Comment l’automatisation crée des emplois en en supprimant: Exemples du textile et de la banque

J’ai montré dans un article précédent pourquoi la robotisation, loin de supprimer des emplois, était au contraire un facteur de création d’emplois. Je continue dans la même veine avec deux exemples, tirés des travaux du chercheur américain James Bessen.

Le premier concerne le tissage. Durant la révolution industrielle, de plus en plus de tâches ont été automatisées, amenant les ouvriers à se concentrer sur les tâches les plus complexes et sur la maintenance des machines. Résultat, une croissance très forte de la productivité. Durant le XIXème siècle aux Etats-Unis, la quantité de tissu qu’un seul ouvrier pouvait produire en une heure a ainsi été multipliée par 50. Cela a naturellement entraîné une très forte baisse des prix du textile, et donc une forte augmentation de la demande. Cette augmentation de la demande a à son tour suscité la production, ce qui a développé l’industrie et donc entraîné la création de nombreux emplois. Au final, entre 1830 et 1900, une période d’automatisation massive, le nombre d’ouvriers du textile a quadruplé.

Entre 1830 et 1900, une période d’automatisation massive, le nombre d’ouvriers du textile a quadruplé

Silence, je crée des emplois (Photo Airbus/L'Usine Nouvelle)

Silence, je crée des emplois (Photo Airbus/L’Usine Nouvelle)

Le deuxième exemple concerne le secteur bancaire avec l’introduction des distributeurs automatiques de billets. Là encore, il s’agit d’une innovation tout à fait typique permettant la réduction de la main d’oeuvre. Aux Etats-Unis, les distributeurs ont été introduits à partir des années 60 et fortement développés à partir des années 80, et l’impact a été évident: entre 1988 et 2004, le nombre d’employés moyen par agence est tombé de 20 à 13.

Mais l’effet ne s’est pas limité à faire baisser le nombre d’employés par agence. Car cette baisse du nombre d’employés a elle-même entraîné une baisse du coût moyen d’une agence, permettant aux banques d’en ouvrir plus pour répondre à la forte demande de proximité des clients.

Nombre d'employés et distributeurs (Source: james Bessen)

Nombre d’employés et distributeurs (Source: james Bessen)

Ainsi, sur la période considérée, le nombre d’agences a augmenté de 43%, augmentant du même coup le nombre total d’employés de banques. On voit sur la figure ci-dessus que le développement massifs de distributeurs automatiques de billets ne diminue pas, au final, le nombre d’employés, au contraire.

On le voit, l’automatisation supprime des emplois en effet direct, mais par la réduction des coûts que cette suppression entraîne, et également par l’amélioration de la qualité de service qu’elle permet (retirer de l’argent en dehors des horaires de fermeture, par exemple), elle augmente la demande, ce qui au final développe l’emploi. L’automatisation étend le marché, elle représente un pari sur la croissance.

Bien-sûr, l’argument qu’on avance toujours face à de tels exemples, c’est que cette fois, avec les robots, l’intelligence artificielle ou tout autre innovation permettant d’automatiser des tâches, ce sera différent. Mais l’argument est un peu court, car il n’y a pas de raison que les mêmes mécanismes n’opèrent pas.

Les exemples cités ici proviennent de l’article de The Economist, 25 juin 2016, et des travaux de James Bessen, de l’Université de Boston. On pourra également lire l’article de Bessen « The Automation paradox », dans The Atlantic ici. Voir mon article précédent « Pourquoi les robots créeront des emplois« . 

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30 réponses à “Comment l’automatisation crée des emplois en en supprimant: Exemples du textile et de la banque

  1. Didier Rouillard

    Il est peut-être pertinent d’arguer que les emplois créés ne seront évidemment pas de même nature que ceux que l’automatisation a forcément détruits . L’augmentation de la demande induite va susciter une activité plus forte du secteur qui se développera avec pour conséquence une croissance génératrice d’emploi dans des métiers connexes à ceux qui auront bel et bien disparus. D’où évolution dans la nature des compétences recherchées. La principale problématique me semble pas résider dans le débat sur la destruction ou la création d’emploi mais en effet à la résistance au changement , tant au niveau des employés ( « je dois remettre en cause les compétences qui sont les miennes pour m’ajuster à la demande du marché du travail ») qu’au niveau de la direction ( je dois en permanence revoir mon modèle d’affaire et remettre en cause ce qui a toujours marché).

    • Merci pour ce commentaire. En fait l’exemple des banques montre que la croissance peut aussi se faire à compétence égale. Avec les DAB, l’ouverture ne nécessite pas de compétence nouvelle. C’est purement quantitatif. On gère une succursale avec 13 personnes, et non plus 20, qui ont les mêmes compétences (elles continuent notamment à distribuer de l’argent liquide malgré la présence des DAB, comme chaque personne ayant visité La Poste peut le vérifier).

