Et s’il fallait être conservateur pour innover et (vraiment) changer le monde?

On pense souvent que pour innover, il faut faire table rase du passé et partir d’une feuille blanche. C’est oublier qu’aucun innovateur ne part jamais de zéro, et que tous sont « des nains sur des épaules de géants », comme le disait le philosophe Bernard de Chartres. Loin de refuser la réalité, et encore moins de la nier, les innovateurs commencent par l’accepter pour ensuite la transformer. Et s’il fallait être conservateur pour pouvoir innover?

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Entrepreneuriat et action humaine: pourquoi le prix reçu par la chercheuse Saras Sarasvathy est important

Saras Sarasvathy, à l’origine de la théorie entrepreneuriale de l’effectuation, vient de recevoir le prestigieux prix suédois « Global Award for Entrepreneurship Research ». Organisé depuis 1996 par la Swedish Foundation for Small Business Research (FSF) et la Swedish Agency for Economic and Regional Growth, le prix récompense les chercheurs ayant apporté une contribution majeure à la recherche en entrepreneuriat. Elle rejoint ainsi de grands chercheurs comme Sidney Winter, Shaker Zahra, Kathleen Eisenhardt, Scott Shane, Israel Kirzner, William Gartner, William Beaumol ou encore Zoltan Acs et David Audretsch. L’économiste français Philippe Aghion a reçu le prix en 2016.

Le prix couronne plus de vingt années d’efforts pour promouvoir une approche radicalement différente de l’entrepreneuriat. Mais sa signification va bien au-delà car l’effectuation, c’est avant tout une vision de l’action humaine et de la liberté.

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Le décideur public en incertitude: vers la démocratie technique

L’incertitude généralisée dans laquelle baignent nos sociétés, jointe à leur complexité croissante, minent l’autorité des experts dont le savoir est plus facilement remis en question. C’est particulièrement vrai pour le décideur public, désormais confronté à une contestation systématique de ses décisions, quel que soit le domaine. Comprendre les causes et les enjeux de ce que certains appellent une « démocratie technique », mais aussi les dangers potentiels de celle-ci, devient essentiel.

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« Soyez plus disruptifs! » L’angoisse de l’entité innovation face à la direction générale

Les entités innovation créées au sein des grands groupes ont une vie difficile, ça n’est pas nouveau. La plupart disparaissent au bout de trois ans en moyenne, car passée la période euphorique de leur lancement, elles ne réussissent pas à s’inscrire dans la vie de l’organisation. Mais celles qui survivent ne sont pas pour autant tirées d’affaire, car elles sont victimes du paradoxe de l’organisation, coincées entre une direction générale qui exige « plus de disruption » et une organisation qui, via ses processus budgétaires, enlève toute chance à un projet disruptif de voir le jour. Sortir de cette situation difficile nécessite d’être très clair sur ce que « disruptif » signifie et d’adopter une approche très politique de l’innovation.

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Faut-il encourager vos collaborateurs à prendre plus de risques pour innover?

Pour répondre aux ruptures de leur environnement, même les entreprises les plus performantes font face à un impératif d’innovation difficile à mettre en pratique. La réponse à ces ruptures ne peut pas être posée simplement en termes de nouveaux produits et services innovants, car le développement de ceux-ci nécessite de changer la façon même dont on fonctionne. Il faut pour cela remettre en cause des modèles qui, parce qu’ils ont montré leur pertinence parfois depuis de nombreuses années, font l’objet d’une protection inconsciente. C’est pour cela que l’injonction de la direction générale aux collaborateurs de prendre plus de risques reste souvent lettre morte. Entre la peur de remettre en question ce qui a marché, et celle de la prise de risque, il y a heureusement une troisième voie.

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[Best of] Le véritable visage de l’entrepreneuriat

Pour la période estivale, je vous propose une sélection de mes articles les plus lus. Aujourd’hui, le thème est l’entrepreneuriat, qui continue d’être souvent caricaturé de multiples façons. Voici une série d’articles qui parlent de l’entrepreneuriat tel qu’il est, loin de ces caricatures et surtout loin des vision idéalistes et moralisantes très d’actualité.

