Augmentation ou substitution: comment anticiper l’impact de l’IA sur le travail?

« 50% de tous les emplois dans le secteur technologique, ainsi que les postes de juristes débutants, de consultants et de professionnels de la finance, disparaîtront complètement d’ici un à cinq ans. » C’est ce que déclarait récemment Dario Amodei, PDG d’Anthropic, éditeur de l’outil IA Claude. Ce type de prédiction est désormais assez courant, et toujours certain de faire son effet tant la peur fait vendre, mais il n’en est pas exact pour autant. Pour anticiper l’impact de l’IA sur le travail, ou mieux encore être un acteur intelligent de cet impact, il faut se garder de déclarations péremptoires et plonger plutôt dans le détail du travail lui-même.

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IA, rupture et automatisation: le monde académique est-il le prochain Kodak ?

L’arrivée des grands modèles de langage est généralement présentée, dans le débat public, comme un sujet pour les programmeurs, les juristes ou les comptables. On parle peu de ses effets sur les producteurs de savoir eux-mêmes, c’est-à-dire sur ceux dont le métier consiste, depuis des siècles, à lire, à synthétiser, à conceptualiser et à transmettre. Pourtant, la rupture est profonde. Le monde académique vit en ce moment sa propre crise ‘Kodak’, mais ne semble pas en avoir conscience.

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Ces 12.000 soudeurs qui questionnent le modèle mental de l’éducation nationale

Il manque 12.000 soudeurs à l’industrie française, en particulier dans le nucléaire, en pleine renaissance. Et ce n’est pas le seul secteur où il manque des postes. Toutes les entreprises ont du mal à recruter. Les six familles professionnelles les plus en tension, soit 90 000 postes, sont des métiers de l’industrie et de la construction. Les aides à domicile et aides ménagères, les infirmiers et sages-femmes, les aides-soignants et les professions paramédicales sont également en forte tension. Même si les causes sont multiples, ces tensions sont en grande partie le produit du modèle mental français de l’éducation nationale, obsédé par le diplôme et l’abstraction.

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Est-il nécessaire de vouloir bâtir une cathédrale pour donner un sens à son travail?

C’est entendu, notre époque est en recherche de sens, du moins c’est ce qu’on répète à l’envi aussi bien dans les entreprises que dans la société dans son ensemble. L’absence de sens conduit au désengagement et les directions des ressources humaines des grandes entreprises sont lancées dans une grande course pour « recréer du sens » sous la houlette de dirigeants visionnaires. L’idée est qu’une vision ambitieuse, une noble raison d’être, un grand récit, donneront un sens aux âmes en errance. Cette idée est bien traduite par une fable fameuse, celle du tailleur de pierre qui construit une cathédrale, motivé par quelque chose de plus grand que lui. Toute séduisante qu’elle soit, cette fable joue pourtant sur des ressorts très contestables et le fait qu’elle soit devenue une référence obligée des séminaires de motivation est regrettable. Non, il n’est pas nécessaire de bâtir une cathédrale pour donner un sens à son travail.

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