      • Didier Rouillard

        Cette croissance a compétence égale me semble relever de modèle économique anciens. Je me pose la question de savoir si dans notre environnement digital actuel cela prévaut de la même manière: automatisation digitale = création d’emplois supplémentaires à compétence égale

      • A minima. Mais bien-sûr s’y ajoute un 2e effet, un changement de nature celui-ci, qui nécessite de nouvelles compétences (réparateur de DAB par exemple)

  2. Bonjour,
    Vous raisonnez avec un exemple avant toute automatisation mécanique dans le textile, quoique le métier à tisser en fut un, ceci comporte un biais.
    Pour le second, vous ne tenez pas compte de l’évolution des pratiques grâce aux TIC. oui les agences vont disparaître progressivement au profit de la dématérialisation et banques en ligne.
    Indépendamment de de toute considération sur l’IA la robotisation va détruire des emplois.
    comparez notre taux d’emploi et de robotisation par ex avec celui du Japon, serait pertinent.
    Cdt

    • Oui nous avons moins de robots qu’en Allemagne et plus de chômage. L’absence de robots fait que nous sommes moins compétitifs, et donc que nous créons moins de valeur.

      • bonjour
        je suis plutôt d’accord avec vos analyses sur l’automatisation et la création d’emploi (à terme) mais je ne pense pas que cela passe exclusivement par la micro-économie et la compétitivité prix (comme pour le cas de la banque et des DAB) mais plutôt au niveau macro-economique par la ré-allocation de l’excédent de ressources vers la création et l’innovation (ce que vous illustrez dans votre autre article avec l’exemple de l’automobile).
        La meilleure santé de l’économie allemande par rapport à la situation française et notamment de son industrie s’explique plus par la forte spécialisation de cette industrie qui lui permet de tirer parti de la compétitivité hors prix que par le nombre de robots. On est bien d’accord que pour innover il faut investir et donc une entreprise compétitive aura plus de ressources disponibles mais il difficile de gagner 5% de compétitivité prix là où un la compétitivité hors prix peut apporter un premium de 15 à 30% !
        Dans ces conditions et comme le montre bien Pisano et Shih, ceux qui profitent au mieux des vagues d’automatisation sont ceux qui innovent au sein de clusters industriels plus larges.

  3. Il me semble entrapercevoir un biais dans votre analyse.
    Si l’automatisation du textile a permis la baisse de son prix et la diversification de l’offre par une concurrence accrue lié à une explosion de la demande (élasticité prix élevée), la comparaison avec les banque me semble peu pertinente : la baisse du coût de l’argent est peu liée aux coûts en main d’œuvre du secteur (ex. Politique monétaires) et l’élasticité du prix des services bancaires à mon sens faible, si pas nul. La baisse du coût des crédits, déjà très bas actuellement, non contente d’être peu corrélée aux coûts de personnel des opérateurs bancaire, ne va pas pour autant m’inciter à prendre un crédit supplémentaire. Au mieux le client bénéficiera d’un effet d’aubaine, mais il n’y a pas d’effet de mode ou d’achat d’impulsion dans le milieu bancaire. La diversification dans des métiers où la banque n’a, à mon sens aucune légitimé, me fait plus penser au parcours erratique dans la cour de la ferme d’un poulet décapité, qu’à la stratégie bien pensée de réflexion sur l’avenir/l’évolution du métier. La multiplication des courtiers en crédit vient presque en remplacement des personnels de front office disparus en agence, alors que le back office semble enfler encore alors que l’on demande au banquier d’assumer de plus en plus l’impéritie réelle ou supposée des emprunteurs en multipliant assurance de ceci, preuve de cela afin d’être bien certain que la banque aura tout mis en œuvre pour s’assurer que son débiteur sera un jour en situation de rembourser son prêt.
    En parallèle à cela, en France au moins, le secteur bancaire a organisé, en complicité avec les pouvoirs publiques, la non mobilité des personnel : la mise en place d’un diplôme non qualifiant, valable dans la seule banque qui l’a homologué, et obligatoire pour le personnel en contact avec les publics, verrouille à mon sens la mobilité des individu dans ce secteur du marché du travail. Sans que pour autant disparaissent les malversations d’employés indélicats que les banques camouflent toujours.
    Bref, il me semble qu’il existe tant dans l’environnement externe qu’interne de la banque, des éléments qui biaisent sérieusement l’analyse que vous proposez en corrélant le marché du travail de ce secteur avec son automatisation à venir.

    • Merci mais mon propos est beaucoup plus limité. Il consiste à dire que le coût d’opérer une succursale ayant baissé grâce à l’automatisation, les banques ont pu en ouvrir plus, ce qui a développé l’emploi, et également mieux servir leurs clients, ce qui a sans doute ralenti la substitution succursale/Internet.

