Archives de Catégorie: Effectuation

Redéfinir le concept de vision dans un monde incertain: la vision comme modèle mental

L’une des choses les plus difficiles à faire admettre lorsque je présente l’effectuation (la logique d’action des entrepreneurs) est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une vision pour piloter son organisation. On m’oppose souvent l’argument qu’il faut bien avoir une « Étoile polaire » pour guider l’action des collaborateurs et qu’une telle direction est particulièrement nécessaire dans un monde incertain. Je pense que c’est précisément le contraire. Mais surtout, dans un tel monde, c’est la notion même de vision qu’il faut redéfinir tant la façon dont elle est définie traduit une conception du monde qui n’existe plus.

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We don’t need another method: l’effectuation ou l’approche additive

L’une des choses sur lesquelles j’insiste lorsque je présente l’effectuation, la logique des entrepreneurs, est qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle méthode au sens où on l’entend d’habitude, c’est dire d’une démarche systématique permettant au moyen d’étapes clairement définie d’arriver à un but donné. Plus important, les principes mêmes de l’effectuation font qu’elle se glisse aisément dans l’existant et ne vous demandent pas de renoncer aux méthodes que vous utilisez. Elle peut donc être adoptée sans risque.

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Faut-il un but dans la vie? Episode 2: mais qu’est-ce qu’un but?

L’article que j’ai écrit récemment, intitulé « Faut-il un but dans la vie?« , a reçu un écho important. Nombreux ont été ceux qui m’ont dit leur soulagement de lire que l’on pouvait réussir sa vie sans jamais avoir eu de but précis. Néanmoins, dire « il n’est pas nécessaire d’avoir un but dans la vie » peut faire penser que l’on peut avancer au hasard des choses. On peut, mais ce n’est pas nécessaire. Entre le but rigide et la marche au hasard, il y a quantité de nuances. Pour comprendre pourquoi, il faut revenir sur la façon dont nous définissons ce qu’est un but. Comme souvent, si nous changeons de définition, plein de possibles s’ouvrent.

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Faut-il un but dans la vie? Conseil d’orientation aux étudiants… et aux autres

Faut-il avoir un but clair dans la vie quand on entreprend des études? La logique suggère que oui, bien-sûr. On appelle cela un projet professionnel et la solidité d’un tel projet, c’est à dire la clarté du but que l’on poursuit, est une condition importante d’admission dans les grandes écoles au moment de l’entretien. Est-ce raisonnable d’exiger cela à l’heure où le monde n’est qu’incertitude et surprises? Je pense que non.

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Transformation organisationnelle: Entre défection et prise de parole, une troisième voie?

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une entreprise me fasse part de ses difficultés à recruter, quels que soient les postes. Pour certaines, cela prend de telles proportions que des départements entiers sont fantômes. Ces entreprises témoignent également de turnover en forte augmentation. Le cas le plus typique est celui de la jeune recrue qui arrive plein d’espoir et qui disparaît écœuré après quelques semaines. Certaines entreprises prestigieuses ne reçoivent même plus de CV de la part de grandes écoles. Il y a là un vrai défi d’ordre stratégique pour les grandes organisations qui semblent ne plus offrir comme visage que celui d’un management absurde. La seule solution est de repenser l’action au sein d’une organisation, et donc le management.

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Trois règles pour les radicaux qui veulent transformer leur organisation

Il y a des livres qui frappent par leur pertinence dès les premières pages. Rules for radicals est de ceux-là. Écrit par Saul Alinsky dans les années 70, c’est la bible des radicaux. Alinsky écrit avec un seul objectif: fournir un ensemble de règles pratiques pour éviter que son camp politique (la gauche) ne se réfugie dans la rhétorique stérile et devienne par là-même incapable de véritablement changer la société. Même s’il écrit pour des activistes politiques, son analyse et ses règles sont valables pour tous les radicaux, y compris ceux qui veulent transformer les organisations de l’intérieur.

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Célébrer l’échec, est-ce vraiment une bonne idée?

J’avais déjà souligné les limites et les dangers de l’idéologie « fail fast » (échouer vite) qui est très présente dans l’univers entrepreneurial et qui se répand au sein des grandes organisations en panne d’innovation. L’idée du fail fast est qu’il faut essayer des choses et les arrêter rapidement si elles ne réussissent pas et passer à autre chose. Le problème avec cette idéologie que je soulignais, c’est que l’innovation est quelque chose de lent, qui met longtemps à réussir. Si on abandonne au premier échec, on passe peut-être à côté d’une belle réussite. Ainsi, il a fallu 21 ans et trois lancements à Nestlé pour réussir Nespresso. Si Nestlé avait appliqué le fail fast, Nespresso n’aurait peut-être jamais vu le jour. Dans le même ordre d’idée, les entreprises essayent aujourd’hui de faire accepter l’échec et comme souvent, une bonne intention risque d’entraîner des effets pervers…

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