Archives de Tag: Saras Sarasvathy

Effectuation : une logique entrepreneuriale devenue incontournable en 20 ans

A l’occasion de la sortie de la seconde édition de mon ouvrage d’introduction à l’effectuation, je publie un article dans The Conversation qui tire un bilan des vingt ans de cette logique d’action des entrepreneurs devenue incontournable vingt ans après sa mise en évidence par la chercheuse Saras Sarasvathy. Il est désormais reconnu qu’on n’a pas besoin d’une vision claire de son projet pour démarrer. On peut démarrer avec ce qu’on a sous la main et co-construire avec les autres de façon émergente.

En France notamment, je souligne le développement d’une large communauté de chercheurs et praticiens désormais très active. L’article est accessible ici.

La seconde édition de mon livre « Effectuation » sort aujourd’hui

La seconde édition de mon livre « Effectuation: les principes de l’entrepreneuriat pour tous » sort aujourd’hui. Depuis 20 ans, l’effectuation est une révolution dans la façon de concevoir l’entrepreneuriat. Elle montre que pour être entrepreneur, il n’est pas nécessaire d’être un super-héros visionnaire, mais qu’il suffit d’appliquer cinq principes simples: faire avec ce qu’on a, agir en perte acceptable, co-construire avec les autres, tirer parti des surprises, et créer son contexte. L’ouvrage démystifie l’entrepreneuriat et présente ces principes de façon simple et pratique. Après le succès de la 1ère édition, publiée en février 2014, la 2e édition est revue et enrichie sur la base des recherches récentes et d’un travail auprès des acteurs de l’entrepreneuriat depuis plusieurs années.

Pour une introduction rapide aux principes de l’effectuation, vous pouvez lire l’article suivant: Effectuation: Comment les entrepreneurs pensent et agissent… vraiment.

Le livre est disponible ici:

  • Site de Pearson (Papier, pdf et ePub): ici.
  • Amazon (papier et Kindle) ici.
  • FNAC ici.
  • Decitre (papier) ici.

En situation de crise: Les trois lignes de conduite du dirigeant

[English version here]

En ces temps d’épidémie de coronavirus, j’ai l’occasion de discuter avec des gens d’horizons très différents (urgentistes, chercheurs, indépendants, entrepreneurs, retraités, chefs d’entreprise, etc.) pour comprendre comment ils « vivent » la crise actuelle à la fois personnellement et professionnellement. De ces discussions, je peux tirer trois lignes de conduites que peut adopter le dirigeant face à la situation extrême et inédite que nous vivons.

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6 étapes pour créer son entreprise: la folle recommandation de BPIFrance

C’est à désespérer. Dans sa dernière newsletter, BPIFrance-Création nous livre une très belle infographie intitulée « 6 étapes pour créer son entreprise ». On y découvre qu’il faut d’abord évaluer et valider l’idée, puis étudier le marché, puis chiffrer le projet, après quoi on le financera, puis on choisira la bonne structure et on pourra enfin créer l’entreprise. C’est beau. C’est logique. C’est impeccable. Ça ne marche pas, personne ne fait comme ça, c’est totalement contre-productif de procéder ainsi, et pourtant on continue à dire qu’il faut faire comme ça. On arrête quand cette folie?

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Innovation: Ce que nous devons à Clayton Christensen, théoricien majeur du management

Clayton Christensen, à l’origine des travaux sur la notion de rupture, est décédé à l’âge de 67 ans d’un cancer. Il était un théoricien majeur du management, au même titre que des géants comme Peter Drucker ou Michael Porter, et ses travaux sont plus que jamais d’actualité à l’heure où les grandes entreprises continuent à trouver difficile de répondre aux multiples ruptures de leur environnement. Dans ce qui suit, je propose une synthèse de ses travaux pour montrer en quoi ils peuvent être très utiles.