  4. Je pense comme Philippe, que l’automatisation va faire gagner du temps aux personnes, et que les personnes trouveront elles-mêmes ou on trouvera pour elle de nouvelles tâches à valeur à effectuer.
    Par ailleurs, à mon avis, le débat n’est pas « est-ce que ça va détruire de l’emploi localement et en créer globalement ou pas », mais plutôt comment nous, décideurs, allons réagir.
    Car les gains sont tels, que voulue ou pas, la révolution numérique aura lieu.

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  7. Hugues Chevalier

    Bonjour,

    J’approuve l’analyse et la vision de Philippe Silberzhan tant du point de vue micro économique que macro économique. Elle remet à leur juste place des craintes collectives fondées sur un malthusianisme qui décidément a bien du mal à passer en France.
    Ceci dit, l’évolution des emplois mise en évidence dans cet article signifie aussi une évolution des savoir-faire (plutôt vers le haut de l’échelle des compétences). Et là, se pose un problème crucial de formation et de
    re-formation (y compris des cadres et managers). Je ne crois pas que nous en ayons saisi toute l’importance.

    Hugues Chevalier.

    • Bonjour
      Merci de votre commentaire. Effectivement il faut distinguer deux effets: le premier, à compétence égale, qui dit que moins de banquiers par succursale permet d’ouvrir plus de succursales où on trouvera les mêmes métiers. Le second, qui entraîne comme vous l’indiquez une évolution des compétences vers le haut.

  8. Damien Cailliau

    Je lis depuis quelques temps vos articles avec avec plaisir et beaucoup d’intérêt, et les trouve en général extrêmement pertinents.
    Pour autant, celui-ci m’interpelle.
    A titre liminaire, je ne suis pas économiste et n’ai donc que des compétences très limitées en la matière. Voyez donc mon commentaire en terme de question.
    Vous argumentez, avec des exemples pertinents, que le gain de productivité induit par une innovation de « rupture » a pu être compensé dans le passé par la hausse de la demande associée dans le même secteur d’activité, et qu’ainsi, globalement, sur un terme relativement court, l’impact sur le volume d’emploi dans le secteur concerné est positif. Ceci implique donc, que sur le terme considéré, le taux de destruction d’emploi est l’opposé du taux de création d’emploi dans le secteur, grâce à la croissance offerte par l’innovation (logique d’offre induisant la demande).
    Pour autant, plus qu’un constat que cela a fonctionné dans le passé, il m’aurait été plus clair (et intellectuellement satisfaisant) de comprendre comment le taux de gain de productivité amené par ces nouvelles technologies (et leurs améliorations successives) a été compatible du réservoir de croissance de demande sur les marchés concerné. Et comment ce réservoir de croissance a pu compenser la destruction d’emploi induite par le gain de productivité. Bref, d’identifier les conditions et paramètres qui ont permis ce succès, afin de pouvoir transposer à des cas plus contemporains, et assoir de manière un peu plus objective cette confiance vis-à-vis de l’évolution « disruptive » des capacité d’automatisation que nous observons.
    En effet, dans le cas de la révolution numérique, je m’interroge personnellement sur ces dérivées relatives: le gain de productivité induira-t-il, sur les mêmes marchés, un gain de demande susceptible de compenser la destruction d’emploi ?
    Quels arguments solides pouvons-nous invoquer ? Quels paramètres présent aujourd’hui, joueront en la faveur de ce mécanisme ?
    Il me semble que le numérique, en particulier si on invoque l’IA, a le potentiel de faire changer radicalement l’ordre de la courbe du gain de productivité (comprendre: ramené à la masse salariale) et donc du volume d’emploi nécessaire pour une même tâche, par rapport à ce que l’on a connu dans le passé. Comprenons que nous parlons ici non pas de machines supervisées et améliorées par l’homme, mais de machines qui vont rapidement s’auto-gérer et à terme s’auto-améliorer, apprendre d’elle-même, avec une intervention de plus en plus réduite de l’homme sur leur cycle de vie (principe qui sera généralisable à toutes les machines produites, qu’elles soient outil pour l’industrie ou bien de consommation courant).

    Vous illustrez l’article par une magnifique photo des chaines de montage d’Airbus. Utilisons donc cet exemple: un jour (quelques 10aies d’années, donc pas si lointain que cela, si on en croit les technologues), il ne faudra probablement plus que quelques 10aines « d’humains » pour superviser les robots qui construisent les pièces et assemblent un avion de bout en bout (un robot pourrait assez rapidement s’auto-maintenir, ie. se faire réparer de lui même, pas un autre robot dédié à remplacer ses constituants défectueux ou perdant de leur performance, dans un mode de production dit « pull » complètement automatisé). Le gros de la valeur ajoutée de l’humain sera alors dans le développement et l’industrialisation, non plus dans la production, source des revenus et du gros du volume d’emploi. C’est en tous cas l’horizon que l’on semble viser, et c’est extrêmement excitant pour un ingénieur.
    Mais à cet horizon là, y aura-t-il un marché qui nécessitera de produire en parallèle en permanence des milliers d’avions pour compenser la destruction d’emploi induite par l’avènement de la robotique liée à l’IA ? Honnêtement, je ne vois pas d’arguments qui soutiendrait une telle évolution drastique.

