Et si le premier obstacle au changement était le dirigeant?

La capacité d’un collectif à surmonter les échecs et les blocages détermine sa survie. Lorsque cette capacité fait défaut, le premier responsable en est souvent le dirigeant lui-même. Combien sont en effet capables, lorsqu’un changement échoue, d’un diagnostic sincère – c’est-à-dire d’un diagnostic qui ne les épargne pas ? Que ce soit en politique ou en entreprise, la façon dont on lit une situation détermine ce qu’on est capable d’en faire. Or cette lecture est rarement neutre : elle reflète des convictions, des angles morts, une certaine idée de là où se situe le problème – en substance les modèles mentaux. Tant que le dirigeant ne s’inclut pas lui-même dans l’équation, il y a peu de chances qu’il trouve les bonnes réponses.

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Cascade de disponibilité: Pourquoi les idées qui gagnent ne sont pas toujours celles qui sont justes

Les idées qui semblaient incontestables hier peuvent être abandonnées presque du jour au lendemain, remplacées par d’autres tout aussi incontestables. Par exemple, ces dernières semaines, de grandes entreprises et institutions américaines ont renoncé les unes après les autres à leur politique DEI (diversité, équité et inclusion), qu’elles avaient pourtant défendue pendant des années.

Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de changement soudain d’opinion. De manière générale, il est frappant de constater à quelle vitesse l’opinion publique peut évoluer sur un sujet donné. Ce phénomène contre-intuitif s’explique pourtant par un processus appelé cascade de disponibilité. Il montre que les idées qui triomphent ne sont pas nécessairement les plus justes, mais celles qui sont les plus visibles et répétées.

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Management: Faut-il être gentil?

Dans l’une des tables rondes du forum Peter Drucker qui s’est tenu à Vienne la semaine dernière, et alors qu’elle était invitée à conclure son propos, l’une des intervenantes a déclaré que dans le monde actuel, difficile et incertain, il fallait absolument être plus gentil les uns envers les autres. Je ne pense pas du tout qu’elle a raison, et cet impératif entre selon moi dans la catégorie des fausses bonnes idées.

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Convaincre ou donner envie? Ce qu’Antoine Parmentier nous apprend sur l’innovation

Comment convaincre les collaborateurs de son entreprise d’être plus innovants? C’est la question que me posent immanquablement les participants lorsque j’anime un séminaire d’innovation. Après souvent des années de tentatives infructueuses, de méthodes essayées les unes après les autres, et de frustrations à voir que les efforts ne débouchent pas sur grand-chose, ils sont toujours à la recherche de la potion magique, celle qui débloquerait tout. Je leur explique que cette potion n’existe pas, ce qui me coûte souvent assez cher, mais qu’ils peuvent franchir un pas important en reconnaissant que le problème réside en partie dans l’idée de convaincre les autres. Il vaut beaucoup mieux donner envie. Donner envie plutôt que convaincre, ces deux postures sont illustrées par deux personnages fameux dans l’histoire, Ignace Semmelweis et Antoine Parmentier.

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Falsification de préférences: pourquoi rien ne change quand tout le monde est mécontent

Des situations socialement insatisfaisantes persistent parfois très longtemps alors qu’individuellement, nombreux sont ceux qui en sont insatisfaits. Ce phénomène d’inertie a toujours étonné les chercheurs mais aussi ceux qui vivent de telles situations. Cela tient à une distinction très importante entre l’opinion publique et les préférences privées, et à l’observation, contre intuitive, que la première n’est pas la simple addition des secondes. Pour comprendre pourquoi rien ne change même quand tout le monde est mécontent, il est très important de comprendre la dynamique entre les deux, avec la notion de falsifications de préférences.

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Les gilets jaunes ou la confusion des modèles mentaux dans un monde qui change

J’observe le mouvement des gilets jaunes avec fascination et je ne peux m’empêcher de voir à quel point il fait voler en éclat nos modèles mentaux, c’est à dire la façon dont nous expliquons le monde. Je m’intéresse au changement, ou plutôt à la difficulté de changer, et comme la plupart des observateurs, et même des acteurs, je n’arrive pas à trouver une explication satisfaisante à ce mouvement car il défie les classifications existantes. C’est bien-sûr le propre des phénomènes de rupture, qu’ils soient industriels, sociaux ou politiques et à ce titre déjà, ce mouvement est important. En faisant voler en éclat nos modèles mentaux, les ruptures créent d’abord la confusion parmi les acteurs, et préparent le terrain pour celui qui saura reconstruire un modèle sur la base de cette confusion. C’est au stade de confusion que nous sommes et la suite va être assez intéressante.

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Comment le modèle mental s’oppose au changement: la tragédie des colons du Groenland

Qu’est-ce qui empêche de changer face à une évolution de son environnement? Les causes sont multiples, mais parmi elles figure en bonne place la façon dont on perçoit le monde et dont on se perçoit soi-même, c’est à dire son modèle mental. L’importance du modèle mental est particulièrement frappante dans un cas historique important, celui de la disparition de la colonie norvégienne du Groenland.

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Pourquoi transformer une organisation est difficile: Ressources, processus, modèles et la migration des compétences

Pourquoi une entreprise n’arrive-t-elle pas à changer lorsqu’elle fait face à une rupture? Une partie de la réponse se trouve dans l’observation que ce qu’une organisation sait faire, se compétences, migre au cours du temps: sa capacité réside d’abord dans ses ressources (notamment humaines), puis elle évolue vers des processus et enfin vers des modèles mentaux. C’est à ce dernier stade que le changement est le plus difficile.

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