Ce qu’une conversation avec mon chauffeur Uber m’a appris des VTC, des taxis et de la paupérisation

Ainsi donc le député Laurent Grandguillaume, chargé d’une médiation dans le conflit des taxis, est lancé dans une grande croisade. « Les VTC, comme les taxis, sont frappés par la paupérisation. » Diable la situation est grave! Il faut agir, il faut réguler! Et moi qui n’avait rien vu! En visite vendredi dernier à Tourcoing pour une conférence, j’ai eu l’occasion de prendre deux fois Uber, pour l’aller et pour le retour. Prestation parfaite comme d’habitude, là n’est pas la question. Mais frappé par ce danger de paupérisation, et décidé à faire quelque chose pour mon pays, j’ai discuté avec mes deux chauffeurs. A l’aller, le premier chauffeur m’a raconté les violences faites à ses confrères (deux envoyés à l’hôpital par des taxis énervés appelant au respect de la loi à coup de poings). Au retour, le deuxième chauffeur, qui s’y connaissait en économie (il m’a appris qu’il était titulaire d’un BTS de gestion) m’a donné un petit cours d’économie de VTC.

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Quand ses « talents » empêchent l’entreprise d’innover

C’est une expérience hélas fréquente: au cours d’un séminaire sur l’innovation conduit pour un grand groupe, nous déterminions les grandes lignes d’une démarche d’innovation basée notamment sur le développement de l’intrapreneuriat. Nous déroulions les programmes qui permettraient aux collaborateurs de développer leurs idées, les structures, les dispositifs, etc. Puis finalement le moment crucial vint. Quelqu’un posa la question fatidique: « Mais avons-nous les gens pour faire cela? » Tout le monde se regarda consterné. La DRH – heureusement elle était présente – répondit, très gênée: « Et bien en fait, non. » Adieu veaux, vaches, cochons… et innovation.

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George Smiley, ou la revanche des ringards

Après avoir évoqué le camarade Gletkin, défenseur sans âme d’une révolution qui n’est pas la sienne, évoquons un autre héros de la littérature, un certain George Smiley, personnage central des premiers romans d’espionnage de John Le Carré. Que peut-il nous inspirer en matière de management?

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Les robots sont des jouets intéressants, mais sans intérêt militaire

Ainsi donc l’armée américaine vient d’annoncer qu’elle renonçait à utiliser le robot Big Dog de la société Boston Dynamics, en test depuis un an. La raison de l’abandon? Big Dog est trop bruyant! C’est fort gênant pour un robot militaire censé transporter du matériel pour des troupes sur le front. Pour beaucoup d’observateurs, ce défaut rédhibitoire marque donc la fin de l’expérience des robots combattants. Mais est-ce si-sûr? Ce pessimisme est certainement prématuré au regard de l’histoire de l’innovation.

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Ceci n’est pas un lab: de l’importance du vocabulaire pour l’innovation

Je ne partage pas nécessairement l’avis de ceux qui estiment que le langage modèle la pensée et donc la réalité, mais il y a un domaine dans lequel la question est d’importance, c’est celui de l’innovation. J’ai écrit à plusieurs reprises sur les difficultés que rencontraient les responsables de l’innovation au sein de leurs organisations. L’une d’entre elles tient sans doute à la façon dont ils se décrivent, et donc peut-être dont ils conçoivent leur action…

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Sortie aujourd’hui de mon livre « Relevez le défi de l’innovation de rupture »

Mon nouvel ouvrage « Relevez le défi de l’innovation de rupture » sort aujourd’hui chez Pearson. Il est préfacé par Yves Dubreil, créateur de la Renault Twingo.

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Mais qu’est-ce qu’une innovation de rupture? A propos d’Uber…

Une question agite depuis quelques jours le Landernau de l’innovation de rupture: Uber est-il une innovation de rupture? Au vu de son impact et des réactions que son développement suscite de par le monde, on pourrait penser que la réponse est de toute évidence oui, mais ce n’est pas aussi simple. La polémique est parti d’un article du saint-père de l’innovation de rupture, Clayton Christensen lui-même, dans un récent article de la Harvard Business Review dans lequel il explique qu’une innovation de rupture part forcément d’une offre simplifiée qui déstabilise les acteurs en place en offrant juste ce dont les gens ont besoin. A cette aune, Uber ne serait donc pas une rupture.

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