    (remplacez dans l’exemple ci-dessus « avion » par n’importe bien de consommation produit à un volume « conséquent »)

    Dès lors, de mon point de vue, la vraie question vis-à-vis de l’automatisation et de la robotique n’est-elle pas plutôt celle des autres secteurs d’activité de volume en croissance géométrique (note: la population terrestre augmente), probablement encore à inventer, qui compenseront les emplois industriels actuels détruits par la robotisation, et non la seule compensation sur un même marché des emplois détruits par le gain de productivité et la croissance du-dit marché ainsi stimulée, ce qui est le propos que vous illustrez si j’ai bien compris ?
    Dans ce sens, il me semble que la question est donc toujours posée ?

    Bref, comme suggéré dans d’autres commentaires, il faut créer du nouveau, source de travail « human-intensive », ailleurs (innover) ; je ne pense pas qu’on puisse ici avec le numérique raisonner purement en vase clos (compensation au sein d’un même secteur).

    Je me permets alors de glisser une question qui pourrait faire échos à d’autres articles que vous avez pu publier: une entreprise (disons un grand groupe international, gros employeur) qui se sentirait socialement responsable (par exemple au niveau de son management intermédiaire) ne pourrait-elle pas alors être confrontée à une résistance à la mise au point et au déploiement d’innovations de rupture (telle l’automatisation), non uniquement par immobilisme, mais par réticence à affronter la destruction d’emploi induite dans ses propres équipes, fusse-t-elle temporaire ? Le management intermédiaire, au front au quotidien, n’est finalement qu’un homme …

    (je nierait, même sous la torture, avoir jamais été témoin d’un tel comportement !)

    • Bonjour
      Avant tout merci pour votre commentaire (qui est en fait une contribution à lui tout seul!) extrêmement intéressant et argumenté.
      Effectivement l’argument est qu’une augmentation de productivité pour une agence abaisse son coût d’exploitation, et la perte d’emploi causée par cette amélioration est, au global, compensée par l’augmentation du nombre d’agences permise par cette baisse de coût. Dans les deux exemples, cela fonctionne parce qu’il y a une demande que ne pouvait pas satisfaire l’offre au niveau de coût initial. Mais je pense que le mécanisme fonctionne même s’il n’y a pas demande, car l’augmentation de la productivité dégage des ressources qui sont mieux utilisées par le « système ».
      Mon argument est qu’il n’y a pas de raison pour que ce mécanisme, qui fonctionne depuis la première révolution industrielle, ne continue pas de fonctionner. On oublie que cette augmentation de productivité ne s’est pas fait à la marge: il s’est agi de suppressions massives d’emplois à chaque vague d’automatisation. Par exemple au début du XXe siècle, la 2e catégorie d’emploi après les agriculteurs étaient les domestiques. Cette catégorie a presque totalement disparu.
      En ce qui concerne les avions, l’exemple est intéressant: la baisse du prix du transport aérien est massive depuis ses débuts dans les années 30. Elle a été permise, notamment, par la baisse du coût de fabrication des avions. Cette baisse a mécaniquement entraîné une explosion du marché des transports à tel point qu’un ouvrier de nos jours peut aller passer ses vacances à Majorque ce qui aurait été inconcevable il y a 50 ans. Et cela a naturellement un effet sur l’emploi: environs 180.000 personnes travaillent directement dans le secteurs aux seuls Etats-Unis (et il faut y ajouter les emplois indirects). Tout augmentation de la productivité contribuera à améliorer les profits d’Airbus, d’une part, et à réduire le coût des avions, d’autre part. Ce n’est sans doute pas un hasard si les carnets de commande son pleins et que les listes d’attente pour livraison des appareils s’étirent.
      Par ailleurs vous avez raison de souligner que le véritable enjeu est l’invention de nouvelles industries (c’est le second effet sur l’emploi) au-delà du raisonnement à compétence et industrie identiques. Là encore rien ne permet de penser que ce ne sera pas fait. On a peine à l’imaginer, mais cela arrive. Personne n’avait anticipé l’explosion de l’économie Internet, et celle-ci se développe depuis près de trente ans maintenant.
      Sur votre dernier point, une entreprise qui se sentirait « socialement responsable » en réduisant son innovation pour préserver les emplois se condamnerait à terme, et pour éviter quelques licenciements, finirait par licencier tout le monde. On touche là les limites des raisonnement de bonne conscience, l’enfer, comme l’on dit, est pavé de bonnes intentions. Un pari malthusien est, selon moi, toujours un mauvais pari, mieux vaux parier sur la croissance.
      Merci encore de votre contribution.

