Archives de Tag: Low cost

La croissance inclusive, ça s’obtient (aussi) en baissant les prix

Ainsi donc, plusieurs grandes entreprises internationales viennent de s’engager à lutter contre les inégalités et à promouvoir la diversité en leur sein et dans leurs chaînes d’approvisionnement dans le cadre d’une initiative (Business for Inclusive Growth – B4IG) lancée sous l’égide de la Présidence française du G7, et coordonnée par l’OCDE. Sans surprise l’initiative a reçu un écho très important dans la presse, tant la question des inégalités est sensible aujourd’hui et tant la prise de conscience que les entreprises peuvent jouer un rôle dans la création de ce qu’elles appellent une croissance inclusive. Or, en soulignant qu’il fallait désormais « veiller à ce que les fruits de la croissance économique soient plus largement partagés », les entreprises signataires semblent oublier leur propre histoire: ce sont certainement les institutions qui ont le plus fait, et continuent à faire, pour lutter contre les inégalités, au travers d’un mécanisme simple: la baisse des prix.

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Innovation de rupture: Cette fausse impression de vitesse

Tout va plus vite! Le changement s’accélère! Du moins c’est ce qu’on entend à tout va. Et si cette antienne reflétait une mauvaise compréhension de la nature des ruptures et de la façon dont elles se développent? Et si, partant, elle amenait à construire de mauvaises réponses? Analyse des ruptures et de notre rapport au temps.

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Performance technique, facilité d’utilisation et prix: l’évolution des critères de performance d’un nouveau marché

J’ai évoqué dans un article précédent la tendance naturelle pour une entreprise de satisfaire ses clients les plus exigeants et le sur-service qui en résultait pour ses clients moyens, ouvrant ainsi la voie à une rupture par le bas. Revenons sur la dynamique qui se produit lorsque des clients sont sur-servis sur un marché.

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La source du dilemme de l’innovateur ou la tragédie du modèle d’affaire: 2 – La rupture par le bas

Ce billet est le second d’une série sur l’innovation de rupture et le modèle d’affaire.

Nous avons vu dans le premier article de cette série comment le modèle d’affaire d’une entreprise lui rend certaines opportunités inattractives. Revenons sur ce point en reprenant notre exemple d’un fabricant d’imprimante. On se rappelle que ce fabricant, qui offrait un modèle à 10.000 Euros avec un coût d’impression de 3 centimes par page, ne réussissait pas à introduire un modèle basé sur une technologie jet d’encre offrant un prix d’achat fois inférieur. Cet exemple met le doigt sur un phénomène beaucoup plus général de l’innovation qui est celui de la difficulté pour une entreprise de pénétrer des segments d’entrée de gamme avec succès.

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La grande rupture qui menace (plus que jamais) les écoles de commerce

Dans un billet précédent, j’évoquais la grande rupture qui menace les écoles de commerce, à savoir l’enseignement en ligne via Internet. J’observais, sur la base de récentes expériences aux Etats-Unis, que les nouvelles technologies sont désormais suffisamment mûres pour permettre le développement d’un enseignement de masse à faible coût, voire gratuit, qui représente une menace majeure pour les écoles de commerce si elles ne réagissent pas (en fait, toute les écoles traditionnelles, mais je limite mon propos au domaine que je connais, celui des écoles de commerce.) Voyons comment se développe ce processus.

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Thierry Breton menace l’innovation, l’emploi et les consommateurs dans les télécoms

Dans une tribune récente, Thierry Breton s’en prend à Free, qu’il accuse de mettre en danger l’industrie télécom française. Ses propos reposent sur des sophismes économiques qu’il est important de dénoncer.

Lire mon article ici dans Les Echos: Thierry Breton menace l’innovation, l’emploi et les consommateurs dans les télécoms.

Voir également mes deux articles sur la question: « Le low-cost, c’est le coeur du capitalisme« , et « La baisse des prix c’est bon pour l’emploi: Merci Free telecom« .

La grande rupture qui menace les écoles de commerce (et les autres)

Un spectre menace les écoles de commerce, le spectre du low cost. Victimes de leur succès, les écoles de commerce sont lancées sur une trajectoire de fuite en avant vers le haut de gamme qui conduit à leur mort, en tout cas dans leur forme actuelle. Pour comprendre le mécanisme infernal, il faut étudier plus en profondeur le modèle économique de ces écoles.

Pendant longtemps en France, les écoles de commerce ont fonctionné avec un modèle économique simple: très proches du service public, elles étaient financées par les chambres de commerce. Principalement consacrées à l’enseignement, les écoles fonctionnaient avec des budgets peu élevés et des frais de scolarité également faibles. Deux phénomènes se sont combinés pour bouleverser la donne: le premier est l’internationalisation des écoles, qui ont cherché à attirer des étudiants étrangers pour soutenir leur croissance. Il en est résulté une concurrence accrue des écoles au niveau mondial pour attirer les meilleurs étudiants. En France, cette concurrence a fait exploser au milieu des années 90 l’oligopole qui existait entre le petit groupe des écoles « Parisiennes » – HEC, ESSEC, ESCP et EM-LYON. Soudainement, HEC s’est rendue compte que son concurrent n’était pas ESSEC, mais INSEAD – qui bien que française n’avait jamais figuré dans un classement français – ou la London Business School, plus facile d’accès qu’HEC depuis Paris. Surprise stratégique de taille. Branle-bas de combat et cap sur l’internationalisation à marche forcée.

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