Dans un monde gagné par l’envie de décroissance, la performance a mauvaise presse. Elle est suspecte du point de vue moral. On lui préfère la robustesse, synonyme de sobriété et de sécurité dans un monde très incertain et dangereux. Pourtant, comme toutes les dichotomies, elle masque une réalité complexe qui est que l’une ne peut aller sans l’autre.

Il est devenu presque indécent de parler de performance quand on parle de management. La quête de performance est accusée de tous les maux dont souffre notre société. Elle est présentée comme une fuite en avant qui épuise les hommes et les ressources. Il faudrait lui préférer la robustesse: : une capacité à encaisser les chocs, à survivre dans l’incertitude, à préserver des marges de manœuvre plutôt que d’éliminer toute forme de redondance. Ce modèle, plus modeste, plus prudent, cherche à construire des organisations ‘résilientes’ plutôt que des machines optimisées jusqu’à l’extrême. Dans cette perspective, la robustesse est vue comme une condition de la durabilité, alors que la performance serait, au fond, une stratégie de court terme menant à une impasse. Elle serait moralement suspecte, alors que la robustesse serait la vertu même. Opposer performance et robustesse est pourtant un faux débat. Tout système doit être à la fois performant et robuste.
Tout système doit être performant
Tout système doit être performant parce qu’un monde sans performance serait épouvantable. Pour comprendre pourquoi, il importe de définir ce qu’on entend par performance. Le terme désigne d’abord pour un système le fait de répondre à sa raison d’être. Un hôpital est performant s’il soigne les malades. A cette aune-là, personne ne veut, en pratique et dans la vie réelle, être confronté à une organisation non performante: être soigné dans un hôpital défaillant, acheter une voiture de mauvaise qualité, faire ses courses dans un centre commercial mal approvisionné, arriver dans une chambre d’hôtel sale, etc. C’est de la performance des hôpitaux que nous attendons notre santé, de celle de la police notre sécurité, de celle de l’éducation nationale notre éducation, de celle de l’hôtelier nos vacances réussies, de celle du commerce notre alimentation, etc. Le ‘paradigme de performance’, tant décrié de nos jours, c’est d’abord cela: des institutions qui fonctionnent. Essayez sans, vous verrez.
La performance se définit aussi souvent comme un rapport entre ce qui est produit et ce qui est consommé, c’est à dire les ressources. Une bonne performance, c’est faire le plus possible (ou le mieux possible) avec le moins de ressources possible. Ici la performance est la condition de survie, mais aussi de création de richesse sans laquelle l’organisation ne peut durer. La performance d’une organisation est donc aussi une condition de la robustesse.
Le prix de la non-performance
Une entreprise non performante est anti-sociale ; elle vit aux dépens de la société au lieu d’y contribuer. Elle fait supporter le coût de sa non-performance à ses actionnaires, qui auraient pu investir ailleurs de façon plus profitable, mais aussi à ses employés, qu’elle paie moins qu’elle ne pourrait, et à la société tout entière : elle verse moins de cotisations sociales et paie moins d’impôts. Elle reçoit éventuellement des aides publiques pour survivre. Si elle est amenée à licencier, les indemnités chômage seront prises en charge par la collectivité. Par ailleurs, par sa sous-performance, elle peut pénaliser d’autres entreprises, notamment en mettant en difficulté ses fournisseurs ou ses concurrents en cassant les prix pour survivre. Enfin, elle tire mal parti du travail de ses collaborateurs, et pénalise donc indirectement d’autres entreprises, où ceux-ci auraient pu être plus efficaces, et donc la société tout entière. Plus généralement, en fabriquant des produits qui ne se vendent pas, ou en les fabriquant de façon non efficace, elle gaspille les ressources, y compris les ressources naturelles, de la société.
Une organisation non performante est également néfaste pour ceux qui y travaillent. Il suffit de parler aux agents hospitaliers, au personnel de l’éducation nationale ou à celui d’une entreprise en difficulté, pour mesurer combien la vie quotidienne dans une organisation non performante est déprimante et usante. De même que personne ne veut dépendre d’une organisation non performante pour les actes de la vie, personne non plus n’aime travailler pour une telle organisation.
Bien-sûr, la recherche de performance est parfois faite de façon idiote. Certaines entreprises sacrifient la qualité de leurs produits ou diminuent leur budget R&D, pour augmenter leur performance financière. Le sacrifice du long terme pour un gain à court terme est toujours une tentation pour elles (et pas seulement pour elles: c’est vrai aussi pour les administrations publiques), mais celles qui le font ne durent pas longtemps et sont plus ou moins rapidement sanctionnées par le marché. D’autres trichent, et elles sont sanctionnées par la loi. Du moins si cette dernière… est performante. Quand on critique la performance, c’est souvent à ce type de comportement que l’on se réfère.