  9. Je suis votre blog depuis un petit moment et j’adore vos articles.
    Cette question de l’automatisation et du remplacement des hommes par les machines devrait être centrale pour nos politiques qui ne voient rien venir !
    Je ne suis pas économiste ni ingénieur mais il me semble que la recréation de nouveaux emplois dans les situations décrites dans votre article, est un peu surévalué.
    A la longue, on aura toujours moins d’emplois comparé à la situation précédente. Ce qui est le but premier de l’automatisation au départ : nous affranchir du travail.
    Les emplois restants (car ils y en aura toujours bien sûr) seront encore plus qualifiés et donc pas à la portée de tout le monde quoiqu’on en dise.
    Faire une reconversion, s’adapter aux nouveaux marchés de l’emploi, ok.
    Mais si ces emplois demandent des compétences demandant 5 ans d’études ? Arrivé à un certain âge, pour certains c’est impossible.
    Qu’allons nous faire pour tous les autres ? Et d’ailleurs qui pourra consommer si plus personne n’a de travail vu que les machines feront toujours mieux ?
    Je prends un exemple : je travaille comme informaticien avec des collectivités locales. Je participe à la conception de logiciel informatique qui permet de simplifier et faciliter les taches des employés de mairie.
    Sauf qu’en simplifiant trop, certains employés ne seraient donc plus utiles pour les taches à effectuer. De 10 employés, on pourrait réduire le travail à 2 personnes ( si mon logiciel est bien conçu bien sûr ).
    Alors oui il y a la gestion et la maintenance du logiciel qui donc créerait de nouveaux emplois mais cet maintenance demande des compétences particulières que les 8 employés (supprimés précédemment), n’ont pas.
    De plus dans un avenir proche, cet maintenance pourra sans doute être automatisé elle-même.
    (Petit aparté : c’est aussi pour ça qu’on ne produit pas forcément de logiciel ultra efficace – alors qu’on pourrait le faire – sinon bonjour les conflits sociaux =D)
    Cela ne risque t il pas de créer un système encore plus élitiste que ce qu’on a actuellement ? Avec ceux ultra qualifiés pour qui pas de souci et la masse moyenne bien plus nombreuse sans travail ?

  10. Je suis votre blog depuis un petit moment et j’adore vos articles.
    Cette question de l’automatisation et du remplacement des hommes par les machines devrait être centrale pour nos politiques qui ne voient rien venir !
    Je ne suis pas économiste ni ingénieur mais il me semble que la recréation de nouveaux emplois dans les situations décrites dans votre article, est un peu surévalué.
    A la longue, on aura toujours moins d’emplois comparé à la situation précédente. Ce qui est le but premier de l’automatisation au départ : nous affranchir du travail.
    Les emplois restants (car ils y en aura toujours bien sûr) seront encore plus qualifiés et donc pas à la portée de tout le monde quoiqu’on en dise.
    Faire une reconversion, s’adapter aux nouveaux marchés de l’emploi, ok.
    Mais si ces emplois demandent des compétences demandant 5 ans d’études ? Arrivé à un certain âge, pour certains c’est impossible.
    Qu’allons nous faire pour tous les autres ? Et d’ailleurs qui pourra consommer si plus personne n’a de travail vu que les machines feront toujours mieux ?
    Je prends un exemple : je travaille comme informaticien avec des collectivités locales. Je participe à la conception de logiciel informatique qui permet de simplifier et faciliter les taches des employés de mairie.
    Sauf qu’en simplifiant trop, certains employés ne seraient donc plus utiles pour les taches à effectuer. De 10 employés, on pourrait réduire le travail à 2 personnes ( si mon logiciel est bien conçu bien sûr ).
    Alors oui il y a la gestion et la maintenance du logiciel qui donc créerait de nouveaux emplois mais cet maintenance demande des compétences particulières que les 8 employés (supprimés précédemment), n’ont pas.
    De plus dans un avenir proche, cet maintenance pourra sans doute être automatisé elle-même.
    (Petit aparté : c’est aussi pour ça qu’on ne produit pas forcément de logiciel ultra efficace – alors qu’on pourrait le faire – sinon bonjour les conflits sociaux =D)
    Cela ne risque t il pas de créer un système encore plus élitiste que ce qu’on a actuellement ? Avec ceux ultra qualifiés pour qui pas de souci et la masse moyenne bien plus nombreuse sans travail ?

