Séminaire sur l’outil analytique ACH – Analyse des Hypothèses Concurrentes – Mardi 29 mai 2012

Mon confrère Milo Jones (IE Business School) et moi organisons mardi 29 mai un atelier sur ACH (Analyse des Hypothèses Concurrentes – AHC ou ACH en anglais Analysis of Competing Hypotheses).

ACH est un outil développé initialement par Richards Heuer à la CIA permettant d’analyser des situations complexes et incertaines. Il est très utilisé dans le renseignement et la politique internationale, mais Milo et moi pensons qu’il s’applique également bien au monde des affaires pour la prise de décision stratégique. ACH est basé sur un modèle simple permettant, avec une approche scientifique, d’utiliser les idées de la psychologie cognitive et de l’analyse décisionnelle pour surmonter la prédilection que nous avons de ne noter que de faits qui confirment nos hypothèses, car celles-ci sont en fait bien souvent des préjugés inconscients. Face à l’incertitude, notre tendance naturelle est de rechercher plus d’information, car nous pensons que plus d’information est toujours mieux. Or la psychologie a montré que l’ajout d’information n’améliore pas nécessairement la qualité de la décision; en revanche, il tend à renforcer nos croyances et nos hypothèses. Ainsi, si nous partons avec une hypothèse, la recherche supplémentaire d’information nous renforcera dans cette hypothèse.

L’observation de la rotation du soleil est compatible avec les deux hypothèses géocentrique et héliocentrique

Au contraire, ACH recommande de rechercher systématiquement des preuves qui infirment nos hypothèses. En théorie, utiliser ACH est assez simple: on commence par construire une matrice dans laquelle la liste des hypothèses mutuellement exclusives (“concurrentes”) qui conduirait votre décision est portée sur l’axe des X tandis que les preuves sont reportées sur l’axe des Y. Ensuite, on remplit la matrice résultante en notant quelle preuves dans l’axe Y infirme chaque hypothèse dans l’axe X. Dans la pratique, les choses sont plus compliquées, car générer des hypothèses est difficile. Il est également difficile de s’imposer une discipline d’infirmation, surtout pour des choses qui nous paraissent évidentes (le soleil tourne autour de la terre).

L’atelier portera sur une évaluation des perspectives du marché du véhicule électrique. L’idée est d’aller au-delà des clichés et des intentions louables pour définir des hypothèses solides sur cette question. Il rassemble 25 cadres et chercheurs. L’atelier prendra place au Learning Lab, le centre d’innovation pédagogique commun à EMLYON et Centrale Lyon.

Pour en savoir plus, voir mon billet sur ACH.

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