L’enjeu de la robustesse
Bien entendu, tout système doit également être robuste au sens où il doit se protéger. Il doit être capable d’encaisser des chocs et continuer à fonctionner. Cela signifie qu’il faut accepter des redondances, des marges de manœuvre, des ressources disponibles en cas de besoin. C’est pour cela qu’on a des extincteurs dans les salles et des stocks de masques en cas d’épidémie quand le service public de santé est performant. Oups, pardon.
Mais un système ne peut pas se contenter d’être robuste, c’est à dire de n’avoir pour seul objectif que de survivre et donc de se limiter à son utilité propre. Aucun système vivant ne fait cela, aucun système humain non plus. Tout système doit être à la fois robuste et performant: robuste, parce qu’il doit se préserver par une démarche de prudence, et performant parce que la robustesse ne peut tenir lieu de principe de vie. Une organisation, ou un individu, qui ne fait que se protéger, finit rapidement par mourir. Pour ne prendre qu’un exemple, la redondance, une des techniques de base de la robustesse, est extrêmement coûteuse. Elle conduit à de nombreux gaspillages. La sur-protection aussi.
Réconcilier performance et robustesse
Plutôt que d’opposer ces deux concepts, il faut les réconcilier. Il n’y a pas de robustesse sans performance, et pas de performance sans robustesse. Les deux s’alimentent mutuellement. Un système non performant ne peut être robuste, car il gaspille des ressources et ne remplit pas sa raison d’être. De même, un système qui ne conçoit la performance sans inscription dans le temps et sans intégrer de dimension de robustesse ne peut durer dans le temps. La performance, à condition qu’elle ne soit pas à courte vue, est le meilleur gage de robustesse. Vive la performance!
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✚ Sur le même sujet, lire mes articles précédents: 📄La performance des entreprises, un enjeu sociétal et 📄Les dangers de l’optimisation naïve en incertitude. Voir aussi 📄Performance ou humanité : le faux dilemme du management
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10 réflexions au sujet de « Performance ou robustesse, une fausse alternative »
Merci de la matière à réflexion… & commentaires.
Et du clin d’œil…
« C’est de la performance des hôpitaux que nous attendons notre santé, de celle de la police notre sécurité, de celle de l’éducation nationale notre éducation, de celle de l’hôtelier nos vacances réussies, de celle du commerce notre alimentation, etc. »… version 2025 de celle de 1776?
« Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme. »… comme quoi les priorités ne sont plus les mêmes… et pourtant?
Article pertinent, argumenté et clair. Merci.
Il aurait été interessant de revenir aux définitions mathématiques des termes commentés.
Dans sa définition, performance ne tient pas compte des ressources consommées.
L’efficience cherche à minimiser les ressources pour atteindre un objectif .
La robustesse d’un système porte sur l’impacte d’une variation des entrées. Plus l’impacte est faible plus le système est robuste .
Reste l’efficacité qui recherche une notion de rendement maximum en minimisant les pertes.
Qu’en penses ChatGPT !?
Question: La performance est-elle dangereuse, limitante, exemplaire, généreuse ?
Réponse : Ta question est très riche et invite à réfléchir au sens profond de la performance, au-delà de sa simple définition technique ou managériale.
Regardons chaque qualificatif que tu proposes pour voir dans quels cas la performance peut l’être — ou non :
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⚠️ La performance est-elle dangereuse ?
Oui, elle peut l’être, si elle est :
• Poussée à l’extrême au détriment de la santé, de l’éthique ou de l’environnement.
• Associée à une logique de productivité à tout prix, sans prendre en compte l’humain.
• Utilisée comme un instrument de pression ou de contrôle excessif (dans les entreprises ou institutions).
➤ La quête de performance, si elle est déséquilibrée, devient un risque social, psychologique ou écologique.
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⛔ La performance est-elle limitante ?
Oui, parfois.
• Si elle est réduite à des indicateurs trop rigides, elle peut éteindre la créativité, la spontanéité ou l’innovation.
• Elle peut limiter la vision humaine du travail, en enfermant les individus dans des objectifs chiffrés.
➤ Une obsession de la performance peut réduire la richesse des expériences humaines.
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🌟 La performance est-elle exemplaire ?
Oui, potentiellement.
• Lorsqu’elle s’incarne dans des actions efficaces, éthiques et durables.
• Quand elle devient modèle d’organisation, d’intelligence collective ou d’engagement.
➤ Une performance bien pensée peut inspirer, donc être exemplaire.