    • Merci pour votre commentaire. La faille dans votre raisonnement, c’est que vous ignorez les conséquences du passage de 10 employés à 2. Cela représente un abaissement des coûts. Cet abaissement va se répercuter de plusieurs façons: abaissement du prix pour le client, qui pourra augmenter la demande, donc la production, donc nécessiter d’embaucher un 3e employé, meilleure rémunération des 2 employés qui restent, investissement dans une nouvelle ligne de produits, etc. Au final, la meilleure efficacité est créatrice de valeur, valeur qui est ensuite partagée de plusieurs façons possibles, et c’est la création de valeur qui crée l’emploi. Il y a donc ce qu’on voit – la réduction immédiate de 10 à 2 employés, et ce qu’on ne voit pas, la valeur créée, créatrice ultérieure d’emploi.

      • Abaissement des couts d’accord, nécessité d’embauché un 3e employé d’accord.
        Mais ce 3e employé aura besoin d’avoir des compétences supérieures que les 8 autres.
        Et clairement la formation ne suit pas par rapport à l’évolution technique !
        En attendant, les 8 autres deviennent quoi ?
        Les 8 autres devront s’adapter ou être encore plus compétitif ? Mais comment ?
        De plus, comment ces 8 autres pourraient consommer si pas de revenu ?

      • Si la croissance est là, le système peut les absorber. Le grand enjeu est donc de supprimer les barrières actuelles à la croissance. Mais vous avez raison, le système de formation est défaillant, en particulier en France. Cela étant dit, les besoins ne seront pas tous sur des postes super-qualifiés. Par exemple, la croissance actuelle aux US favorise l’emploi des qualifications « moyennes ».

      • Mais les postes non qualifiés seront à terme largement remplacés par des machines.
        On en est pas encore à l’IA, mais on voit tout les jours des avancées de plus en plus performantes en robotique. Et cela va peut-être arriver plus vite que prévu.
        Qui va faire ces travaux vu que la machine sera plus performante ? Arriverons nous à une limite de notre système ? Ou alors une disparité encore plus importante entre ceux qualifiés et les autres ?

      • Non je ne crois pas. La croissance est infinie contrairement à tout ce qu’on peut croire. Nous n’avons qu’à peine commencé à gratter le potentiel humain. Les grecs croyaient déjà que tout était inventé.

  11. Bonjour,
    Ainsi donc, la robotisation des agences bancaires conduirait à en ouvrir davantage, pour « vendre » du conseil ? Je n’y crois guère (vision trop « linéaire » de l’évolution, ignorante des clients qui, bon gré mal gré, ont appris à fuir les rapports humains).
    Je n’y crois guère et c’est pourquoi j’avais commis (il y a 4 ans déjà !) un petit article dans le blog des Échos. C’est en : http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2012/08/01/cercle_51507.htm

    Bonne lecture 😉

    Depuis, même si l’évolution est plus lente que je ne le pensais, les perspectives pour l’avenir se sont encore encore assombries, avec la volonté de supprimer les espèces, « que ça vous plaise ou non » (préalable indispensable aux taxes des avoirs et aux taux négatifs).

  12. Je voudrais rebondir sur les réflexions aéronautiques de Damien Cailliau…
    L’image de la chaîne de production totalement robotisée, le rôle des humains se bornant au développement et à l’industrialisation peut fonctionner à l’instant T. Mais d’où viendra la compétence de la génération suivante ?
    Par principe, un système éducatif ne saurait transmettre qu’un savoir structuré. Donc obsolète. Une école ne saurait former que des suiveurs…
    Les leaders ? ils émergent sur le terrain, un terrain ou il se fait des choses, et où les erreurs sont permises.
    Dans le logiciel, les immobilisations sont suffisamment faibles pour que des individus puissent développer expérience et créativité, à leur frais aux besoin (donc sans que le management sache qu’il n’est pour rien dans le maintien des compétences). Mais dès qu’il s’agit de matériel, vu le niveau d’investissement nécessaire, le risque est réel d’avoir des concepteurs « suiveurs » qui ne sauront que dupliquer des schémas existants ou achetés. En décalage temporel sur les leaders.
    Ou, pire, de voir (ré-)apparaître des erreurs de conception faute d’une expérience accessible (un fichier anonyme dans un disque dur crypté compte pour zéro…).

  13. Bonjour,
    je me permets un commentaire critique sur votre analyse. L’argument clé est il me semble qu’un développement technologique appelle la création d’une nouvelle demande ou permet de répondre davantage à une demande déjà présente initialement.

    Tout d’abord, y a-t-il d’autres preuves que l’habitude pour cet argument?
    Les lois économiques sont toujours liées à un contexte socio-économique propre, l’exemple de Keynes aux USA dans les années 30 est assez célèbre. Vous utilisez votre argument hors de tout contexte, ce qui ne peut pas manquer de lui faire perdre de sa pertinence. Le fait que, dans vos deux exemples, de l’emploi ait été créé ne veut pas dire que c’est la règle générale.

