Archives de Catégorie: Théorie

Le futur sera une surprise: Prédiction, non-linéarité et imagination

Une de nos activités favorites, que nous soyons chef d’entreprise, directeur de think tank, ou responsable politique est d’essayer de prévoir l’avenir. Et pourtant, depuis toujours les prédictions sont démenties et la réalité s’avère bien différente de que ce qui était prévu. Les raisons à cela sont multiples, examinons-en deux: la non-linéarité de l’environnement, et l’unicité de l’avenir.

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La création de nouveaux marchés comme conséquence involontaire de l’action des entrepreneurs?

L’Effectuation, logique des entrepreneurs, explique que ceux-ci ne démarrent en général pas avec une vision claire de leur futur marché, ou que s’ils le font, celle-ci change considérablement au cours du processus de développement du projet. Autrement dit, et pour reprendre l’expression de l’économiste Friedrich Hayek, le marché final, ainsi que l’entreprise et le produit créés, sont la conséquence de l’action humaine, mais pas de son intention. Examinons cette question plus en détail.

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Qui doit piloter votre projet d’innovation de rupture?

Une des erreurs que font souvent les entreprises qui souhaitent développer des programmes d’innovation est de raisonner uniquement en termes d’organisation et de processus: comment faire, comment s’organiser, etc. C’est oublier que l’innovation est un processus social et que la dimension humaine est primordiale. C’est en particulier vrai pour ce qui concerne la démarche intrapreneuriale, c’est à dire la capacité à faire émerger des projets entrepreneuriaux à l’intérieur de l’organisation. Dès lors la question importante qui se pose est la suivante: qui doit piloter ces projets?

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Effectuation et options réelles: similitudes et différences pour aborder un avenir incertain

La théorie des options réelles est depuis longtemps présentée comme une approche intéressante en situation d’incertitude. Elle préconise une approche par investissement progressif dans une idée, et peut ressembler en cela à l’effectuation avec son approche émergente. Toutefois, il y a de profondes différences entre les deux.

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La réaction face à une rupture: L’importance de la dimension temporelle

J’ai plusieurs fois évoqué les difficultés qu’ont les entreprises établies à répondre à une rupture de leur environnement. L’une des raisons est que du point de vue de leur modèle d’affaire existant, la rupture n’a aucun sens car elle remet précisément en question ce modèle, ce qui est très difficile à accepter dans la mesure où celui-ci assure leurs revenus actuels. Dit autrement, le conflit de modèle d’affaire fait que pour l’entreprise existante, l’opportunité offerte par la rupture n’est pas attractive. Mais il y a une difficulté supplémentaire qui a trait à la nature particulière de la rupture, à savoir la dimension du temps. La rupture met du temps à produire ses effets, et cela peut donner l’illusion à l’entreprise qu’elle a le temps d’y répondre. Regardons comment fonctionne ce mécanisme au travers d’un exemple: Kodak.

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L’innovation de rupture n’est pas une approche « Océan Bleu »

J’ai déjà montré les limites de la stratégie dite « Océan Bleu » dans un article précédent, mais je voudrais dans ce qui suit aborder le lien entre cette théorie et celle de la rupture proposée par Clayton Christensen. L’innovation de rupture est justement associée à création de nouvelles sources de croissance pour les entreprises, et notamment de nouveaux marchés. A ce titre, elle est souvent associée à l’approche « Océan bleu ». Regardons pourquoi ce n’est pas exact et en quoi cette association erronée est dangereuse.

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La source du dilemme de l’innovateur: 6 – Le bourrage

Ce billet est le quatrième d’une série sur l’innovation de rupture et le modèle d’affaire.

Contrairement à ce qu’on pense souvent, les entreprises confrontées à une rupture de leur environnement échouent rarement parce qu’elles ont ignoré cette dernière. Elles échouent parce qu’elles ne sont pas capables d’y répondre et d’en tirer parti. Une erreur typique consiste à adopter l’innovation de rupture et à l’utiliser pour renforcer son modèle d’affaire existant plutôt d’en créer un nouveau, un phénomène qualifié de bourrage (cramming) organisationnel.

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Evaluer le potentiel de rupture d’une nouvelle technologie: Les courbes de valeur

Lorsqu’on est confronté à une nouvelle technologie, il est important de pouvoir en évaluer le potentiel de rupture. C’est bien-sûr loin d’être évident. Très souvent, après un bref enthousiasme initial, la nouvelle technologie est rejetée et sous-estimée. Regardons pourquoi.

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L’innovation de rupture par le bas: Quand fonctionne-t-elle ou pas?

La théorie de la rupture proposée par le chercheur Clayton Christensen énonce que sur un marché, un acteur a tendance à servir ses clients les plus exigeants, car les plus rentables, ce qui le pousse inéluctablement vers le haut de gamme. Ce faisant, il développe une structure de coût croissante et néglige l’entrée de gamme, qui cesse progressivement d’être attractif pour lui. Inéluctablement, cette entrée de gamme est investie par un nouvel entrant qui, venant du bas, trouve lui ce segment attractif. L’acteur initial est donc expulsé de ce segment, souvent à son grand soulagement. Le problème c’est que le nouvel entrant subit la même attraction pour le segment supérieur, et commence lui aussi à monter, poussant à nouveau l’acteur initial vers le haut. Au bout d’un moment, celui-ci se trouve coincé tout en haut et ne bénéficie plus d’effets d’échelle, ce qui se termine souvent en catastrophe économique. C’est notamment ce qui est arrivé à General Motors qui a entamé sa fuite vers le haut dans les années 60 et a terminé en dépôt de bilan en 2008. Mais ce mécanisme ne fonctionne pas toujours. Regardons pourquoi.

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Gérer l’innovation de rupture au sein d’une entreprise existante: Les trois horizons d’IBM

J’évoquais dans un article précédent la difficulté pour une entreprise existante de gérer une innovation de rupture sans l’étouffer. On ne compte plus en effet les entreprises qui veulent vraiment innover mais qui ne réussissent pas. La solution souvent proposée consiste à loger l’innovation de rupture dans une entité séparée pour la protéger du modèle d’affaire existant. Mais j’évoquais également les difficultés que cela comporte: la distance par rapport à l’organisation peut entraîner un isolement de l’entité innovante, l’hostilité à son égard de ceux qui sont restés dans la « vieille » organisation, et la difficulté à se réintégrer une fois l’innovation réussie. Cependant il est possible de gérer une innovation de rupture au sein de l’organisation, c’est ce que fait IBM avec son modèle dit « en trois horizons ». Regardons-le de plus près.

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