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💖 La performance est-elle généreuse ?
Pas automatiquement, mais elle peut le devenir, si :
• Elle est mise au service d’un bien commun, pas seulement d’un profit ou d’un gain personnel.
• Elle cherche à donner plus qu’à prendre, à soutenir les autres, à partager des ressources.
➤ Une performance tournée vers l’humain ou la solidarité peut être généreuse, dans un sens élargi.
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✅ En résumé :
Qualificatif La performance peut l’être… Si…
Dangereuse Oui Elle est poussée sans limites ni sens humain
Limitante Oui Elle est réduite à des objectifs ou indicateurs étroits
Exemplaire Oui Elle allie efficacité, éthique et inspiration
Généreuse Oui Elle est orientée vers le partage, l’entraide, l’impact collectif
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Souhaites-tu explorer ces idées dans un domaine particulier (management, éducation, sport, santé, etc.) ?
Excellente prolongation de réflexion.
Question : Peux-tu répondre à la même question pour la robustesse ?
Réponse : Voyons maintenant si la robustesse peut être qualifiée de dangereuse, limitante, exemplaire ou généreuse.
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⚠️ La robustesse est-elle dangereuse ?
Rarement, mais parfois oui.
• Si on confond robustesse avec rigidité, elle peut devenir un frein au changement.
• Une organisation “trop robuste”, fermée à l’adaptation, peut être incapable de faire face à de nouveaux contextes, et donc en danger.
➤ Une robustesse mal pensée peut devenir une forme de résistance nocive à l’évolution.
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⛔ La robustesse est-elle limitante ?
Oui, potentiellement.
• Quand elle repose sur des structures très solides mais peu flexibles, elle peut bloquer l’innovation ou la créativité.
• Elle peut être limitante si elle sacrifie l’agilité pour la stabilité.
➤ Une robustesse trop rigide limite la capacité à évoluer, expérimenter, ou prendre des risques.
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🌟 La robustesse est-elle exemplaire ?
Oui, dans de nombreux cas.
• Une organisation, un système ou une personne qui tient bon dans la tempête, sans s’effondrer, peut être un modèle de résilience.
• Elle incarne la fiabilité, la stabilité, la constance, des valeurs très recherchées.
➤ La robustesse peut inspirer confiance, et donc être perçue comme exemplaire.
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💖 La robustesse est-elle généreuse ?
Indirectement, oui.
• Une structure robuste protège les autres, elle assure un service fiable, même en cas de crise.
• Elle crée un cadre sécurisant pour ceux qui en dépendent : collaborateurs, citoyens, usagers, etc.
➤ La robustesse est généreuse dans sa capacité à porter, soutenir, encaisser pour les autres.
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✅ En résumé :
Qualificatif La robustesse peut l’être… Si…
Dangereuse Parfois Elle devient rigide, imperméable au changement
Limitante Oui Elle empêche l’innovation ou l’adaptation
Exemplaire Oui Elle résiste aux crises, protège et rassure
Généreuse Oui (indirectement) Elle soutient durablement son environnement humain ou technique
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Souhaites-tu que je mette ces deux tableaux (performance et robustesse) côte à côte pour comparaison ?
Réponse : oui.
Voici un tableau comparatif clair entre performance et robustesse, selon les qualificatifs que tu as proposés :
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🔍 Tableau comparatif : Performance vs Robustesse
Qualificatif Performance Robustesse
Dangereuse ✅ Oui, si poussée à l’extrême sans éthique ou respect des limites humaines et écologiques. ✅ Oui, si elle devient rigide et empêche l’adaptation aux changements.
Limitante ✅ Oui, si réduite à des indicateurs étroits ou à une logique de rendement. ✅ Oui, si elle bloque l’innovation ou la souplesse nécessaire à l’évolution.
Exemplaire ✅ Oui, quand elle allie efficacité, éthique et durabilité. ✅ Oui, quand elle incarne la résilience, la stabilité et la fiabilité.
Généreuse ✅ Oui, si orientée vers le bien commun, le partage ou la solidarité. ✅ Oui, si elle protège, soutient et sécurise durablement un collectif.
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🧠 Lecture synthétique :
• La performance est plus dynamique, ambitieuse, mais peut déraper vers l’excès.
• La robustesse est plus stable, rassurante, mais peut freiner l’évolution si mal dosée.
• Les deux qualités sont précieuses, mais doivent être équilibrées par de la souplesse, de l’éthique et du sens collectif.
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Souhaites-tu que je reformule ce tableau pour l’inclure dans un exposé, un article ou un support visuel ?