    Par exemple, votre argument principal repose sur le fait que la demande est infiniment extensible (puisque les emplois supprimés vont selon vous nécessairement être redirigé pour répondre à une demande autre, c’est que cette demande existe), de même que la production (pour répondre à cette même demande et embaucher): il me semble que cette considération qui pouvait paraître viable au 19eme et au début du 20eme siècles s’effrite lorsqu’on considère le fait communément acquis aujourd’hui que notre planète est limitée.
    Même sans parler de risque environnemental comme le réchauffement climatique, l’épuisement d’un certain nombre de gisements (de métaux en particulier) signifie que même combler le niveau de demande actuel risque de représenter un défi majeur pour les décennies à venir. Vous faites la même erreur que Jean Baptiste Say :« Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques » – Jean-Baptiste Say, Cours d’économie politique pratique, 1815.
    Comprenons-nous bien: la quantité de matériaux ne diminue pas (à l’exception, importante pour la France, des produits fissiles tels que l’uranium qui sont détruits lors de la production d’énergie), seulement ces matériaux sont de moins en moins concentrés et leur extraction coûte de plus en plus cher en énergie (alors que précisément, on en manque): on risque donc de se retrouver avec une diminution de l’offre de produits (au moins sur le plan matériel) sur les domaines déjà existants.
    Pour ceux qui estiment que le développement des énergies renouvelables permettra de compenser la disparition des énergies fossiles, je suggère la lecture du rapport de l’ADEME de l’année dernière sur le 100% électricité renouvelable: on y lit que le 100% électricité renouvelable est possible en 2050, en produisant environ 450 TWh, quand la demande actuelle est plutôt de 550 TWh. L’électricité ne représentant qu’environ un cinquième de notre consommation d’énergie finale, c’est donc moins de 20% de l’énergie consommée actuellement que nous pourrons produire (les gisements d’éolien au sol et de photovoltaïque seront alors utilisés à environ 80%), avec 3% d’occupation des sols (la France reste relativement favorisée, étant peu dense en population, des pays plus denses seront forcés de mobiliser une bien plus grande partie de leur surface pour une production d’énergie similaire).
    A cela s’ajoutent d’autres problèmes liés aux métaux rares utilisés pour ces technologies (néodyme, dysprosium pour l’éolien et les voitures hybrides, gallium et indium pour le dopage du photovoltaïque) qui font qu’on ne pourra pas équiper tous les pays de la sorte. De plus la majeure partie de la production a lieu en Chine donc nos possibilités de négociation sont faibles.
    En bref, la matière qui nous sera accessible va donc vraisemblablement diminuer, et la production (et donc la demande) matérielle qui en résultera sera diminuée. Même si notre économie est largement tertiaire, il ne peut pas y avoir d’entreprise déconnectée du matériel : le développement de l’IA utilise des calculateurs, la fibre pour la nourrir en données, des systèmes de refroidissement (pas de supercalculateur sans refroidissement) ou même ne serait-ce qu’un bureau pour que les gens d’un même travail puisse échanger (même si le télétravail a probablement de beaux jours devant lui dans ces domaines, majoritaires sont les entreprises qui estiment impossible de ne pas réunir leurs travailleurs pour les coordonner). Une diminution de l’accès à la matière aura sans aucun doute des impacts importants sur l’économie immatérielle, qui se caractériseront par une diminution de la production et par suite de la demande (par l’augmentation des prix).
    C’était une parenthèse assez longue, mais qui montre que la production – matérielle au moins – n’est pas infiniment extensible. Penser que la demande sera forcément au rendez-vous pour inciter à remplacer les emplois perdus me paraît donc relever de la gageure.

    Par ailleurs, pour revenir sur l’exemple des ouvriers qui ont quadruplé entre 1830 et 1900, c’est surtout l’effet du progrès des techniques agricoles tout au long du 19eme qui a laissé nombre de paysans sans autre recours que de partir à la ville chercher du travail (à cause de la diminution des prix qui en a découlé). Il me paraît juste de dire aussi que la qualité de vie a aussi singulièrement diminué dans la première partie de la période (ce sont les bien connus romans de Charles Dickens), parce que l’uniformisation du travail (tout le monde devenait travailleur à la chaîne en même temps) donnait un pouvoir de négociation immense au patronat sur leurs ouvriers: c’est en particulier le cas pour les tissus (alors que la sidérurgie, qui demandait plus de qualifications, avait des ouvriers nettement mieux payés). Si les premiers mouvement syndicaux et les premières législations sur le temps de travail sont apparus à la fin du 19eme siècle, c’est qu’il y avait besoin d’y recourir (et aussi que la grande dépression de la fin du 19eme siècle rendait le patronat moins puissant à ce moment-là). Ce point là montre que la formation des ouvriers peine parfois à suivre

