Archives de Catégorie: économie

Souveraineté et politique industrielle: les questions que pose la relocalisation du paracétamol

Le gouvernement français veut donc relocaliser toute la chaîne de production de paracétamol en trois ans. Médicament le plus vendu en France avec 500 millions de doses par an, il est utilisé comme antalgique. Annoncé en fanfare, le plan de relocalisation est une réponse aux ruptures d’approvisionnement durant la crise du coronavirus, mais il pose des questions fondamentales sur la notion de souveraineté et sur les croyances qui sous-tendent la conception qu’en a la France.

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État stratège: coûteuse rhétorique ou idée d’avenir?

Certaines idées ne meurent jamais et l’idée d’un État stratège refait surface à l’occasion de la crise du coronavirus. Après le fiasco des masques dans la crise du coronavirus, il y a quelque chose d’étrange à défendre une telle idée, mais la question est plus subtile qu’elle en a l’air; l’idée n’est pas absurde en soi, à condition que l’on s’entende bien sur ce qu’on appelle stratège et sur ce que ça recouvre comme sens.

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Leçon de crise: Le consumérisme s’oppose-t-il à la vie?

Avec la crise du coronavirus, chacun s’affaire à penser le « monde d’après ». Dans une tribune publiée par le Monde, Juliette Binoche, Robert de Niro et deux-cent artistes et scientifiques appellent à refuser un « retour à la normale » après la crise, estimant que « le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même: celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains ». La tribune est intéressante parce qu’elle oppose consumérisme et vie, alors qu’en général on produit et on consomme pour vivre. Que traduit cette opposition? En fait elle n’a rien de nouveau et cela fait bien longtemps que les artistes et les intellectuels méprisent ce qu’ils appellent le « consumérisme » (sans le définir) hier au nom de la morale, aujourd’hui au nom de la sauvegarde de la planète. Pour le comprendre, on peut faire un détour par La Bohème, le célèbre opéra de Puccini.

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Faut-il avoir peur du plan chinois pour dominer l’intelligence artificielle?

Il n’y a rien qui fascine autant un intellectuel français, qu’il soit de droite ou de gauche, qu’une bonne dictature. Il en vantera toujours l’efficacité, la clairvoyance, la détermination, et l’ambition, en l’opposant au court-termisme souvent chaotique de nos démocraties occidentales chamailleuses et fatiguées. Nous avons ainsi eu droit récemment à une belle émission (C dans l’air) nous mettant en garde contre le défi chinois dans le domaine de l’intelligence artificielle. Les chinois, nous y expliquait-on, ont une vision à « 50, 100 ans », avec l’IA, les routes de la soie, et le crédit social entre autres choses tandis que l’Europe avance à tâtons, quand elle avance, ce qui est rare. Alors faut-il avoir peur du plan chinois? Je ne pense pas.

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Le pari perdant de la collapsologie

Les inquiétudes fortes liées au changement climatique et aux défis de l’écologie en général ont développé une forte crainte d’un effondrement possible de notre civilisation industrielle à relativement courte échéance, entraînant tout un courant de pensée regroupé sous le terme de « collapsologie » (de l’anglais collapse, effondrement). Emblématique de ce courant, l’ancien ministre Yves Cochet vient de publier un ouvrage retentissant où il explique comment il se prépare à l’effondrement en organisant une vie autarcique à la campagne. Si les prédictions apocalyptiques ne sont pas nouvelles (elles étaient courantes au Moyen-Âge), et si les propos semblent parfois ridicules, la collapsologie pointe cependant le doigt sur une question importante liée à notre civilisation même si, au final, elle représente un pari perdant.

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L’entrepreneur et le politique, ou comment l’audition de Mark Zuckerberg pose la question du rôle de l’entreprise dans la société

Ainsi donc les rieurs en ont eu pour leur argent la semaine dernière lorsque la représentante américaine Alexandria Ocasio Cortez (AOC pour les intimes) a auditionné Mark Zuckerberg, le fondateur et dirigeant de Facebook, au sujet des fameuses ‘fake news’ que son service est accusé de propager trop facilement. La séance a été assez intense et Zuckerberg ne s’en est pas vraiment bien sorti. Beaucoup y ont vu l’humiliation d’un patron cynique minant la démocratie par une brillante défenseure de la démocratie, et s’en sont réjoui. Mais derrière le théâtre des auditions, on peut y voir bien autre chose, notamment un nouvel épisode du combat entre politique et marchands, et plus généralement de la question ancienne de la répartition des rôles entre l’État et les entreprises privées. Cessons de rire bêtement quelques minutes, et intéressons-nous à ces questions fondamentales.

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Risques, opportunités : et si nous changions nos modèles mentaux ?

J’étais invité à donner la conférence d’ouverture des Entretiens Enseignants Entreprises qui se tenaient à l’École Polytechnique le 27 août dernier. Le thème de la conférence était « Risques, opportunités et vice versa. » Ces deux termes, risque et opportunité, sont au cœur de la pensée économique et surtout entrepreneuriale. Or ils sont problématiques dans la façon dont ils sont principalement compris aujourd’hui. Je propose dans ce qui suit de montrer comment ils sont liés l’un à l’autre et surtout vous proposer une autre façon de les concevoir ; autrement dit j’aimerais vous inviter à changer vos modèles mentaux sur ces deux concepts.

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La croissance inclusive, ça s’obtient (aussi) en baissant les prix

Ainsi donc, plusieurs grandes entreprises internationales viennent de s’engager à lutter contre les inégalités et à promouvoir la diversité en leur sein et dans leurs chaînes d’approvisionnement dans le cadre d’une initiative (Business for Inclusive Growth – B4IG) lancée sous l’égide de la Présidence française du G7, et coordonnée par l’OCDE. Sans surprise l’initiative a reçu un écho très important dans la presse, tant la question des inégalités est sensible aujourd’hui et tant la prise de conscience que les entreprises peuvent jouer un rôle dans la création de ce qu’elles appellent une croissance inclusive. Or, en soulignant qu’il fallait désormais « veiller à ce que les fruits de la croissance économique soient plus largement partagés », les entreprises signataires semblent oublier leur propre histoire: ce sont certainement les institutions qui ont le plus fait, et continuent à faire, pour lutter contre les inégalités, au travers d’un mécanisme simple: la baisse des prix.

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L’erreur de Mandeville et ses abeilles: éthique individuelle et bien commun

Je suis tombé pendant mes lectures d’été sur un texte très intéressant de Gilles Martin consacré au bien commun qui oppose Robespierre et Bernard Mandeville, l’auteur de la fameuse Fable des abeilles. La question posée est la suivante: êtes-vous plutôt Robespierre, pour lequel le bien commun doit être défini par un dictateur vertueux (la vertu comme principe premier), ou Mandeville, pour lequel le bien commun résulte du vice des individus auquel on laisse libre cours (le vice comme principe premier)? Naturellement, dès qu’on m’offre un choix binaire, je sors mon clavier et je réponds « Ni l’un ni l’autre mon général ».

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Entreprise à mission: Le piège à cons?

Estimant que la recherche de profit ne peut pas à elle seule justifier l’existence des entreprises, le gouvernement a donc décidé d’avancer sur une modification du code civil pour imposer la prise en compte des impacts sociaux et sociétaux de leurs décisions. On ne sait pas encore si cette obligation sera étendue à toutes les entreprises ou si elle n’existera que pour une catégorie particulière, laissant donc le choix aux actionnaires. Mais une chose semble certaine: forcer les entreprises à avoir une mission est loin d’être une bonne idée. Et si l’idée d’une entreprise à mission était un piège à con?

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