Archives de Tag: utilisation de l’histoire

L’utilisation de l’Histoire par les décideurs en situation d’incertitude: le modèle de Neustadt et May

L’une des caractéristiques des situations de rupture est que l’incertitude qui les caractérise résulte du fait que les décideurs font face à une situation inédite, qu’aucun décideur n’a rencontré auparavant. Ainsi, et presque par définition, ceux-ci n’ont aucun exemple identique sur lequel s’appuyer pour réagir. Cela signifie-t-il pour autant que les situations analogues passées ne peuvent être utilisées? Dans leur ouvrage, « Thinking in time » (Penser dans le temps), Richard E. Neustadt and Ernest R. May pensent que non et défendent l’idée que l’Histoire, même ancienne, peut être mise à contribution par les décideurs. Le sous-titre de l’ouvrage est d’ailleurs éloquent: « The use of history by decision makers » (L’utilisation de l’Histoire par les décideurs). La condition d’une bonne utilisation de l’Histoire, cependant, est de bien comprendre les similarités et les différences entre la situation vécue et la situation analogue à laquelle on se réfère.

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Réponse à Jacques Rollet: Non, les néoconservateurs n’avaient pas raison.

Il est toujours tenant, et facile, de réécrire l’histoire, mais cela marche rarement. Nous assistons depuis quelques semaines à une tentative de la sorte sur fond de révolutions arabes: Et si Bush avait eu raison? Et si les néoconservateurs avaient eu raison? L’universitaire Jacques Rollet pose la question dans une tribune volontiers provocatrice du Monde et cette question mérite d’être débattue. Engageons donc le débat.

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Revue de livre: Une brève histoire de l’avenir, Jacques Attali

Voilà un livre que l’on s’apprêtait à lire avec gourmandise: Attali essayant d’imaginer l’avenir à partir de la connaissance encyclopédique qu’il a du passé et du présent. Comme il le dit lui-même, l’exercice est difficile. Nombreux s’y sont essayés, sans succès et parfois avec ridicule. L’ouvrage commence par une magistrale histoire du monde en 40 pages – on n’en attendait pas moins de l’auteur. Attali estime que l’histoire a été structurée par 8 grands pôles qui chacun ont correspondu à une grande innovation. Bruges, Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New-York et aujourd’hui Los Angeles. Selon lui, de siècle en siècle, l’humanité impose la primauté de la liberté individuelle sur toute autre valeur. Autrement dit,  l’histoire humaine est celle de l’émergence de la personne comme sujet de droit, autorisée à penser et à maîtriser son destin, libre de toute contrainte. L’histoire tend vers l’émergence ce qu’il appelle une démocratie de marché, modèle universel. Sur la base de cette analyse, Attali se lance dans une prédiction de l’avenir.

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