    Enfin, comme certains commentaires l’ont souligné, la demande peut très bien ne jamais revenir au même endroit (exemple des agriculteurs en France dont le nombre ne cesse de diminuer): le déploiement technologique revient donc à réduire le champ d’application du travail humain, puisque certaines tâches lui seront interdites de fait.
    Certes, la technologie peut aussi ouvrir de nouveaux domaines de travail, mais sur le plan qualitatif, rien ne permet d’assurer qu’on ne va pas vers une uniformisation du travail (le travail manuel, par exemple, a considérablement reculé devant ce qu’on pourrait appeler le travail intellectuel et le travail relationnel), cantonné désormais à ce que les machines n’arriveront pas à faire. Cela risque d’entraîner de sérieux problèmes de motivation au travail (tout le monde n’étant pas nécessairement « fait » pour remplir les mêmes tâches). Il me semble que vous ne considérez que la partie purement utilitaire du travail, la production, ce que je trouve très réducteur.
    Le travail est aussi un lieu de réalisation de soi et d’insertion dans une sphère sociale, qui tiennent une place importante dans la motivation au travail, qui est un facteur important de créativité. L’IA est la première révolution technologique à avoir un impact sur la créativité (il existe d’ores et déjà des logiciels de composition automatique de musique par exemple) et non pas seulement sur l’exécution: si la première révolution industrielle est presque venue à bout du travail manuel, cette deuxième révolution (informatique) risque d’entamer sérieusement le travail intellectuel et artistique. Même s’il y a des reports vers un autre domaine d’activité, cela veut dire qu’on limite le champ de compétence des humains et les domaines qu’on explore. En fait cela pose la question de la raison et de l’objectif du travail: la production est certes un but mais l’exploration d’un métier en est un aussi, fabriquer de l’humain et des relations sociales également (ou peut-être ne sont-ce pour l’économie que des « externalités positives », mais leur disparition affecterait singulièrement la performance des entreprises, et la qualité de vie en général). En tout cas la question mérite d’être posée, je trouve, car ces quelques exemples, contrairement à la conclusion de votre article, montrent qu’on a des raisons de penser que tout ne se passera pas forcément comme dans vos exemples.

    PS: voilà la source du rapport de l’ADEME pour ceux que ça intéresse
    http://www.ademe.fr/mix-electrique-100-renouvelable-analyses-optimisations

    Pour ce qui est de l’épuisement des ressources (du moins des ressources concentrées et dont facilement accessibles), je ne propose pas de site, parce que les données varient suivant les estimations et suivant les matériaux; cependant c’est un sujet qui est bien documenté et sur lequel il est facile de trouver des informations: la terminologie « quelques décennies » bien que floue, recouvre la majeure partie des matériaux.

    • Hugues Chevalier

      Bonjour à tous.

      Le commentaire de Sylvain parait relever d’un malthusianisme enraciné dans la culture française ainsi que dans la culture « écolo ».
      Il part de l’hypothèse que le stock de matières premières et de matériaux n’est pas extensible. Cela est vrai pour les matériaux offerts par la nature; cela est faux pour les matériaux créés par l’homme et sa technicité. Ces derniers sont en train de remplacer progressivement les matériaux primaires. Par exemple, on sait désormais créer des techno-matériaux pourvoyeurs d’électricité qui n’existent nulle part dans la nature et qui à terme remplaceront le Lithium et l’Uranium.
      Il faudrait quand même se renseigner sur les avancées de la science et de la technologie plutôt que de regarder vers le passé, d’écrire des choses qui, pour être de la réalité d’aujourd’hui, ne seront pas celle de demain.
      Hugues Chevalier.

  14. Mouais… Et du coup la conclusion c’est : tout ira mieux dans le meilleur des mondes ? faîtes taire les Cassandre et foncez ?

    C’est tout de même très simpliste pour « The most important economical question of the 21st century » comme le dit si bien Yuval Noah Harari. La question étant : que faire de tous ces humains devenus économiquement inutiles ?

    Je la tente en version pessimiste :

    L’humain passe de « processeur de données pour prendre des décisions » à « contrôleur de l’algorithme automatique de décision ». Par exemple un cardiologue cherchant des maladies en lisant un électrocardiogramme, utilise désormais l’algorithme d’une petite startup pour cette partie de son travail.
    -> Et bien ça ne sont pas les mêmes personnes qui vont changer de travail. Et le nombre de personnes sera ridiculement plus petit pour une même activité (on factorise bien mieux dans le numérique, la copie est « gratuite »).

    Alors bien sûr c’est une opportunité économique formidable, qui générera de nouveaux business en pagaille. Mais quid des personnes qui vivront cette transition à folle allure ? Et comment redistribuer la richesse ainsi concentrée ?

    Encore avant de quitter les mines et usines textiles, les ouvriers étaient au champs. Pas sûr que la transition ait été douce.

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