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Effectuation, la logique d’action des entrepreneurs: 20 ans après

Comment les entrepreneurs prennent-ils leurs décisions? Comment et pourquoi démarrent-ils? Comment développent-ils leur entreprise? Comment arrivent-ils à transformer le monde et à créer de nouveaux produits, de nouveaux marchés et de nouvelles organisations? Pendant longtemps, les réponses semblaient évidentes: les entrepreneurs sont des gens exceptionnels, des super-héros dotés de capacités hors du commun, visionnaires, charismatiques, capable d’entraîner le commun des mortels dans des tâches sur-humaines. En cohérence avec cette vision de l’entrepreneur, le processus entrepreneurial lui-même reflétait cette vision: tout commence par la perception d’une opportunité par un entrepreneur particulièrement alerte; puis cet entrepreneur conçoit une grande idée pour exploiter cette opportunité, développe un plan d’action avec des objectifs clairs pour la réaliser, et soumet ce plan à des investisseurs pour lever des fonds. Une fois cela fait, l’entrepreneur met en œuvre le plan qui se traduit soit par la réussite et la croissance, soit par l’échec.

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Les trois principes qu’utilisent les entrepreneurs pour contrôler leur prise de risque

A l’occasion de sa visite en France, la chercheuse Saras Sarasvathy donnait vendredi dernier une masterclass sur l’effectuation, la théorie entrepreneuriale issue de ses recherches. Une des questions qu’elle a abordées est celle de l’échec entrepreneurial en montrant comment l’effectuation nous invite à repenser les notions d’échec et de réussite, et plus généralement comment les entrepreneurs gèrent le risque. Elle montre que les entrepreneurs utilisent trois principes pour contrôler leur risque.

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Pourquoi il faut créer une science de l’artificiel

Nous vivons dans un monde très largement artificiel. Vous en avez certainement conscience en lisant cet article sur votre téléphone, votre tablette ou votre ordinateur, installé dans une chaise ou un fauteuil, dans une maison, un immeuble ou dans le train. Nous sommes entourés d’une myriade d’objets artificiels, des artefacts (du latin factum, faire, et ars, artis pour artificiel). Même des choses qui nous semblent naturelles sont artificielles: un champ de blé cultivé est artificiel, il n’existe pas à l’état de nature; les pommes et les tomates que nous mangeons sont artificielles, elles n’ont rien à voir avec ce que mangeaient nos ancêtres et même nos grands-parents il y a seulement quarante ans. Un paysan du Larzac ou un agriculteur bio eux-mêmes vivent dans un univers largement aussi artificiel qu’un céréalier de la Beauce. Tous les trois seraient des extra-terrestres pour nos ancêtres.

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Mobiliser l’entrepreneuriat au service de la transformation organisationnelle: oui mais comment?

La question de la transformation organisationnelle continue de représenter un défi qui semble parfois insurmontable pour les grandes organisations confrontées aux changement profonds de leur environnement. Elles sont conscientes qu’il faut changer, font d’importants efforts pour cela mais souvent sans grand résultat. Ces dernières années, ayant fait le constat que les grands plans stratégiques soigneusement orchestrés suivant une logique apparemment impeccable ne menaient à rien, elles se sont tournées vers l’entrepreneuriat et toutes ses variantes (hacking, lean startup, etc.) avec une idée qui semble elle aussi très logique: dans une époque plus entrepreneuriale, la clé de la transformation organisationnelle c’est que nos collaborateurs deviennent plus entrepreneuriaux. Mais là encore les résultats sont décevants. Non seulement les grandes organisations tuent l’initiative entrepreneuriale à petit feu mais surtout, l’expérience montre que l’initiative entrepreneuriale même réussie ne contribue que modestement à la transformation. Il faut mobiliser l’entrepreneuriat de façon différente. Mais comment?

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Les entrepreneurs sont-ils des explorateurs?

J’intervenais récemment dans un séminaire d’innovation où l’un des participants soulignait la particularité de l’entrepreneuriat et de l’innovation en prenant comme métaphore celle de Christophe Colomb partant découvrir l’Inde et finissant en Amérique. Colomb cherchait quelque chose qu’il n’a pas trouvé, il a trouvé quelque chose qu’il ne cherchait pas, et le trajet a été incertain et assez stressant. La métaphore semble bien convenir à la démarche entrepreneuriale classique, mais elle souffre d’un défaut majeur: l’entrepreneuriat n’est pas une question de découverte, mais de création.

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