dans un autre billet, je m’interrogeais sur la motivation de l’entrepreneur. Alors que les ouvrages économiques expliquent systématiquement la création d’entreprise par l’appât du gain, j’évoquais la possibilité que cette motivation provienne d’un besoin de reconnaissance de l’individu au sein de la société, mais je montrais aussi les limites d’une telle explication. Peut-être plus que le désir de reconnaissance, c’est donc peut-être plutôt le désir de créer quelque chose de nouveau qui anime l’entrepreneur, rejoignant en cela l’artiste. Pour reprendre la citation de S. Sarasvathy, « L’entrepreneur transforme une idée en un artefact social. » Ainsi l’entrepreneuriat n’est pas une affaire de maximisation de profit, mais de création d’artefacts sociaux: entreprise, marché, produit, idées, œuvres.

Manager la créativité: innover en s’inspirant de Pixar, Ducasse, Jean Nouvel, Hermès…

Qu’ont en commun Pixar, Alain Ducasse, les ateliers Jean Nouvel, le Design Renault et Hermès? Ce sont toutes des organisations dont la raison d’être est la créativité, et qui ne peuvent donc survivre, sans même parler de performance, qu’en maintenant leur capacité créative. A l’heure où l’innovation est dans toutes les bouches, leur réussite intrigue et il est étonnant que ce type de structure n’ait pas plus fait l’objet d’études. Cette lacune est désormais comblée avec l’ouvrage de Thomas Paris: « Manager la créativité: innover en s’inspirant de Pixar, Ducasse, Jean Nouvel, Hermès… » récemment paru chez Pearson. Enseignant à HEC et chercheur au CNRS et à l’École polytechnique (Centre de Recherche en Gestion), Thomas Paris anime depuis plusieurs années un séminaire sur les industries créatives dans le cadre de l’Ecole de Paris. C’est de ce séminaire qu’est tiré le livre.

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Le dilemme créativité – discipline en innovation: le cas de 3M

Un thème récurrent de l’entrepreneuriat est celui de l’équilibre difficile entre créativité et discipline. Très souvent et par définition, les startups font preuve de créativité mais éprouvent des difficultés à traduire cette créativité en création de valeur, et ont du mal à se structurer lors qu’elles grandissent. Un manque de discipline compromet alors leur croissance à long terme. Les entreprises établies, au contraire, ont des systèmes de gestion relativement bien établis et clairement définis. Elles disposent d’une bonne capacité de management opérationnel et à l’amélioration continue de leurs lignes de produits, mais elles éprouvent des difficultés à maintenir, voire à renouveler, leur capacité créative, pourtant seule source de croissance à long terme.

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Être plus innovant: Le mythe de la boîte à idée

Les mythes ont la vie dure et parmi les mythes les plus durables de l’innovation figure celui de la boîte à idée. Nous ne sommes pas assez innovants? Créons une boîte à idée où chacun pourra faire part de l’idée qui améliorera nos performances, voire transformera notre entreprise en leader dans son domaine ou, mieux encore, lui ouvrira de nouveaux horizons. J’ai ainsi rencontré récemment deux très grandes entreprises, l’une dans un secteur technologique, l’autre dans celui du service, qui avaient mis en place un tel système. Bien sûr, l’informatique permet désormais de créer des boîtes à idées ultra-sophistiquées: un système à base de Web au design sympa ou l’administrateur peut suivre les suggestions en temps réel, organiser des votes, classer les suggestions, calculer des statistiques, etc.

La boîte à idée est indéniablement intéressante à plusieurs égards: d’abord elle permet effectivement de collecter des idées intéressantes qui peuvent dormir au sein des équipes. Ensuite, elle peut créer un sentiment collectif autour de l’innovation en montrant clairement que l’entreprise souhaite innover et qu’elle compte sur ses employés pour cela. L’effet d’émulation peut aussi jouer au niveau individuel comme au niveau des départements et unités d’affaire (vous avez vu la compta? Pas une idée depuis un mois!)

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