Réponse : non
Ces 4 axes de réflexion dangereux, limitant, exemplaires, généreux s’appliquent à tous thèmes quelqu’ils soient. Ce qui est dangereux et/ou limitant sépare, divise, rend malheureux. À l’inverse ce qui est exemplaire ou beau et/ou généreux rassemble et rend heureux. Les deux premiers n’ont pas de sens être dangereux ou limitant n’a pas de sens, les deux second sont plein de sens. Idem pour l’énergie, le danger comme la limite offre un sursaut d’énergie puis épuisent. L’exemplarité, la beauté, la générosité ou le don offre une énergie inépuisable. Faite votre expérience et votre opinion.Belle journée
Je n’ai jamais vu pour ma part opposer performance et robustesse (ou fiabilité, pour ne pas faire d’anglicisme), tout simplement car (au delà des organisations humaines) bien des systèmes qui ne tiendraient pas les performances requises ne pourraient tout simplement pas fonctionner et seraient en conséquence au niveau zéro côté fiabilité! Là au moins, côté technique c’est généralement très tranché!
Pour le côté humain, si la performance amène une prise de risque dans les organisations il est parfois bon de rappeler que nous gérons le risque comme un produit entre la probabilité « P » de réalisation d’un risque et ses conséquences « C », s’autorisant un PxC à peu près constant: Si je roule vite, je fais très attention car toute erreur aura des conséquences graves et si à l’inverse je roule lentement, j’aurais tendance à m’autoriser des distractions car les erreurs resteront plus facilement rattrapables… Si je peux oublier de remettre immédiatement un légume au frigo, pour la viande ce ne sera pas le cas.
Cela s’appelle l’homéostasie du risque (il aurait fallu expliquer, même si à son niveau c’était un peu préoccupant de devoir le faire, le concept à un ancien premier ministre se voyant actuellement calife à la place du calife dans 2 ans).
Bref, brider la performance va mécaniquement nuire à la fiabilité car c’est ainsi que nous fonctionnons.
Vous affirmez : « Dans un monde gagné par l’envie de décroissance… ». C’est un peu court et très rapide. Pour les pays pauvres, ou ceux qui essaient de ne plus l’être, la croissance reste un objectif vertueux (et incontournable). D’ailleurs, cette quasi idéologie occidentale de la Décroissance est le fruit de la richesse de l’Occident, un quasi luxe de Bobos aisés qui a les odeurs d’un nouveau colonialisme rééducateur à l’adresse du dit Sud (un peu comme les Hippies, Communistes et autres contestataires de la dénommée « société de consommation » qui n’ont jamais quitté leurs propres pays pour aller vivre dans les pays appliquant leurs idées critiques). Au Vietnam, par exemple, ancien pays le plus pauvre du monde en 1978 (PIB), ce type d’idéologie sera reçu aujourd’hui comme une invitation à un nouveau Dien Bien Phu ravageur pour ses promoteurs.
Ce billet ne traite pas de la performance … qui est de gagner une compétition et indirectement de s’améliorer de façon continue, pour rester performant par rapport aux autres. La compétition est dans les gênes des civilisations indo européennes.
La robustesse ? par rapport à quels aléas ? La nature est souvent robuste, dans certaines limites, car elle est soumise à de fortes variations de conditions . Le champions de la robustesse est un autre lyonnais : Olivier Hamant https://institutmichelserres.ens-lyon.fr/
À chacun de choisir son mix, performance-robustesse… Les aventuriers visent la performance max et très peu survivent et encore moins réussissent. Les philosophes ont de tout temps rêvé de bâtir des régimes stationnaires stables et robustes.
La probabilité que l’humanité choisisse et impose la robustesse est nulle.
Il ne s’agit pas tant d’opposer performance et robustesse que de se poser la question du sur-service. Des SUV de plus en plus lourds et sophistiqués est-il un signe de performance et de robustesse ? Une cafetière connectée est-elle performante ? Un lave linge avec 15 programmes ? Sur-servir, à part servir les égos et sur-consommer les ressources, n’est peut être pas la bonne piste.
Personne ne vous oblige à les acheter!
Je suis un peu decu par la fin. Vous tentez de rehabiliter la performance mais vous n explicitez pas comment elle peut s allier a la robustesse. Dire que la performance a moyen terme c est la meilleure robustesse est une pirouette. Par ex la grande distribution il y a 10 ans pouvait se concentrer pour etre performante sur ce qu elle savait faire (volumes/marges) a part qu’elle a completement loupe le virage du e-commerce (d ou le naufrage actuel des hypermarchés)
Il faut aussi signaler que la robustesse c est pas si simple que ca. Car ce qui peut vous mettre en danger peut etre completement imprevu (qui aurait prevu un confinement par ex)