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Création, technologie et entrepreneuriat: je t’aime moi non plus?

L’une des sources les plus importantes de blocage dans une organisation, et dans la société en général, est l’enfermement dans des catégorisations stériles. Dans mes expériences récentes, j’ai rencontré un tel découpage entre créatifs, technologues et entrepreneurs, vus comme représentant en gros, et de façon évidemment caricaturale, le monde des idées, celui des outils et celui de l’argent. Comme dans tout système de caste, chacun s’enferme dans une identité constituée en opposition aux autres en s’estimant supérieur, et ne travaille avec eux que contraint et forcé en essayant de garder sa pureté philosophique. Ces distinctions reposent sur des modèles mentaux, c’est-à-dire de croyances profondes, et sont contre-productives. C’est dommage, parce que les points communs sont beaucoup plus forts que les différences, et ce qui unit ces trois univers, c’est la notion de création.

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Éviction d’Emmanuel Faber, gouvernance et innovation: le court-termisme comme bouc émissaire

L’éviction du PDG de Danone, Emmanuel Faber, a fait couler beaucoup d’encre et chacun y est allé de son explication. Ce qu’on a beaucoup entendu est qu’elle marquait le triomphe du court-termisme financier sur la vision de long-terme et l’engagement sociétal. L’histoire serait celle d’un PDG engagé dans une démarche de changement du monde mis à bas par de sinistres financiers qui ne voient pas plus loin que le bout de leur lorgnette financière dans leur recherche de profit effrénée. Le bien contre le mal. Nous aimons les caricatures en France, mais celle-là a sans doute été poussée un peu loin. Emmanuel Faber a-t-il été victime du court-termisme financier? Loin s’en faut et, au-delà du cas Danone, la notion de court-termisme est un bouc émissaire certes pratique, mais qui masque la vraie question de la gouvernance et de l’innovation.

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Tout entrepreneuriat est social: l’histoire de Josiah Wedgwood

Lors d’une intervention il y a quelques semaines, j’évoquais le rôle très important joué par les grandes surfaces dans la période de crise de la Covid en mars-avril 2020 et je montrais qu’il était allé bien au-delà du simple rôle économique. « Vendre des carottes, ça a aussi un impact social » déclarais-je, évoquant même, horresco referens, la notion d’éthique marchande. La réaction n’a pas traîné naturellement et l’une des participantes s’est exclamée : « Vendre des carottes c’est purement économique; ce n’est pas motivant en soi; il faut un supplément d’âme, il faut donner du sens. » Voilà, une nouvelle fois nous sommes victimes d’un fameux modèle mental qui veut qu’on découpe toujours le monde en deux, ici l’économique et le social, pour les opposer. Le social étant le domaine noble, et l’économique, le domaine ignoble de la simple contingence (nous sommes en France!), incapable de donner un sens en lui-même, avec une stricte séparation entre les deux. Ce dualisme, cette thèse de la séparation comme l’appellent certains chercheurs, ne correspond pas à la réalité, et surtout est profondément contre-productif. Regardons-le au travers de l’exemple de Josiah Wedgwood, le fondateur de la poterie éponyme.

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Les entrepreneurs sont-ils motivés par l’avidité? Retour sur un mythe…

« Greed is good » (l’avidité c’est bon). Vous vous souvenez certainement de cette expression proférée avec force par Michael Douglas, interprétant Gordon Gekko, un financier de haut-vol dans le film Wall Street. Par une de ces caricatures qu’affectionne Hollywood et que nous prenons trop sérieusement comme souvent, Gekko en arrive à symboliser la mentalité du monde des affaires, du chef d’entreprise et par extension, celle de l’entrepreneur. L’entrepreneur est-il motivé par l’appât du gain? Retour sur un modèle mental solide, mais largement faux.

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